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Les néoconservateurs, ou "Neo-Cons'"
www.disinfopedia.org/wiki.phtml?title=Neo-conservative
Les néoconservateurs [labréviation néo-cons sonne mal en français et fait la joie de lHumanité et du Canard enchaîné], sont les membres de courants de pensée autrefois distincts qui se sont regroupés sur quelques points de politique internationale et partagent une rhétorique commune, par exemple ils parlent volontiers de guerre anti-terrorisme, de guerre anti-drogue.
[...]
On utilise parfois pour certains dentre eux lexpression la droite du bon sens, mais plutôt dans le domaine de la politique intérieure.
Définition du néoconservatisme
« La fréquente mention que les médias font des néoconservateurs laisserait supposer quil en existe une définition officielle. Cependant, en dépit de lascendant quon leur prête sur la politique étrangère du président Bush, les contours de cette famille de pensée restent très flous. » (Jim Lobe 12 août 2003).
Du même : « Une brève description des origines et des bases de leur doctrine devrait permettre de mieux les différencier des autres composantes de la coalition idéologique qui sous-tend le nouveau cours impérial du gouvernement, à savoir
- les républicains traditionnellement qualifiés de partisans dune politique de puissance (pour qui la puissance est source de légitimité) tels que le vice-président Dick Cheney, le chef du Pentagone Donald Rumsfeld,
- et la droite chrétienne, comme lattorney général John Ashcroft, Gary Bauer ou Pat Robertson. »
« Nous autres, conservateurs, avons lhabitude que les libéraux ne comprennent rien aux subtilités de notre courant. Mais lusage, à tout propos et hors de propos, du terme néoconservateurs a dépassé les bornes habituellement admises de lignorance et des idées reçues de ceux qui parlent et écrivent de lextérieur de notre famille politique. Ce terme sert en fait de fourre-tout commode pour un vaste arsenal dattaques et dinsinuations. Pour les uns, il signifie les Juifs de droite. Pour dautres, il veut dire faucons. Quelques-uns croient encore que ce sont des conservateurs atypiques ou dex-libéraux. Et les autres nont aucune idée de ce que le mot signifie, ils ne lutilisent que parce quils croient ainsi paraître au courant. » (Jonah Goldberg, 18 juin 2004)
Joseph Sobran présente une explication suivant laquelle en arrivant au pouvoir [en 1980 avec Ronald Reagan], le courant conservateur a commencé à distendre ses liens avec les principes traditionnels [de la droite américaine]. Il voulait revenir sur les acquis de la gauche pas seulement la Grande Société de Lyndon Johnson, mais aussi le New Deal de Roosevelt, qui avaient lun et lautre enfreint le sacro-saint principe constitutionnel dun gouvernement fédéral [au pouvoir] strictement limité. Mais ses objectifs initiaux ont été discrètement abandonnés. Par sa force, la droite a également attiré de nouveaux membres qui se soucient davantage de son influence que de ses principes. Certains dentre eux, admirateurs de Roosevelt et partisans de Lyndon Johnson que la constitution américaine et la limitation du pouvoir du gouvernement central indiffèrent, ont été appelés néoconservateurs.
Les néoconservateurs sont des conservateurs néolibéraux
Du point de vue économique, il y a peu de divergences entre les néoconservateurs et les autres partisans de la politique économique qui sous-tend la mondialisation libérale. En général, cest parmi ceux-là quils se recrutent.
Tous les néoconservateurs adhèrent à tout ou partie du programme néolibéral. Cependant, ils y ajoutent une ou plusieurs préoccupations spécifiques à leur culture ou leur pays. Ils pourront par exemple défendre certaine forme de protectionnisme, en particulier pour protéger leurs alliés du complexe militaro-industriel.
Au Canada et en Australie, par exemple, des voix sélèvent des cercles néoconservateurs pour réclamer la production, et lachat par le gouvernement, de nouveaux équipements militaires. Ils préconisent aussi une stratégie industrielle de soutien aux industries de pointe, et se font les avocats des technologies nouvelles pour justifier des aides (indirectes) aux activités informatiques et aéronautiques.
Peut-être nest-ce dû quà leurs intérêts nationaux divergents, mais les néoconservateurs ne sont pas totalement en phase dun pays à lautre, même sils se rejoignent au niveau du discours. Certains considèrent les néoconservateurs comme des partisans dune politique économique néoclassique globale, mais qui utiliseraient des arguments différents des néolibéraux. En particulier, lidéologie néoconservative semble plus préoccupée par la défense que par le développement, ce qui rappelle le schéma classique gauche/droite que lon rencontrait dans chaque pays avant la mondialisation. Il y a cependant dimportantes différences entre les conservateurs traditionnels dune part, et les néoconservateurs, ou conservateurs de bon sens dautre part. Cette dernière formulation sapplique davantage à la politique intérieure, alors quon dit néoconservateurs sagissant des affaires internationales (où ils sont considérés comme des faucons).
Issus de la gauche
À lorigine, le terme désignait des politiciens de droite issus de la gauche (au sens américain, bien sûr). Comme le note Michael Lind, « la plupart des intellectuels néoconservateurs du secteur de la Défense viennent de la gauche, pas de la droite. Ils sont le produit de linfluente branche juive du trotskysme américain(1) des années 30 et 40, qui a évolué en libéralisme anticommuniste des années 50 aux années 70, puis en une sorte de droite impériale et interventionniste sans précédent dans lhistoire politique ou la culture américaines. »
On pouvait lire, dans un rapport spécial de Foreign Policy in Focus en 2002, que « les néoconservateurs sont un courant intellectuel issu de la gauche du Parti démocrate au temps de la guerre froide. À la différence dautres rameaux du mouvement conservateur, ils ont leurs racines sociales et historiques à la gauche de léchiquier politique. Déçus par le communisme et le socialisme, puis par les nouveaux démocrates (tels que George McGovern) qui prirent la tête du Parti démocrate dans les années 70, les néoconservateurs jouèrent un rôle clef dans lascension de la droite nouvelle des années 80. Les néoconservateurs, parmi lesquels juifs et catholiques sont particulièrement nombreux, ne sont pas, la plupart du temps, des politiciens professionnels, mais des analystes politiques, des idéologues militants, des universitaires qui ont joué un rôle central dans lélaboration des programmes de nombreux groupes de réflexion, clubs et fondations. Les néoconservateurs croient profondément en la supériorité morale de lAmérique, ce qui facilite les alliances avec la droite chrétienne et dautres conservateurs sur les questions de société. Mais au contraire des traditionalistes, qui sont le cur de la droite américaine, ou des isolationnistes, les néoconservateurs sont des internationalistes convaincus. Comme au cours des années 70, les néoconservateurs ont contribué, à la fin des années 90, à faire le lien entre diverses composantes de la droite et à les rassembler sur un nouveau programme de suprématie américaine. »
Likoudniks/Republikoud
Ceux qui saffirment néoconservateurs expriment parfois une grande admiration pour la tactique du Likoud israélien, y compris le concept de guerre préventive, à lexemple du raid quIsraël a mené en 1981 contre le réacteur nucléaire iraqien Osirak, mêlée à des accès soudains denthousiasme pour la démocratie.
Ils qualifient volontiers leur doctrine de wilsonisme (en référence au président Woodrow Wilson). Cependant, plusieurs de leurs critiques de gauche avancent quil sagirait plutôt de la théorie trotskyste de la révolution permanente mâtinée dun zeste de sionisme à la sauce de lextrême droite du Likoud. Ces critiques soulignent que les véritables wilsoniens américains croient, entre autres, en lautodétermination du peuple palestinien.
En réalité, cest une exagération, peut-être due aux sentiments antisémites en vogue aussi bien à lextrême gauche quà lextrême droite, selon lesquels les néoconservateurs feraient passer lintérêt dIsraël avant celui des USA. Paul Wolfowitz, considéré par beaucoup comme le chef de file des néoconservateurs, sest exprimé pour lautodétermination des Palestiniens à de nombreuses reprises, de même quEliot Cohen, professeur renommé de science politique et de stratégie à lÉcole des Hautes Études Internationales [School of Advanced International Studies] de luniversité Johns Hopkins, considérée comme un creuset de la pensée néoconservatrice.
Le néoconservatisme sest développé à la fin des années 60 et au début des années 70. La guerre des six jours entre Israël et les États arabes a été le tournant décisif, qui a retourné une grande partie de la gauche contre Israël alors que les pères du néoconservatisme demeuraient des avocats enthousiastes dIsraël. Le mouvement a gagné en influence aux États-Unis et au sein du Parti républicain. Son poids sest particulièrement fait sentir en politique étrangère. Lune de ses thèses fondamentales est limportance vitale dIsraël comme partenaire stratégique des USA. Cest lalliance Republikoud telle que définie par Nima Shirali, qui écrivait, en février 2003, que « les relations entre les États-Unis et lÉtat dIsraël confortent leurs stratégies respectives. Dans un sens, laide américaine est essentielle à la survie dIsraël. Dans lautre, cette assistance perpétue une alliance bénéfique pour les USA. Il est devenu clairement évident que la stratégie des Républicains accorde la priorité à laide militaire et économique à Israël, sans parvenir, jusquà présent, à en obtenir les concessions territoriales préalables à toute réconciliation [avec les Arabes] »
Certains estiment en effet que le simple refus de concessions territoriales, sans même parler du retrait des territoires de Cisjordanie conquis en 1967 exigé depuis longtemps par lONU, permet au Likoud dentraîner le Parti républicain dans un soutien toujours plus grand à un conflit militaire et technologique sans fin dont tant les dirigeants du Likoud que ceux du Grand Old Party tirent parti. Si lennemi (Iraq ou Iran) réussit à acquérir des technologies dangereuses, comme le nucléaire ou les biotechnologies, cela pourrait servir de prétexte à des raids ou des guerres préventives. Le refus de limiter effectivement le développement de telles armes est un autre point incontournable du bloc Republikoud : George Bush sest retiré dun grand nombre daccords internationaux pour le contrôle des technologies [militaires] et Israël a constamment refusé aux inspecteurs des Nations unies denquêter sur ses installations nucléaires supposées.
Ce point de vue est toutefois à relativiser car Israël jouit au Congrès américain du soutien des deux partis, républicain et démocrate, ainsi que de la grande majorité des citoyens.

Personnalités néoconservatrices
Les fondateurs du mouvement néoconservateur sont Irving Kristol (auteur en 1983 du livre Réflexions dun néoconservateur) et Norman Podhoretz, tous deux rédacteurs du Commentary Magazine. Les néoconservateurs qui comptent sur la scène politique américaine sont Paul Wolfowitz, Richard Perle, David Wurmser, William Kristol (fils dIrving Kristol), Elliot Abrams (gendre de Norman Podhoretz) et Douglas Feith.
Leo Strauss [1899-1973]
Certains néoconservateurs ont adopté lenseignement du philosophe Leo Strauss, un Allemand qui a fui le nazisme dans les années 30 pour finalement trouver refuge aux États-Unis et enseigner à luniversité de Chicago. Paul Wolfowitz se revendique lun dentre eux.
La philosophie de Strauss est controversée, comme contraire à la démocratie. Dans une étude pour Inter Press Service News Agency, Jim Lobe écrit :
Ce point de vue est cependant contredit par les idées socialement plus progressistes de nombres de néoconservateurs.
Michael Ledeen
La politique des néoconservateurs est aussi fortement influencée par Michael Ledeen. Ledeen a travaillé pour le Pentagone, le Département dÉtat et le Conseil national de sécurité : il fut aussi mêlé à la vente darmes à lIran dans laffaire de lIrangate, quil explique dans son livre Lart périlleux de gouverner : lIrangate vu de lintérieur. Voici ce quécrit William O. Beeman sur Michael Ledeen dans le Pacific News Service :
George Bush
Beaucoup de néoconservateurs se sont vu attribuer des postes importants au Département de la Défense sous la présidence de George W. Bush. Ils ont soutenu lidée dune guerre préventive contre lIraq en particulier, mais aussi contre plusieurs pays du Moyen-Orient (Iran, Syrie, Libye, Égypte, Arabie saoudite). Immédiatement après lattaque terroriste du 11 septembre, ils ont réitéré leurs appels à une action contre lIraq. Ladministration Bush choisit dattaquer dabord lAfghanistan, mais les néoconservateurs ont fini par lemporter.
Benjamin Netanyahou
Plusieurs néoconservateurs ont travaillé en étroite collaboration avec le parti israélien Likoud. Cest le cas, par exemple, de Perle, Feith et Wurmser. Ils sont les signataires de larticle programmatique de 1996 Sécuriser le sanctuaire : "Une rupture franche" pour le gouvernement Netanyahou, qui défendait entre autres, lidée dune guerre préventive contre lIraq. Le document défendait également la revendication dIsraël sur Gaza et la Cisjordanie et mettait en garde contre tout processus de paix.
Des différences idéologiques substantielles sont cependant apparues entre néoconservateurs, opposant les purs et durs comme Perle, Feith et Wurmser à de plus modérés tels que Wolfowitz, Cohen et dautres.
William Kristol
Le canal principal du mouvement néoconservateur est le Commentary Magazine, publication phare du Comité juif américain, une organisation centriste de Juifs américains. Dautres publications comprennent le Weekly Standard, présentement dirigé par William Kristol et appartenant à Rupert Murdoch. On peut aussi généralement faire confiance à la page éditoriale du Wall Street Journal pour refléter fidèlement les analyses des néoconservateurs.
Mortimer Zuckerman
Les huiles du néoconservatisme sont aussi très présentes dans les colonnes de lhebdomadaire US News and World Report, qui appartient à Mortimer Zuckerman (qui préside également la Conférence des Présidents des Grandes Organisations Juives Américaines). Zuckerman nest pas lui-même un néoconservateur ; il est un important bailleur de fonds du Parti démocrate. La Conférence des Présidents est un organisme qui représente les organisations représentatives des Juifs américains.
Organisations
Les laboratoires didées et les organisations liées aux néoconservateurs sont lAmerican Enterprise Institute (Institut américain de lEntreprise), le Project for the New American Century (Projet pour le nouveau siècle américain) et le Jewish Institute for National Security Affairs (Institut juif pour les questions de défense nationale).
Isolement
Lancien inspecteur en désarmement de lONU, Scott Ritter, qui sest révélé un opposant déterminé à la guerre dIraq, voit dans les néoconservateurs « des gens qui rejettent tout ce qui ne rentre pas dans leur cadre idéologique. » À la différence des conservateurs traditionnels, qui « sont capables découter des modérés, et au moins envisager dautres opinions, les néoconservateurs, explique-t-il, sont si profondément engagés dans leur idéologie quils ne considéreront rien dautre Pour être franc, ils ont sur lIraq un point de vue à part. »
Pour Ritter, « après que Bush ait échoué aux élections [intermédiaires] à rallier des démocrates et des modérés, il a dû sappuyer davantage sur sa base néoconservatrice, ce qui a donné tout dun coup un poids accru à des penseurs marginaux. Ces gens ne sont absolument pas représentatifs de la pensée américaine. Ils tiennent aujourdhui en main les rênes du pouvoir »
Pas reéllement "conservateurs"
Les néoconservateurs sont critiqués par beaucoup de conservateurs traditionnels, les "paléo conservateurs", et aussi par des conservateurs dextrême droite comme John F. McManus. Dans The New American, une publication de la John Birch Society, McManus définit les néoconservateurs comme des conservateurs socialistes, quil décrit comme « adversaires du communisme, mais partisans du socialisme et de linternationalisme. Léon Trotsky, complice autrefois révéré de Lénine, a peut-être été le premier néoconservateur, encore quon puisse aussi poser la question à propos de Karl Marx lui-même Les néoconservateurs défendent le New Deal, qui est du socialisme. Et ils méprisent lisolationnisme, ce qui signifie que Kristol et ses amis néoconservateurs sont des internationalistes. Dans un article de 1993 du Wall Street Journal, Kristol exprime son enthousiasme pour la sécurité sociale, laide médicale gratuite, laide alimentaire et même les aides financières pour les mères célibataires Ces néoconservateurs se sont emparés de laile conservatrice du Parti républicain. Et ils y sont parvenus à tel point que le vocable conservateurs est maintenant appliqué à des individus et des idées qui sont en fait progressistes (de gauche), socialistes et qui ne méritent en aucune façon le qualificatif de conservateurs. »
[..]
Bébés-faucons
Cest la désignation ironique dont ont été affublés les néoconservateurs les plus en vue.
Les néoconservateurs chinois
En République Populaire de Chine, le terme "néoconservateur" a un autre sens quaux États-Unis. Il y désigne une philosophie politique, apparue dans les années 90, qui considère toute révolution ou bouleversement dans les structures de lÉtat comme un danger. Ainsi, les néoconservateurs chinois soutiennent le gouvernement en place, même sils napprouvent pas la phraséologie révolutionnaire de lidéologie officielle. Il nest pas aisé de différencier cette attitude du support pur et simple à lÉtat policier.
La corruption
En ce qui concerne le détournement de la démocratie par divers procédés (financements électoraux, manipulations électorales, alliances contre nature) il se peut que les néoconservateurs des différents pays développés partagent plus ou moins la même attitude, garder le pouvoir par tous les moyens, car cest aussi sassurer la fortune. Comme la richesse est aussi ce qui permet de garder le pouvoir, lélite restreinte qui émerge est celle qui gère le mieux linteraction entre ces deux aspects. Il nest cependant pas exclu que ces critiques reposent sur de vieux préjugés antisémites qui subodorent partout des complots mettant en jeu les Juifs et largent.
Ceci souligne quand même une différence importante entre les néoconservateurs et les conservateurs au sens conventionnel : la place de la corruption. Alors que les conservateurs traditionnels sont très attentifs aux conflits dintérêt, aux codes éthiques et à lestime de leurs pairs, beaucoup de critiques de gauche ont souligné que les néoconservateurs américains et leurs correspondants israéliens sen moquaient complètement.
Ces partis ont connu plusieurs grands scandales dans ce domaine dans un passé récent, impliquant notamment Ariel Sharon et Dick Cheney, amenant certains à persifler que les néoconservateurs visent en fait à promouvoir une "kleptocratie".[...]
Il existe un groupe, les conservateurs contre Bush qui défie ouvertement les néoconservateurs de la Maison blanche auxquels ils dénient le titre de conservateurs.
NB : Une partie de cet article est inspirée de celui publié par Wikipedia
en.wikipedia.org/wiki/Neoconservatism_%28United_States%29
doù sont également tirées plusieurs illustrations.
Joseph Sobran présente une explication suivant laquelle en arrivant au pouvoir [en 1980 avec Ronald Reagan], le courant conservateur a commencé à distendre ses liens avec les principes traditionnels [de la droite américaine]. Il voulait revenir sur les acquis de la gauche pas seulement la Grande Société de Lyndon Johnson, mais aussi le New Deal de Roosevelt, qui avaient lun et lautre enfreint le sacro-saint principe constitutionnel dun gouvernement fédéral [au pouvoir] strictement limité. Mais ses objectifs initiaux ont été discrètement abandonnés. Par sa force, la droite a également attiré de nouveaux membres qui se soucient davantage de son influence que de ses principes. Certains dentre eux, admirateurs de Roosevelt et partisans de Lyndon Johnson que la constitution américaine et la limitation du pouvoir du gouvernement central indiffèrent, ont été appelés néoconservateurs.
Les néoconservateurs sont des conservateurs néolibéraux
Du point de vue économique, il y a peu de divergences entre les néoconservateurs et les autres partisans de la politique économique qui sous-tend la mondialisation libérale. En général, cest parmi ceux-là quils se recrutent.
Tous les néoconservateurs adhèrent à tout ou partie du programme néolibéral. Cependant, ils y ajoutent une ou plusieurs préoccupations spécifiques à leur culture ou leur pays. Ils pourront par exemple défendre certaine forme de protectionnisme, en particulier pour protéger leurs alliés du complexe militaro-industriel.
Au Canada et en Australie, par exemple, des voix sélèvent des cercles néoconservateurs pour réclamer la production, et lachat par le gouvernement, de nouveaux équipements militaires. Ils préconisent aussi une stratégie industrielle de soutien aux industries de pointe, et se font les avocats des technologies nouvelles pour justifier des aides (indirectes) aux activités informatiques et aéronautiques.
Peut-être nest-ce dû quà leurs intérêts nationaux divergents, mais les néoconservateurs ne sont pas totalement en phase dun pays à lautre, même sils se rejoignent au niveau du discours. Certains considèrent les néoconservateurs comme des partisans dune politique économique néoclassique globale, mais qui utiliseraient des arguments différents des néolibéraux. En particulier, lidéologie néoconservative semble plus préoccupée par la défense que par le développement, ce qui rappelle le schéma classique gauche/droite que lon rencontrait dans chaque pays avant la mondialisation. Il y a cependant dimportantes différences entre les conservateurs traditionnels dune part, et les néoconservateurs, ou conservateurs de bon sens dautre part. Cette dernière formulation sapplique davantage à la politique intérieure, alors quon dit néoconservateurs sagissant des affaires internationales (où ils sont considérés comme des faucons).
Issus de la gauche
À lorigine, le terme désignait des politiciens de droite issus de la gauche (au sens américain, bien sûr). Comme le note Michael Lind, « la plupart des intellectuels néoconservateurs du secteur de la Défense viennent de la gauche, pas de la droite. Ils sont le produit de linfluente branche juive du trotskysme On pouvait lire, dans un rapport spécial de Foreign Policy in Focus en 2002, que « les néoconservateurs sont un courant intellectuel issu de la gauche du Parti démocrate au temps de la guerre froide. À la différence dautres rameaux du mouvement conservateur, ils ont leurs racines sociales et historiques à la gauche de léchiquier politique. Déçus par le communisme et le socialisme, puis par les nouveaux démocrates (tels que George McGovern) qui prirent la tête du Parti démocrate dans les années 70, les néoconservateurs jouèrent un rôle clef dans lascension de la droite nouvelle des années 80. Les néoconservateurs, parmi lesquels juifs et catholiques sont particulièrement nombreux, ne sont pas, la plupart du temps, des politiciens professionnels, mais des analystes politiques, des idéologues militants, des universitaires qui ont joué un rôle central dans lélaboration des programmes de nombreux groupes de réflexion, clubs et fondations. Les néoconservateurs croient profondément en la supériorité morale de lAmérique, ce qui facilite les alliances avec la droite chrétienne et dautres conservateurs sur les questions de société. Mais au contraire des traditionalistes, qui sont le cur de la droite américaine, ou des isolationnistes, les néoconservateurs sont des internationalistes convaincus. Comme au cours des années 70, les néoconservateurs ont contribué, à la fin des années 90, à faire le lien entre diverses composantes de la droite et à les rassembler sur un nouveau programme de suprématie américaine. »
Likoudniks/Republikoud
Ceux qui saffirment néoconservateurs expriment parfois une grande admiration pour la tactique du Likoud israélien, y compris le concept de guerre préventive, à lexemple du raid quIsraël a mené en 1981 contre le réacteur nucléaire iraqien Osirak, mêlée à des accès soudains denthousiasme pour la démocratie.
Ils qualifient volontiers leur doctrine de wilsonisme (en référence au président Woodrow Wilson). Cependant, plusieurs de leurs critiques de gauche avancent quil sagirait plutôt de la théorie trotskyste de la révolution permanente mâtinée dun zeste de sionisme à la sauce de lextrême droite du Likoud. Ces critiques soulignent que les véritables wilsoniens américains croient, entre autres, en lautodétermination du peuple palestinien.
En réalité, cest une exagération, peut-être due aux sentiments antisémites en vogue aussi bien à lextrême gauche quà lextrême droite, selon lesquels les néoconservateurs feraient passer lintérêt dIsraël avant celui des USA. Paul Wolfowitz, considéré par beaucoup comme le chef de file des néoconservateurs, sest exprimé pour lautodétermination des Palestiniens à de nombreuses reprises, de même quEliot Cohen, professeur renommé de science politique et de stratégie à lÉcole des Hautes Études Internationales [School of Advanced International Studies] de luniversité Johns Hopkins, considérée comme un creuset de la pensée néoconservatrice.Le néoconservatisme sest développé à la fin des années 60 et au début des années 70. La guerre des six jours entre Israël et les États arabes a été le tournant décisif, qui a retourné une grande partie de la gauche contre Israël alors que les pères du néoconservatisme demeuraient des avocats enthousiastes dIsraël. Le mouvement a gagné en influence aux États-Unis et au sein du Parti républicain. Son poids sest particulièrement fait sentir en politique étrangère. Lune de ses thèses fondamentales est limportance vitale dIsraël comme partenaire stratégique des USA. Cest lalliance Republikoud telle que définie par Nima Shirali, qui écrivait, en février 2003, que « les relations entre les États-Unis et lÉtat dIsraël confortent leurs stratégies respectives. Dans un sens, laide américaine est essentielle à la survie dIsraël. Dans lautre, cette assistance perpétue une alliance bénéfique pour les USA. Il est devenu clairement évident que la stratégie des Républicains accorde la priorité à laide militaire et économique à Israël, sans parvenir, jusquà présent, à en obtenir les concessions territoriales préalables à toute réconciliation [avec les Arabes] »
Certains estiment en effet que le simple refus de concessions territoriales, sans même parler du retrait des territoires de Cisjordanie conquis en 1967 exigé depuis longtemps par lONU, permet au Likoud dentraîner le Parti républicain dans un soutien toujours plus grand à un conflit militaire et technologique sans fin dont tant les dirigeants du Likoud que ceux du Grand Old Party tirent parti. Si lennemi (Iraq ou Iran) réussit à acquérir des technologies dangereuses, comme le nucléaire ou les biotechnologies, cela pourrait servir de prétexte à des raids ou des guerres préventives. Le refus de limiter effectivement le développement de telles armes est un autre point incontournable du bloc Republikoud : George Bush sest retiré dun grand nombre daccords internationaux pour le contrôle des technologies [militaires] et Israël a constamment refusé aux inspecteurs des Nations unies denquêter sur ses installations nucléaires supposées.
Ce point de vue est toutefois à relativiser car Israël jouit au Congrès américain du soutien des deux partis, républicain et démocrate, ainsi que de la grande majorité des citoyens.

Personnalités néoconservatrices
Les fondateurs du mouvement néoconservateur sont Irving Kristol (auteur en 1983 du livre Réflexions dun néoconservateur) et Norman Podhoretz, tous deux rédacteurs du Commentary Magazine. Les néoconservateurs qui comptent sur la scène politique américaine sont Paul Wolfowitz, Richard Perle, David Wurmser, William Kristol (fils dIrving Kristol), Elliot Abrams (gendre de Norman Podhoretz) et Douglas Feith.
Leo Strauss [1899-1973]
Certains néoconservateurs ont adopté lenseignement du philosophe Leo Strauss, un Allemand qui a fui le nazisme dans les années 30 pour finalement trouver refuge aux États-Unis et enseigner à luniversité de Chicago. Paul Wolfowitz se revendique lun dentre eux.
La philosophie de Strauss est controversée, comme contraire à la démocratie. Dans une étude pour Inter Press Service News Agency, Jim Lobe écrit :
Ce point de vue est cependant contredit par les idées socialement plus progressistes de nombres de néoconservateurs.
Michael Ledeen
La politique des néoconservateurs est aussi fortement influencée par Michael Ledeen. Ledeen a travaillé pour le Pentagone, le Département dÉtat et le Conseil national de sécurité : il fut aussi mêlé à la vente darmes à lIran dans laffaire de lIrangate, quil explique dans son livre Lart périlleux de gouverner : lIrangate vu de lintérieur. Voici ce quécrit William O. Beeman sur Michael Ledeen dans le Pacific News Service :
George Bush
Beaucoup de néoconservateurs se sont vu attribuer des postes importants au Département de la Défense sous la présidence de George W. Bush. Ils ont soutenu lidée dune guerre préventive contre lIraq en particulier, mais aussi contre plusieurs pays du Moyen-Orient (Iran, Syrie, Libye, Égypte, Arabie saoudite). Immédiatement après lattaque terroriste du 11 septembre, ils ont réitéré leurs appels à une action contre lIraq. Ladministration Bush choisit dattaquer dabord lAfghanistan, mais les néoconservateurs ont fini par lemporter.
Benjamin Netanyahou
Plusieurs néoconservateurs ont travaillé en étroite collaboration avec le parti israélien Likoud. Cest le cas, par exemple, de Perle, Feith et Wurmser. Ils sont les signataires de larticle programmatique de 1996 Sécuriser le sanctuaire : "Une rupture franche" pour le gouvernement Netanyahou, qui défendait entre autres, lidée dune guerre préventive contre lIraq. Le document défendait également la revendication dIsraël sur Gaza et la Cisjordanie et mettait en garde contre tout processus de paix.
Des différences idéologiques substantielles sont cependant apparues entre néoconservateurs, opposant les purs et durs comme Perle, Feith et Wurmser à de plus modérés tels que Wolfowitz, Cohen et dautres.
William Kristol
Le canal principal du mouvement néoconservateur est le Commentary Magazine, publication phare du Comité juif américain, une organisation centriste de Juifs américains. Dautres publications comprennent le Weekly Standard, présentement dirigé par William Kristol et appartenant à Rupert Murdoch. On peut aussi généralement faire confiance à la page éditoriale du Wall Street Journal pour refléter fidèlement les analyses des néoconservateurs.Mortimer Zuckerman
Les huiles du néoconservatisme sont aussi très présentes dans les colonnes de lhebdomadaire US News and World Report, qui appartient à Mortimer Zuckerman (qui préside également la Conférence des Présidents des Grandes Organisations Juives Américaines). Zuckerman nest pas lui-même un néoconservateur ; il est un important bailleur de fonds du Parti démocrate. La Conférence des Présidents est un organisme qui représente les organisations représentatives des Juifs américains.Organisations
Les laboratoires didées et les organisations liées aux néoconservateurs sont lAmerican Enterprise Institute (Institut américain de lEntreprise), le Project for the New American Century (Projet pour le nouveau siècle américain) et le Jewish Institute for National Security Affairs (Institut juif pour les questions de défense nationale).
Isolement
Lancien inspecteur en désarmement de lONU, Scott Ritter, qui sest révélé un opposant déterminé à la guerre dIraq, voit dans les néoconservateurs « des gens qui rejettent tout ce qui ne rentre pas dans leur cadre idéologique. » À la différence des conservateurs traditionnels, qui « sont capables découter des modérés, et au moins envisager dautres opinions, les néoconservateurs, explique-t-il, sont si profondément engagés dans leur idéologie quils ne considéreront rien dautre Pour être franc, ils ont sur lIraq un point de vue à part. »
Pour Ritter, « après que Bush ait échoué aux élections [intermédiaires] à rallier des démocrates et des modérés, il a dû sappuyer davantage sur sa base néoconservatrice, ce qui a donné tout dun coup un poids accru à des penseurs marginaux. Ces gens ne sont absolument pas représentatifs de la pensée américaine. Ils tiennent aujourdhui en main les rênes du pouvoir »
Pas reéllement "conservateurs"
Les néoconservateurs sont critiqués par beaucoup de conservateurs traditionnels, les "paléo conservateurs", et aussi par des conservateurs dextrême droite comme John F. McManus. Dans The New American, une publication de la John Birch Society, McManus définit les néoconservateurs comme des conservateurs socialistes, quil décrit comme « adversaires du communisme, mais partisans du socialisme et de linternationalisme. Léon Trotsky, complice autrefois révéré de Lénine, a peut-être été le premier néoconservateur, encore quon puisse aussi poser la question à propos de Karl Marx lui-même Les néoconservateurs défendent le New Deal, qui est du socialisme. Et ils méprisent lisolationnisme, ce qui signifie que Kristol et ses amis néoconservateurs sont des internationalistes. Dans un article de 1993 du Wall Street Journal, Kristol exprime son enthousiasme pour la sécurité sociale, laide médicale gratuite, laide alimentaire et même les aides financières pour les mères célibataires Ces néoconservateurs se sont emparés de laile conservatrice du Parti républicain. Et ils y sont parvenus à tel point que le vocable conservateurs est maintenant appliqué à des individus et des idées qui sont en fait progressistes (de gauche), socialistes et qui ne méritent en aucune façon le qualificatif de conservateurs. »
[..]
Bébés-faucons
Cest la désignation ironique dont ont été affublés les néoconservateurs les plus en vue.
Les néoconservateurs chinois
En République Populaire de Chine, le terme "néoconservateur" a un autre sens quaux États-Unis. Il y désigne une philosophie politique, apparue dans les années 90, qui considère toute révolution ou bouleversement dans les structures de lÉtat comme un danger. Ainsi, les néoconservateurs chinois soutiennent le gouvernement en place, même sils napprouvent pas la phraséologie révolutionnaire de lidéologie officielle. Il nest pas aisé de différencier cette attitude du support pur et simple à lÉtat policier.
La corruption
En ce qui concerne le détournement de la démocratie par divers procédés (financements électoraux, manipulations électorales, alliances contre nature) il se peut que les néoconservateurs des différents pays développés partagent plus ou moins la même attitude, garder le pouvoir par tous les moyens, car cest aussi sassurer la fortune. Comme la richesse est aussi ce qui permet de garder le pouvoir, lélite restreinte qui émerge est celle qui gère le mieux linteraction entre ces deux aspects. Il nest cependant pas exclu que ces critiques reposent sur de vieux préjugés antisémites qui subodorent partout des complots mettant en jeu les Juifs et largent.
Ceci souligne quand même une différence importante entre les néoconservateurs et les conservateurs au sens conventionnel : la place de la corruption. Alors que les conservateurs traditionnels sont très attentifs aux conflits dintérêt, aux codes éthiques et à lestime de leurs pairs, beaucoup de critiques de gauche ont souligné que les néoconservateurs américains et leurs correspondants israéliens sen moquaient complètement.
Ces partis ont connu plusieurs grands scandales dans ce domaine dans un passé récent, impliquant notamment Ariel Sharon et Dick Cheney, amenant certains à persifler que les néoconservateurs visent en fait à promouvoir une "kleptocratie".[...]
Il existe un groupe, les conservateurs contre Bush qui défie ouvertement les néoconservateurs de la Maison blanche auxquels ils dénient le titre de conservateurs.
NB : Une partie de cet article est inspirée de celui publié par Wikipedia
en.wikipedia.org/wiki/Neoconservatism_%28United_States%29
doù sont également tirées plusieurs illustrations.
NDLR
(1) Bien entendu, les trotskystes démentent avec véhémence cette filiation :
www.wsws.org/francais/News/2003/juin03/230503_neoconserteur.shtml
www.wsws.org/francais/News/2003/aout03/310703_Misikprt.shtml
Voir aussi (textes en français)
Europolitica, le site des néoconservateurs français
La République des idées : Internet, la "Toile" des néo-conservateurs, par Isabelle Albaret
La documentation française : Les néoconservateurs, par Jérôme Gallois
Une page sur Leo Strauss
Une page sur Shadia Drury
Voir aussi (textes en anglais)
American Enterprise Institute
Center for Security Policy
The Heritage Foundation
Jewish Institute for National Security Affairs
National Security Advisory Council
National Institute for Public Policy
Policy Review
Project for the New American Century
Êtes-vous un néoconservateur ? Quiz du Christian Science Monitor
War on terror manual for victory
Neoconservatism Online
Liens utiles (textes en anglais)
Les néoconservateurs vus par Ron Paul, un paléoconservateur
Christian Science Monitor les bâtisseurs dempire
Republikud : Complémentarité des politiques conservatrices des États-Unis et dIsraël, par Nima Shirali
Des conservateurs contre Bush
American conservative
Europolitica, le site des néoconservateurs français
La République des idées : Internet, la "Toile" des néo-conservateurs, par Isabelle Albaret
La documentation française : Les néoconservateurs, par Jérôme Gallois
Une page sur Leo Strauss
Une page sur Shadia Drury
Voir aussi (textes en anglais)
American Enterprise Institute
Center for Security Policy
The Heritage Foundation
Jewish Institute for National Security Affairs
National Security Advisory Council
National Institute for Public Policy
Policy Review
Project for the New American Century
Êtes-vous un néoconservateur ? Quiz du Christian Science Monitor
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Neoconservatism Online
Liens utiles (textes en anglais)
Les néoconservateurs vus par Ron Paul, un paléoconservateur
Christian Science Monitor les bâtisseurs dempire
Republikud : Complémentarité des politiques conservatrices des États-Unis et dIsraël, par Nima Shirali
Des conservateurs contre Bush
American conservative
© Disinfopedia et Wikipedia pour loriginal ; upjf.org pour la version française.
Mis à jour le 7 septembre 2004 sur le site www.upjf.org















