22 novembre 2006
Libre opinion mise en ligne sur le site de Ynet News, sous le titre : "Tears of a nation".
Traduction française : Menahem Macina
Ce mardi, un enfant de 13 ans a reçu ce dont même le chef détat-major est de moins en moins gratifié : un appel téléphonique du Premier ministre. Le fait sest produit lors de la cérémonie de Bar Mitzva de Doudou Hadad, qui se déroulait dans la ville abandonnée de Sdérot.
Il fallait être à Sdérot, mardi, pour avoir le sens des proportions, pour comprendre lénorme fossé qui existe entre le comportement puéril des dirigeants de lEtat et la maturité dont font preuve ses citoyens.
Les gens avaient pu voir, de leurs propres yeux, ces jours-ci, Olmert et Peretz saffrontant stupidement comme chien et chat, et constater à quel point leur conduite est irresponsable et humiliante à la lumière de la réalité désespérante dans laquelle vivent les citoyens.
Comment est-il possible que les deux personnes, dont on attendait quelles mettent leurs différends de côté, en ces temps de détresse, parviennent à donner le spectacle dune telle discorde ?
La sécurité de lEtat est tellement complexe, les dangers si réels, les esprits tellement déprimés, et labsence de direction si manifeste pourtant, les dirigeants de lEtat se préoccupent de savoir qui appellera qui, si le ministre de la Défense a menti ou non, si Olmert va faire preuve de la détermination nécessaire pour remplacer le ministre de la Défense, avec lequel il nest plus capable de travailler.
Les pleurs dun enfant
Peut-être auraient-ils dû venir à la Bar Mitzva de Doudou, mardi, pour apprendre quelque chose à propos de leur peuple. Six ans de bombardements de Qassam, et la plainte continue dune ville quon a abandonnée, ont été incapables de faire ce quont obtenu les pleurs dun gosse.
Le garçon de Sderot, qui est apparu à la télévision nationale, dimanche, parlait des préparatifs de sa Bar Mitzva, quand, tout à coup, sans crier gare, il a éclaté en sanglots. Il avait ravalé ses larmes durant plusieurs minutes, jusquà ce quil ne puisse plus empêcher les digues de céder.
Jai peur que personne ne vienne, a-t-il dit, avec désespoir.
Jeudi soir, tandis que ses camarades passaient, aux frais du milliardaire Arcadi Gaydamak, du bon temps à Eilat, où beaucoup dhabitants de Sdérot séjournent actuellement, la cérémonie de Bar Mitzva de Doudou se déroulait dans la salle de banquets Kazablan, située dans la zone industrielle de Sdérot.
Des voitures venant de tout le pays firent route jusquà la ville-fantôme abandonnée. Des gens, qui navaient pu rester indifférents à la malchance de Doudou, arrivaient de partout à Sdérot pour faire la fête avec la famille Hadad.
Il semblait quaucune roquette Qassam ne pût stopper le peuple dIsraël rassemblé là pour célébrer la Bar Mitzva de Doudou.
Tu nes pas seul
Tu nes pas seul, disaient à Doudou des centaines de gens quil navait jamais rencontrés. Ils létreignaient, linondaient de cadeaux, entouraient la table de la famille et serraient les mains des habitants de la ville.
Ils ont été pris en photo ensemble, simplement comme sils formaient une grande famille : le commandant en chef de la police, des membres de la Knesset, des artistes, des chanteurs, et des gens des médias ils étaient tous là. La plupart dentre eux navaient pas la plus vague idée de ce quils feraient si l"alerte rouge", prévenant de la chute imminente de roquettes, venait à retentir.
Mais nul nen avait cure. Ils nétaient venus que pour une seule chose : chasser les larmes de la nation.
Sima Kadmon
© Ynet News
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Dernière minute :
Israël émotions : La plus belle des Bar Mitzva pour Doudou à Sdérot
Sur le site Israel Valley.
Le conte de fées de Doudou Hadad : il y a deux jours, ce jeune garçon de Sdérot avait ému le pays entier en éclatant en sanglots devant les caméras parce quil craignait que les Qassam palestiniens nempêchent ses amis de venir assister à sa soirée de Bar Mitzva.
Hier, le Yediot sest mobilisé pour offrir à Doudou la plus belle des Bar Mitzva. Et, outre les habitants de Sdérot encore sur place, de nombreuses vedettes du show business, des personnalités politiques et même de simples Israéliens sont venus faire la fête avec Doudou, même sans être invités.
Parmi eux, le ministre de la Défense, Amir Peretz, et le commandant en chef de la police, Moché Karady. Rafi Ginat, le rédacteur en chef du Yediot, sest déplacé en personne, et il exprime, dans ses colonnes, sa gratitude à Doudou Hadad pour lavoir convié à participer à cette joie si particulière.
Sima Kadmon relate que des centaines dIsraéliens sont venus, hier, dire à Doudou et aux habitants de Sdérot quils nétaient pas seuls.
Source: CJE
© CJE et Israel Valley
Mis en ligne le 23 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











