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Une Kerry dans la Bush, Antoine Rocquemont
11 novembre 2004Sur le site de Conscience-politique
www.conscience-politique.org/2004/rocquemontkerrybush.htm
Il y avait une Kerry dans la Bush, en France, pendant toute la campagne américaine : c’est la pensée unique du PAF (Paysage Audiovisuel Français), qui intoxique, intimide et finit par occulter le débat de fond. Le 3 novembre dernier Bush gagne les élections présidentielles américaines avec 3,5 millions de voix d’avance sur Kerry. Il remporte 31 États (286 grands électeurs) contre 19 États (252) pour les démocrates. Le Sénat quant à lui passe à 55 sièges républicains sur 100. La chambre des Représentants gagne 30 sièges. Qui l’avait annoncé, en France ?
La pensée unique intoxique d’abord. C’était la propagande pro Kerry. Le moindre reportage sur les élections américaines, un micro trottoir par exemple, faisait ressortir quatre voire cinq témoignages pour le candidat démocrate et seulement deux pour le républicain. Ceci multiplié par dix, par vingt, finit par tromper la conscience du téléspectateur. Les flashes également, sur cette campagne, mettaient systématiquement Kerry en valeur et Bush en défaut. Les soi-disant sondages aussi, toujours orientés démocrates. Enfin les face-à-face à la télévision, dont on nous a expliqué que Kerry était le grand gagnant, à chaque fois. Qui est ce "on" d’ailleurs ? Ce sont les Okrent, les Schonberg et autres, qui, non content de sortir leur livre de propagande sur le sujet, diabolisent sans relâche Bush pour rehausser Kerry. Cette diabolisation est si pesante par ailleurs, qu’un Français au départ pas spécialement pro Bush, finit par solidarité à éprouver de la sympathie pour le républicain.
La pensée unique intimide aussi. C’était la tyrannie pro Kerry. Il n’était pas de bon ton d’être pour Bush, Kerry était tellement à la mode ! Les médias français ont pratiqué un manichéisme basique, qui d’habitude est reproché à nos amis américains. C’était Kerry le bon contre Bush le méchant. Simplification maximale, déformation donc. Au sujet d’abord des élections américaines de 2000, forcément truquées, en faveur de bush, alors que la mathématique des scrutins peut très bien décider qu’une élection se gagne à 500 voix près, ça s’appelle la démocratie. Ensuite sur les plateaux de télévision, Guy Millière mise à part (voir son ouvrage Pourquoi Bush sera réélu), les invités jouaient tous du même instrument, le violon anti-républicain, et très souvent anti-chrétien. Car il faut oser le dire, derrière cette haine de Bush des journalistes français se cache un profond sentiment anti-curé. Celui-ci est un avatar des vieilles lubies soixante-huitardes qui continuent de hanter nos médias. Bush est accusé de crime de foi. Il est un chrétien convaincu et ça gêne. Ses électeurs chrétiens ou évangélistes sont systématiquement accusés d’être des ultras ou des illuminés.
Enfin la pensée unique occulte le débat de fond. Car il est un fait arithmétique que le temps passé à intoxiquer et à intimider les esprits est retranché de celui consacré à l’information de qualité. A-t-on entendu parlé des programmes respectifs des deux candidats à la Maison Blanche ? point par point ? sérieusement ? A-t-on parlé en détail du bilan Bush ? sans mauvaise foi ? sans se focaliser sur la guerre en Irak ? Il semble que la plupart des journalistes français aient perdu leur professionnalisme pendant cette folle campagne. Les passions ont envahi les raisons. L’information s’est liquéfiée en un breuvage destiné à anesthésier le plus possible l’esprit des Français. Le tout couronné par une sorte de mépris mélangé d’oubli de l’électeur de base américain.
La passion anti-Bush des journalistes français a fini aussi par leur faire perdre la vue. Car quelques secondes d’images de campagne américaine suffisaient pour constater que de manière patente, et sans considérations idéologiques, Bush avait sur Kerry les trois "C" qui font gagner n’importe quel candidat dans n’importe quel pays : chaleur, conviction et charisme. Mais il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Bush, lui, est venu, a vu et a vaincu.
Antoine Rocquemont
© Conscience-politique.org
Mis en ligne le 12 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.











