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24 avril 2007 : Commémoration du génocide arménien de 1915
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23/04/07

[Texte communiqué par L'Arche.]

Conseil de Coordination des Organisations

Arméniennes de France (CCAF)

 

 

Dossier de presse

  

Journée de commémoration

du génocide arménien de 1915

24 avril 2007: 1.500.000 victimes + 1*

 

* assassinat du journaliste Hrant Dink,

le 19 janvier 2007 à Istanbul.
 

 

Contact presse : Nadia Deghirmendjian 06 74 53 66 15

Contact CCAF :    01 43 59 65 19

 

 34, avenue des Champs-Elysées - 75008 PARIS
http://www.ccaf.info   - Email : contact@ccaf.info

 

2007 : Une année particulière

 

 

La commémoration du 92ème anniversaire du génocide sera cette année marquée par la dénonciation du racisme anti-arménien et du négationnisme de l’état turc qui ont créé les conditions de l’assassinat du journaliste Hrant Dink le 19 janvier 2007 à Istanbul.

 

Le CCAF condamnera avec la plus grande fermeté la pérennisation de ce nationalisme de l’état turc qui n’a pas rompu avec la logique des exterminateurs du peuple arménien et qui continue de tuer.

 

Il mettra également  en garde contre l’importation en Europe et en France du négationnisme promu de longue main par Ankara et qui n’est autre, comme l’a déclaré Bernard-Henri Lévy, que le stade suprême du génocide.

 

Il demandera en particulier la ratification par le Sénat de la loi pénalisant ce fléau, qui a été votée le 12 octobre dernier par l’Assemblée Nationale.

 

Enfin, il exprimera sa forte solidarité avec les victimes du génocide au Darfour, et appellera à la mobilisation des consciences et des moyens contre les atrocités qui se commettent encore aujourd’hui au nom de la domination d’un groupe sur un autre.

 

Dans ce cadre, les associations de jeunes proposent une veillée particulière, le 23 avril, avec un concert auquel participera le groupe No one is innocent, actuellement en tournée, et - surtout - la projection en avant-première de «Screamers». Un documentaire sur le négationnisme de tous les génocides, vu, entre autres, à travers les membres du groupe mondialement connu, System of a down. Très attendu par la critique, ce film va être projeté au Festival de Cannes.

A cette soirée participeront également l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF), l'association Ibuka France (association de rescapés du génocide rwandais), le Collectif Urgence Darfour.

 

 

Des personnalités aux Cérémonies de commémoration du génocide arménien

 

Les candidats à l’élection présidentielle, Mmes Marie-George Buffet et Ségolène Royal et MM. François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers, invités à participer aux cérémonies et à prendre la parole pendant le rassemblement, qui aura lieu le 24 avril 2007, seront présents ou représentés.

 

En revanche, la présence officielle de M. François Hollande qui accompagnera Mme Ségolène Royal est confirmée pour le 24 avril 2007, à 17h30, au rassemblement, devant la Statue de Komitas.

 

(Liste de l’ensemble des personnalités page 11 )

 

2006 - 2007

Le négationnisme turc : les faits

 

Depuis mars 2006, date de la commémoration du 85ème anniversaire de la mort de Talaat Pacha, l'Etat turc est passé à une phase de négationnisme actif du génocide des Arméniens. En Europe et plus particulièrement en France.

 

  Les dates-clé de cette offensive.

 

q       Du 15 au 18 mars 2006 : Berlin. Le Comité Talaat Pacha fait une démonstration de force pour commémorer la mort de Talaat Pacha, responsable de l'extermination de 1 500 000 Arméniens. Les différentes manifestations nient la réalité du génocide des Arméniens.

 

q      18 mars 2006 : Lyon. Les Loups gris, les ultra-nationalistes turcs, organisent une importante manifestation avec des associations franco-turques et le soutien du Consulat de Turquie. Des slogans anti-arméniens et négationnistes sont scandés, des actes de violence, commis. La préfecture n'intervient pas.

 

q      17 juin 2006 : Valentigney (Doubs). L'exposition du photographe Antoine Agoudjian est annulée par la mairie, sous la pression des associations turques locales qui ont menacé de saccager son travail. Deux légendes de photos comportaient des références au génocide des Arméniens.

 

q      Du 12 au 16 octobre 2006 : Trois responsables du CCAF à Paris et Marseille font l’objet de menaces. Des domiciles sont cambriolés, des bureaux saccagés. Tout comme le sont les locaux du CCAF à Lyon.

 

q       21 octobre 2006 : Paris. Le Comité Talaat Pacha organise un rassemblement négationniste sur les marches de l'Opéra Bastille. Les forces de l'ordre laissent faire et ce, bien que cet événement ait été interdit par la préfecture. 

 

q       5 novembre 2006 : Varralo Sesia (Italie). Un Italien d'origine turque saccage une exposition consacrée au génocide des Arméniens.

 

q       9 novembre 2006 : La Cour d’Appel confirme le jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris dans le procès en appel que le CDCA (Comité de Défense de la Cause Arménienne) a intenté au Consul général de Turquie et à l’hébergeur France-Télécom Wanadoo, qui s'est fait l'écho de ses propos négationnistes. Les demandes du CDCA sont rejetées par la Cour d’Appel.

 

q       26 novembre 2006 : Marseille. Dix-huit tombes arméniennes sont profanées.

 

q       15 décembre 2006 : Valence. Deux Français d'origine turque sont condamnés à un euro symbolique de dommages et intérêts. Le Procureur de la république avait requis une peine de quatre à six mois de prison avec sursis. Ces jeunes avaient passé à tabac et blessé des Français d'origine arménienne qui distribuaient des tracts dans la rue.

 

q       19 janvier 2007 : Istanbul. Hrant Dink, le journaliste turc d'origine arménienne, est abattu en pleine rue. L'assassin, Ogün Samast, est arrêté ainsi que certains de ses compagnons. Les véritables commanditaires de ce meurtre ne sont, eux, toujours pas inquiétés.

 

q       27 janvier 2007 : Davos (Suisse). Le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül, profite de son passage au Forum économique mondial et de sa forte médiatisation pour déclarer : « Il n'y a pas eu de génocide arménien ».

 

q       15 février 2007 : Bruxelles (Belgique). Le professeur Yusuf Halacoglu, président de la « Société turque d'histoire» donne une conférence sur « le soi-disant génocide arménien».

 

q       23 février 2007 : Bruxelles. Des groupes turcs demandent au Parlement européen de critiquer le vote du 12 octobre 2006 de l'Assemblée Nationale française, qui fait de la négation du génocide des Arméniens dans l'Hexagone un délit pénal. Cette demande est rejetée par 95 % des Euro-députés.

 

q       9 mars 2007 : Lausanne (Suisse). Dogu Perinçek, Président du parti des travailleurs (gauche nationaliste), est condamné par les tribunaux helvétiques pour avoir violé la loi qui sanctionne le racisme, la négation ou la minimisation d'un génocide. Le leader turc fait appel. Il est accueilli en héros à I'aéroport d'Istanbul.

 

q       22 mars 2007 : Bruxelles. Un Belge d'origine arménienne de 14 ans est attaqué à l'arme blanche par un écolier d'origine turque dans l'enceinte de l'établissement scolaire.

 

q       13-14-15 avril 2007 : Ile de France. A Paris et à la Plaine Saint Denis, des manifestations et des conférences sont organisées par le Comité Talaat Pacha contre la pénalisation de la négation du génocide arménien.

 

 

Bernard-Henry Lévy répond

aux négationnistes du génocide arménien

 

 

Le 17 janvier 2007, au Palais de la Mutualité, face à une salle remplie de citoyens, de responsables politiques et associatifs,
le philosophe s'engage au côté des opprimés. Et il explique pourquoi.

 

On dit : « ce n’est pas à la loi d’écrire l’Histoire »… Absurde. Car l’Histoire est déjà écrite. L’Histoire de cette histoire a été faite, cent fois faite, par tous les témoins dignes de foi. Que les Arméniens aient été victimes, au sens strict et précis du terme, d’une tentative de génocide, c'est-à-dire d’une entreprise planifiée d’annihilation systématique, Churchill l’a dit. Jaurès l’a crié dès les débuts du processus, en 1894. Péguy, au moment même où il s’engage pour Dreyfus, parle de ce commencement de génocide comme du « plus grand massacre du siècle ». Les Turcs eux-mêmes l’admettent. Oui, c’est une chose que l’on ne sait pas assez et qu’il faut inlassablement rappeler : dès les lendemains de la guerre mondiale, dès 1918, Mustapha Kemal reconnaît les tueries perpétrées par le gouvernement Jeune Turc ; des cours martiales sont instituées, qui prononcent des centaines de sentences de mort ; les pires artisans du crime, des gens comme Hodja Ilyas Sami qui est un peu le Eichmann des Arméniens, passent clairement, distinctement, aux aveux. Et je ne parle pas des historiens ni des théoriciens du génocide, je ne parle pas des chercheurs de Yad Vachem, ni de Yehuda Bauer, ni de Raoul Hilberg, je ne parle pas de tous ces savants pour qui, à l’exception notable de Bernard Lewis, la question de savoir s’il y a eu, ou pas, génocide ne s’est jamais posée et ne se pose pas.

 

***

 

Il ne s’agit pas de « dire l’Histoire », donc. L’Histoire, je le répète, a été dite, redite et archi-dite. Ce dont il est question, aujourd’hui, c’est d’empêcher sa négation. Ce dont le Sénat va discuter c’est de compliquer, un peu, la vie aux insulteurs. Il y a des lois, en France, contre l’insulte. Il y a des lois contre la diffamation. N‘est-ce pas la moindre des choses d’avoir une loi qui pénalise cette insulte absolue, cet outrage qui passe tous les outrages, et qui consiste à outrager la mémoire des morts ?  

 

On dit : « oui, d’accord ; mais vous allez, tout de même, gêner les historiens ; la loi n’a pas à se mêler, si peu que ce soit, de l’établissement de la vérité car elle l’enferme, lorsqu’elle le fait, dans un corset qui empêche les historiens de travailler ». Faux. C’est le contraire. Ce sont les négationnistes qui empêchent les historiens de travailler. Ce sont les négationnistes qui, avec leurs truquages et leurs folies, brouillent les pistes et compliquent les choses. Et c’est la loi qui, au contraire, protège les chercheurs et les met à l’abri. Prenez la Loi Gayssot. Citez-moi un cas d’historien, un seul, que la loi Gayssot, sanctionnant la négation de la destruction des Juifs, ait empêché de travailler. C’est une loi qui empêche Le Pen ou Gollnish de trop déraper. C’est une loi qui met des limites à l’expression d’un Faurisson.

 

C’est une loi qui gêne les incendiaires des âmes type Dieudonné. C’est une loi qui, par parenthèse, nous évite des mascarades du type de ce procès du super négationniste David Irving qui eut lieu à Londres, il y a sept ans, et où, précisément parce qu’il n’y avait pas de loi, l’on vit juges, procureurs, avocats, journalistes à scandale, bateleurs d’estrades télévisuelles, occupés, pendant des mois et des mois, à se substituer aux historiens, à s’improviser chercheurs de vérité et à semer, pour de bon, le trouble dans les esprits.

 

***

 

Et c’est une loi qui, par parenthèse encore, et pour prendre un tout autre exemple, dans un tout autre champ, a le mérite de nous épargner le type de prétendus débats qui font rage aux Etats-Unis entre partisans de ces deux « thèses » soi-disant « adverses » que sont le darwinisme et le créationnisme. Mais c’est une loi qui, je le répète, ne s’est jamais mise en travers de la route d’un seul historien digne de ce nom.  

 

C’est une loi qui, contrairement à ce que tiennent à nous dire, je n’arrive pas à comprendre pourquoi, un certain nombre d’historiens « pétitionnaires », les protège, oui, oui, les protège, de la pollution négationniste. Et il en ira de même, j’en suis profondément convaincu, avec l’extension de cette loi Gayssot à la négation du génocide arménien. 

 

On dit : « où s’arrêtera-t-on ? pourquoi pas, tant qu’on y est, des lois sur le colonialisme, la Vendée, la Saint-Barthélemy, les caricatures de Mahomet, le délit de blasphème ? est-ce qu’on ne va pas vers le triomphe d’un politiquement correct interdisant l’expression des opinions non conformes ? est-ce qu’on ne s’oriente pas vers des dizaines, voire des centaines, de lois mémorielles dont le seul résultat sera de judiciariser l’espace du discours et de la pensée ?». Autre erreur. Autre piège. Et ce, pour deux raisons très simples. D’abord, il n’est pas question de « lois mémorielles » mais de génocide ; il n’est pas question de légiférer sur tout et n’importe quoi, mais sur les génocides et les génocides seulement ; et des génocides, c'est-à-dire des entreprises où l’on prétend décider, comme disait Hannah Arendt, qui a droit, et qui n’a pas droit, d’habiter cette terre, il n’y en a pas cent, ni dix - il y en a trois, peut-être quatre, au maximum cinq, avec le Rwanda, le Cambodge et le Darfour et c’est une escroquerie intellectuelle de brandir l’épouvantail de cette multiplication de nouvelles lois attentatoires à la liberté de pensée.


Et puis, ensuite, soyons sérieux : il n’est pas question, dans cette affaire, d’opinions non-conformes, incorrectes, etc. ; il est question de négationnisme, seulement de négationnisme, c'est-à-dire de ce tour d’esprit très particulier dont j’observe, au demeurant, qu’on ne le voit jamais s’exprimer qu’à propos des génocides et qui consiste, non pas à avoir une certaine opinion quant aux raisons de la victoire d’Hitler, ou quant à celles du triomphe des Jeunes Turcs en 1908 ou quant aux mécanismes déclencheurs de la solution finale à la question tutsi ou arménienne - il est question, là, non pas de tel ou tel jugement, mais de ce tour d’esprit très spécial, très étrange, qui n’a rien à voir avec le fait d’opiner ceci ou cela et qui consiste à dire que le réel n’a pas eu lieu. Pas de chantage, donc, à la tyrannie de la pénitence ! Arrêtons avec le faux argument de la boîte de Pandore ouvrant la voie à une inquisition généralisée ! Le fait que cette loi soit votée, le fait que l’on punisse le négationnisme anti arménien, n’implique en aucune façon cette fameuse prolifération, en métastase, de lois politiquement correctes. 

 

On dit encore : « trois génocides, d’accord ; peut-être quatre, soit ; mais attention à ne pas tout mélanger ; il ne faut pas prendre le risque de banaliser la Shoah ». Ma réponse, là-dessus, est très claire. Il est vrai que ce n’est pas pareil. Il est vrai que, et le nombre de ses morts, et le degré de démence, d’irrationalité absolue, atteints par ses auteurs, et le type très particulier de rapport à la technique qu’implique l’invention de la chambre à gaz, il est vrai, oui, que tout cela confère à la Shoah une irréductible singularité. Mais, à cette évidence, j’ajoute aussitôt deux remarques. Primo, ce n’est peut-être pas « pareil » mais le moins que l’on puisse dire est que cela se ressemble diablement. Et le premier à le savoir, le premier à en prendre acte, fut un certain Adolf Hitler dont on ne dira jamais assez combien le génocide anti-arménien l’a frappé, fait réfléchir et, si j’ose dire, inspiré.

 

***

 

Vous connaissez tous la fameuse phrase, prononcée devant ses généraux, en août 1939, juste avant l’invasion de la Pologne : « qui parle encore aujourd'hui de l’extermination des arméniens ? ». La vérité c’est qu’il a fallu l’exemple arménien pour le convaincre, très tôt, de la possibilité, dans un contexte de guerre mondiale et totale, de venir à bout d’une question du type « question juive ». Et la vérité c’est que ce génocide arménien, ce premier génocide, le fut - « premier » - à tous les sens du terme : un génocide exemplaire et presque séminal ; un génocide banc d’essai ; un laboratoire du génocide considéré comme tel par les nazis ; et un génocide qui, très logiquement, et pour cette raison même, fut ce à partir de quoi, dans le mémorandum allié de mai 1915, se formula pour la première fois la notion même de crime contre l’humanité – et, aussi, et c’est évidemment le point décisif, l’un des deux champs de référence (le second étant, bien entendu, la Shoah) qui, après la seconde guerre mondiale, permit au juriste juif polonais Rafael Lemkin d’inventer le concept moderne de génocide et de faire qu’il soit inscrit dans la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du génocide…  

 

Et puis j’ajoute, secundo, cette autre observation. Les besoins de cette soirée font que je me suis plongé, depuis quelques jours, sans plaisir je dois l’avouer, dans la littérature négationniste touchant les Arméniens. Or quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert que c’est la même littérature, littéralement la même, que celle que je connaissais et qui vise la destruction des juifs. Même rhétorique. Même argument.

 

***

 

Même façon, tantôt de minimiser (des morts, d’accord, mais pas tant qu’on nous le dit) tantôt de rationaliser (des massacres qui ne furent ni déments ni gratuits mais s’inscrivaient dans une logique qui était celle d’une situation de guerre), tantôt de renverser les rôles (de même que Céline faisait des Juifs les vrais responsables de la guerre et donc de leur propre martyre, de même les négationnistes turcs expliquent que ce sont les Arméniens qui, par leur double jeu, leur traîtrise, leur propension à faire alliance avec les Russes et à frapper les troupes ottomanes dans le dos, ont scellé leur propre destin), tantôt, enfin, de relativiser (quelle différence entre Auschwitz et Hiroshima ou Dresde ? quelle différence entre les Arméniens morts de faim dans le désert de Syrie et les victimes turques du terrorisme mené par les « bandes armées » arméniennes ?).

 

Bref. A ceux qui seraient tentés de jouer au sale petit jeu qu’est le jeu de la guerre des mémoires et de la rivalité victimaire, je veux répondre, ce soir, en plaidant pour la solidarité des génocidés. C’est la position du philosophe tchèque Jan Patocka quand il invente la formule magnifique de « solidarité des ébranlés ». C’était, concernant spécifiquement  les Arméniens, la position des pionniers d’Israël, des premiers habitants du Yishouv, qui, tous, se sentaient un destin commun avec les Arméniens naufragés. Ne nous y trompons pas : la lutte contre le négationnisme ne se divise pas ; les deux mécanismes sont si voisins, la tentative de les nier est, dans les deux cas, si incroyablement semblable, que laisser une chance à l’une équivaudrait nécessairement à ouvrir une brèche à l’autre…  

 

On dit enfin – et cela se veut l’argument définitif, l’argument massue : « pourquoi ne pas laisser la vérité se défendre seule ? n’est-elle pas assez forte, la vérité, pour s’opposer, s’imposer, faire mentir les négationnistes ? » Eh bien non, justement. J’ai peur, précisément, que non. Et ce, de nouveau, pour deux raisons.

 

***

 

D’abord parce que ce négationnisme anti arménien a une particularité que l’on ne trouve pas, pour le coup, dans le négationnisme judéocide : c’est un négationnisme d’Etat ; c’est un négationnisme qui s’appuie sur les ressources, la force, la diplomatie, la capacité de chantage, d’un grand et puissant Etat ; imaginez un instant ce qu’eût été la situation des survivants de la Shoah si l’Etat allemand avait été, après la guerre, un Etat négationniste ! imaginez leur surcroît de détresse s’ils avaient eu, face à eux, non pas ces Faurisson et autres Rassinier qui, pour nocifs qu’ils aient été, n’en étaient pas moins des chefs de sectes assez hurluberlus, mais une Allemagne non repentante faisant pression sur ses partenaires et les menaçant de rétorsions s’ils qualifiaient de génocide la tragédie des hommes, femmes et enfants triés sur la rampe d’Auschwitz ! c’est votre situation, amis arméniens ; et il y a là une adversité qui n’a, cette fois, pas d’équivalent et à laquelle je ne suis pas sûr que la vérité, dans sa belle nudité, ait assez de force pour s’opposer. Et puis, ensuite, il y a le fait qu’il ne s’agit plus, dans cette affaire, de « vérité » et de « démenti » : car enfin qu’y a-t-il dans la tête d’un négationniste ? quelle est cette passion bizarre dont je vous disais, tout à l’heure qu’elle ne se manifeste jamais que pour offenser les génocidés et jamais pour, par exemple, nier que la terre est ronde ou que Mozart est un musicien autrichien ? de quoi s’agit-il quand on s’acharne à dire à des hommes : « non, vous n’êtes pas morts ; vos parents, vos grands-parents et arrière grands-parents, ne sont pas morts comme vous le prétendez ; et pour que vous le prétendiez ainsi, pour que vous teniez si fort à nous le faire accroire, il faut que vous soyez de beaux truqueurs, de fieffés trafiquants du malheur – il faut que vous y ayez un bien inavouable intérêt » ? il y a là, chacun le sent bien, une qualité de haine sans pareille ; il y a là une volonté d’offenser si totale qu’elle ne se peut rapporter qu’à la haine antisémite ou raciste ; et contre cette haine-là, chacun sait bien, hélas, que la vérité est sans ressource…  

 

Un tout dernier mot. Vous vous souvenez de Himmler créant, en juin 1942, un commando spécial, le commando 1005, chargé de déterrer les corps, de les brûler et d’en faire disparaître les cendres. Vous connaissez l’histoire du SS lançant à Primo Levi – je cite de mémoire – qu’il ne restera pas un juif pour témoigner et que, si d’aventure il en reste un, tout sera fait, de toutes façons, pour que son témoignage ne soit pas cru. Vous connaissez les euphémismes utilisés - évacuation, traitement spécial, réinstallation à l’Est, etc – pour ne pas avoir à dire « meurtre de masse » et pour effacer donc, jusque dans le discours, la marque de ce qui était en train de s’opérer.

 

Eh bien cette loi qui est celle de la Shoah, ce théorème que j’appelle le théorème de Claude Lanzmann et qui veut que le crime parfait soit un crime sans traces et que l’effacement de la trace soit partie intégrante du crime lui-même, cette évidence d’un négationnisme qui n’est pas la suite mais un moment du génocide et qui lui est consubstantiel, tout cela vaut pour tous les génocides et donc aussi, naturellement, pour le génocide du peuple arménien. On croit que ces gens expriment une opinion : ils perpétuent le crime. Ils se veulent libres penseurs, apôtres du doute et du soupçon : ils parachèvent l’œuvre de mort. Il faut une loi contre le négationnisme parce que le négationnisme est, au sens strict, le stade suprême du génocide.  

 
 
Programme des cérémonies commémorant le 92ème anniversaire du génocide

  

 

 

21 & 22 avril 2007 

 

12h00 à 19h00         Sur le Parvis de Notre-Dame de Paris,

·        « D'un génocide à l'autre : 1915 mains pour le Darfour ».

Les stèles de la Vigilance Arménienne contre le Négationnisme et la stèle en hommage à Hrant Dink feront face à une immense toile dressée pour témoigner votre solidarité aux Darfouris en y apposant l'empreinte de vos mains.  

 

 

22 avril 2007  

 

15h00                        Cathédrale Notre-Dame de Paris

 §         Messe de Requiem en la cathédrale Notre-Dame de Paris, sous la présidence de son Eminence, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris. 

 

 

 

23 avril 2007  

 

17h00 à 23h00         Sur le Parvis de Notre-Dame de Paris

        §         Veillée organisée par les organisations arméniennes de jeunesse. 

                                      4 stands (culture, génocide, négationnisme, stand participatif), animation artistique et prises de parole. 

 

18h00                      Arc de Triomphe (Place Charles de Gaulle Etoile)

                                §         Ravivage de la Flamme au Soldat Inconnu,

 

 

 

24 avril 2007  

 

11h30                      Cérémonie à l'Hôtel de Ville de Paris

        §         Bertrand Delanoë, maire de Paris, rendra hommage aux victimes du génocide arménien de 1915,

                                      dans les salons  de l'Hôtel de Ville (sur invitation uniquement). 

 

 

15h00                      15 rue Jean Goujon, Paris 8ème

                                § Messe de Requiem en la cathédrale apostolique arménienne

 

 

17h00                      Place du Canada - Cours Albert 1er – Paris 8ème

                                § Rassemblement devant la Statue de Komitas

                                § Prises de parole

                                § Manifestation en direction de l'ambassade de Turquie (av. des Champs-Elysées). 

 

 

 

Personnalités invitées aux Cérémonies de commémoration du génocide arménien

 

 

Les candidats à l’élection présidentielle, Mmes Marie-George Buffet et Ségolène Royal et MM. François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers, invités à participer aux cérémonies et à prendre la parole pendant le rassemblement qui aura lieu le 24 avril 2007, seront présents ou représentés.

 

En revanche, la présence officielle de M. François Hollande qui accompagnera Mme Ségolène Royal est confirmée pour le 24 avril 2007, à 17 h 30, au rassemblement, devant la Statue de Komitas.

  

 

Par ailleurs, le Président du Conseil Régional Ile-de-France, le maire de Paris, les députés et sénateurs, ainsi que les maires de différentes villes de la région parisienne seront présents ou représentés aux différentes cérémonies, qu’il s’agisse du ravivage de la flamme au Soldat Inconnu (23 avril à 18 h), de la cérémonie de commémoration à la Mairie de Paris (24 avril à 11 h) ou du rassemblement organisé (24 avril à 17 h).

 

Enfin, de nombreux responsables d’organisations seront également présents le 24 avril 2007, pendant le rassemblement.

Il convient en particulier de citer la présence de M. Jacky Mamou, Président du Collectif Urgence Darfour.

 

 



Le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France se présente

 

Après le vote par le Parlement de la loi portant reconnaissance par la France du génocide arménien de 1915, le Comité du 24 Avril, regroupement des organisations arméniennes de France, a décidé de se transformer en un Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF), lors d’une assemblée générale extraordinaire, à Paris, le 21 octobre 2001.

Le CCAF, interlocuteur des pouvoirs publics français et arméniens, dispose d’objectifs élargis ayant tous pour finalité la coordination des actions des organisations arméniennes de France. Dans ce cadre, la lutte contre le négationnisme et le révisionnisme, la reconnaissance par la Turquie du génocide et les consignes qui en découlent représentent des objectifs majeurs. Pour plus de détails, consulter www.ccaf.info 

 

 

Quarante et une organisations sont à ce jour membres du CCAF. Il s’agit de :

A.A. Ecole TEBROTZASSERE, AAAG (Ecole St Mesrop), AAAS, ACCOLADES, ACEERF (Eglise Evangélique), ADL Ramgavar, AFAJA, AFAV, Aida pour l'Arménie, ANACRA, ARMENIE Villages, ASK (Soutien Kharabagh), ASPA, Ass Sainte Croix (Eglise Catholique), Ass. Sassoun, Association Arménie/Kharabagh, AYP FM, CBAF, CDCA, CHENE, Collectif VAN, COPEA, Eglise Apostolique, FRA Dachnaktsoutioun, FRA Nor Seround, G2IA, HAMASKAINE, HOMENETMEN, Institut TCHOBANIAN, JAF, MAFP, Maison de la Culture de Paris, NAZARPEK, Nouvelles d'Arménie Magazine, SD Hentchakian, SFA, UCAM (Arméniens de Montreuil), UCFAF, UCIA, UGAB, UMAF. 

 

 

Le Conseil d’Administration a élu en son sein un bureau composé de : 

Président :  Alexis Govciyan (AAAS)

Vice-présidents :  Hayg Toufanian (FRA), Gaguik Soghomonian (ADL), Samuel Shnorokian (ASK)

Trésorier :  Sasun Saugy (G2IA)

Secrétaire : Harout Mardirossian (CDCA)

Conseillers : Ara Toranian (NAM), Alexandre Couyoumdjian (AFAJA), René Dzagoyan (UCFAF). 

 

Pour de plus amples informations

 

 

Quelques Medias arméniens :

 

www.armenews.com           Nouvelles d’Arménie Magazine 

www.France-armenie.fr       France Arménie Magazine 

www.aypfm.com                 Radio AYP FM

www.collectifvan.org          Veille Médias 

www.gamkonline.com        Gamk online

www.lalettre.hayway.org    La lettre de l’ADL

 

 

Quelques sites internet :

 

www.armenoscope.com

www.armenweb.org

www.cdca.asso.fr

www.collectifvan.org

www.crda-France.org

www.imprescriptible.fr

www.inhomage.com

www.netarmenie.com

www.tchobanian.org

www.yevrobatsi.org

www.turquie-memoire.com/recyclage.html

 

 

Lors des consultations, des liens permettent de bénéficier de l’accès à d’autres sites internet, notamment associatifs ou politiques.

 

 
Mis en ligne le 23 avril 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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