Les signataires invitent les candidats à la présidence du CCOJB, ainsi que les mandataires à cette élection, à accorder leur meilleure attention à la présente.
Le succès du Sionisme a suscité l'émergence d'une identité et d'un nationalisme palestiniens qui se sont développés en contestant violemment la renaissance de l'Etat-nation des Juifs en Israël. Les Juifs de Belgique, avec les autres citoyens de la communauté nationale sincèrement épris de justice, espèrent la solution prochaine du conflit israélo-arabe et la création d'un Etat palestinien vivant pacifiquement aux côtés de l'Etat d'Israël. Ils rappellent que l'existence d'un Etat palestinien ne peut être valablement envisagée sans que la sécurité et la préservation de l'identité juive de l'Etat d'Israël ne soient pleinement prises en compte et assurées.
La célébration prochaine du 60ème anniversaire de l'indépendance de l'Etat d'Israël est l'occasion choisie par plusieurs partis politiques, francophones et néerlandophones, et un grand nombre d'ASBL, ONG et médias, pour organiser, dès 2007, une "Année de la Palestine". D'innombrables jumelages entre communes wallonnes, bruxelloises, ou flamandes, d'une part, et palestiniennes, d'autre part, ainsi que de nombreux échanges culturels belgo-palestiniens (pièces de théâtre, films, documentaires, reportages, etc.), y compris dans les établissements scolaires de l'enseignement et de la jeunesse, sont ainsi programmés.
L'expérience de l'importation malheureuse de ce conflit, en dépit de la mise en garde solennelle de sa Majesté Albert II, et sa surexposition médiatique, enseignent que ces activités offrent le plus souvent à leurs participants une tribune complaisante pour diaboliser Israël, son gouvernement, ses institutions et son peuple, et "victimiser" les Palestiniens, quoi que fasse une partie significative d'entre eux au nom de leur cause. La représentation inexacte et trouble du conflit a déjà sapé la résistance des garde-fous péniblement installés dans les esprits.
Elle a surtout permis à la nouvelle judéophobie et à l'antisémitisme traditionnel, de se draper dans les habits censément moins imprésentables de l'antisionisme. Il y a un peu moins d'un demi-siècle, le Dr Martin Luther King mettait déjà en garde: "L'antisionisme, c'est de l'antisémitisme" [*].
Dissipant toute équivoque, le vice-ministre palestinien des Affaires religieuses déclarait, le 10 décembre 2006, à l'université islamique de Gaza : "Le conflit avec les Juifs est religieux, existentiel et n'a rien à voir avec les frontières".
Il serait hautement dommageable que, par insouciance ou parti pris, le soixantième anniversaire de la proclamation de l'indépendance de l'Etat d'Israël se transforme insidieusement, en Belgique, en une commémoration de la "Naqba". Pour prévenir le danger d'une telle situation, propice à l'expression, hélas vécue, de la parole et de l'acte antisémites, il est souhaitable qu'aussitôt en place, le nouveau président du CCOJB, avec l'aide de toutes les organisations juives de Belgique, francophones comme néerlandophones, approche nos élus et les organismes engagés, dès 2007, dans la préparation de l'"Année de la Palestine". Le CCOJB accomplirait son devoir de défendre les intérêts et l'avenir de notre communauté en signifiant à tous nos compatriotes un message clair: la naissance d'un Etat palestinien est subordonnée à la sécurité de l'Etat d'Israël et à la préservation de son identité juive.
Les Juifs de Belgique, avec les autres citoyens de la communauté nationale sincèrement épris de justice, invitent donc les organisateurs à associer l'Etat d'Israël dans leur célébration et à faire ainsi de l'année 2007, l'"Année d'Israël et de la Palestine".
Accueillir favorablement cette invitation serait un signe que la création d'un Etat palestinien ne sous-entend pas, pour les organisateurs, la contestation de l'existence de l'Etat d'Israël, de sa sécurité et de son identité juive.
Les signataires,
Franco, Isaac - Bruxelles
Grynpas, Raphaël - Bruxelles
Opoczynski, Paul - Bruxelles
Roth, Rudi Bruxelles
----------------
Note de la Rédaction dupjf.org
[*] "Au cours dune causerie quil prononça à Harvard en 1968 [peu de temps avant son assassinat], Martin Luther King déclara : « Quand les gens critiquent les sionistes, ils veulent dire les Juifs, votre propos est de lantisémitisme »" ("When people criticize Zionists, they mean Jews, You are talking anti-Semitism"). Un membre républicain du Congrès américain a apporté un éclairage à ce propos, en écrivant que King répondait ainsi à un étudiant qui lui conseillait, avec une certaine agressivité, de soccuper de la question du sionisme ; voir John Lewis, "Martin Luther King Jr.s special bond with Israel".
----------------
Mis en ligne le 19 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org
Ajout de la Rédaction d'upjf.org
Pour information (ce qui ne signifie pas approbation), voici le texte paru sur le site Observations citoyennes. Il a été choisi en raison des informations concrètes qu'il contient, qui nous ont paru de nature à aider les internautes à se faire une idée - au moins sommaire -de l'identité et du parcours des candidats.
Bras de fer à la tête des associations juives
Quatre candidat à la présidence du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB)
Par Ricardo Guitiérrez, Le Soir du 07 décembre 2006.
Une page se tourne au sein de la communauté juive. Lavocat Philippe Markiewicz cède la présidence du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), quil occupait depuis cinq ans
Quatre candidats de tendances divergentes se disputent la succession. Il est peu probable que le scrutin, qui se tiendra ce 14 décembre, livre demblée le nom du nouveau président.
Antenne belge du Congrès juif mondial, le CCOJB fédère une quarantaine dassociations. Chaque organisation membre dispose de trois voix, pour élire le nouveaux président. Les statuts exigent cependant quau premier tour, lélu recueille au moins les deux tiers des suffrages. Hypothèse très
hypothétique vu le nombre de candidats en lice. Une seconde assemblée générale devrait donc être appelée à trancher, en janvier.
Plutôt remuant, manifestant sa franche indépendance à légard de lambassade israélienne, Philippe Markiewicz a imposé au CCOJB une politique douverture contesté par les franges les plus conservatrices de la communauté. Partisan de la création dun Etat palestinien, « pour assurer le droit absolu à Israël de vivre en paix », il a promu, au sein du CCOJB, les valeurs démocratiques, la citoyenneté, léthique sociale, linterculturalité active
La campagne en vue de sa succession est ouverte. La dernière livraison du bimensuel laïc juif Regards donne la parole aux quatre candidats en lice, qui affichent demblée des profils très divergents
Franchement à droite, Lazard Perez et Joël Rubinfeld. Au centre gauche, Henri Gutman.
Les deux premiers affichent un discours sioniste, sécuritaire et militant. Partisan dun CCOJB « plus ferme et intransigeant », Rubinfeld se dit disposé à ouvrir le dialogue avec la communauté musulmane de Belgique, mais nhésite pas par ailleurs, à assimiler « les barbus palestiniens et libanais » aux « fils spirituels dAdolf Hitler »
Cigé et Gutman mettent davantage laccent sur la promotion de la paix au Proche-Orient. Sur ce plan, Norbert Cigé apparaît comme un héritier centriste et posé de Philippe Markiewicz.
Plus marqué à gauche, Henry Gutman a lavantage de militer depuis 40 ans, au sein dune dizaine dorganisations juives : « Je connais les institutions et la « rue juive ». Je les vis au quotidien. » Reste que ce nest pas la « rue juive » qui vote, jeudi prochain.
Norbert Cigé, 64 ans, ex-préfet de lathénée Ganénou
Licencié en sciences germaniques à lULB, il a assumé la fonction de préfet à lathénée Ganénou, jusquen 2005. Il entend « mener un combat humaniste douverture », dans la droite ligne du président sortant du CCOJB. « Il faut, dit-il, ouvrir des fenêtres, jeter des ponts, réagir face à lantisémitisme. »

Henri Gutman
Economiste de formation, Henri Gutman vice-préside le Centre communautaire laïc juif (CCLJ). Cest le candidat « qui a la plus grande expérience en matière de politique communautaire. » Partisan de la paix « entre Israël et ses adversaires », proche de David Susskind, on le situe plutôt à gauche.

Lazard Perez
Lazard Perez, 75 ans, ex-président du CCOJB
Ingénieur civil, il a fondé sa propre entreprise, Rebeton, en 1959. Séfarade, militant sioniste, il est parti combattre en Israël, en 1948, à 16 ans et demi. Ex-président du CCOJB (1989-1993), il se dit préoccupé par lantisémitisme ambiant. Sa candidature se veut en rupture avec la ligne du président sortant.
Joël Rubinfeld, 38 ans, Président de lAtlantis Institute.
Diplômé en communication à lEcole pratique des hautes études commerciales, il dirige, depuis 1992, une agence de communication. Secrétaire général des Amitiés belgo-israéliennes, depuis 2002, il a cofondé, en 2003, lAtlantis Institute, un think tank néoconservateur libéral et atlantiste.
Mis à jour le 22 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org











