09/04/07
Sur le Blog de Ludovic Monnerat, Rédacteur en chef adjoint de la Revue Militaire Suisse (RMS+)
Surprenante décision du Ministère de la Défense britannique : les 15 marins et fusiliers marins britanniques relâchés par l'Iran après 13 jours en captivité ont été non seulement autorisés, mais également encouragés à vendre leurs récits aux médias. Le profit global attendu serait d'au moins 250 000 livres sterling, soit environ 600 000 francs [suisses]. La seule femme du groupe devrait recevoir la plus forte somme : 150 000 livres (environ 360 000 francs [suisses]).
Cette autorisation suscite la polémique. D'une part, les soldats britanniques en général ne sont pas autorisés à vendre ainsi le récit de leur vie militaire, sauf en cas de mérites exceptionnels symbolisés par la remise d'une Victoria Cross. D'autre part, les sommes mentionnées ci-dessus sont supérieures aux indemnités perçues par le personnel militaire en cas de blessure grave ou d'amputation (57 500 livres pour un bras, environ 138 000 francs [suisses]). On parle même d'un comportement digne de candidats à des émissions de TV-Réalités et de ventes aux enchères de certains objets sur EBay .
Pourtant, cette décision politique prend certainement son sens dans la guerre de l'information qui se joue aujourd'hui entre l'Iran et les nations occidentales en général. Le récit des militaires britanniques devrait en toute logique confirmer la position du Gouvernement de Sa Majesté et démontrer la perfidie du régime des mollahs. Ce qui n'empêche pas l'affaire dans son ensemble d'être négative, puisque l'on peut se demander pourquoi des soldats d'une nation traditionnellement fière se laissent capturer sans combattre...
Dernière minute (10.04.07) :
Finalement, le Ministère de la Défense a décidé d'interdire cette divulgation rétribuée de récits à la presse. Les avantages devaient donc probablement être largement inférieurs aux inconvénients, tels que concrétisés par la fureur soulevée lorsque la décision initiale a été rendue publique.
© L. Monnerat
Mis en ligne le 11 avril mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org











