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Richard Perle sur l'Irak et l'anti-américanisme, Barry James
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Une interview de Richard Perle *, par Barry James

* Richard Perle est un conseiller influent du gouvernement américain.

La politique américaine de l'après Irak est en train de se dessiner; cette interview est importante, car elle nous donne les prémisses de cette politique. Albert Soued

http://www.iht.com/ihtsearch.php?id=92883&owner==(IHT)&date=20030413141823

International Herald Tribune

12 avril 2003

Traduction française d'Albert Soued **, révisée par M. Macina ***



A propos des menaces du XXIème siècle

Elles concernent essentiellement les actions terroristes et les actes potentiels de terreur utilisant les armes de destruction massive. Personne n'est désormais en butte, comme nous l'étions pendant la Guerre froide, à des actes d'agression par franchissement des frontières nationales.

La préoccupation actuelle est l'association d'organisations terroristes avec des États-voyous. Cela a donné naissance à une idée fondamentale sur la manière de répondre à cette menace, idée qui a été tournée en dérision. Cette idée essentielle est la guerre préventive.

Les mécanismes de sécurité collective des Nations-Unies sont inadéquats, et seule la possibilité de guerre préventive peut nous donner des chances raisonnables de faire face à ces menaces. Il n'est pas surprenant que ce ne soit pas bien compris, parce que nous voyons un changement radical dans la notion de sécurité globale.


L'Irak aujourd'hui, qui est le suivant ?

Si, par suivant, on veut dire : qui subira ensuite la 3ème division ou la 82ème division aéroportée? c'est une mauvaise question. Si la question posée est : qui présente une menace telle que les Etats-Unis soient obligés de trouver un moyen d'y répondre? la liste est bien connue. Ce sont l'Iran, la Corée du Nord, la Syrie, la Libye, et je pourrai continuer.

À propos de l'Irak et de l'Afghanistan, cela fait déjà deux fois que les Etats-Unis auront employé la force pour faire face à une menace que l'on ne pouvait gérer d'une autre manière. Donc, le message au suivant sur la liste est : faites en sorte que nous puissions gérer ces menaces d’une autre manière.

Evidemment, nous préférons toujours, et de loi, gérer les menaces par des moyens pacifiques. Et chacun des pays qui se trouve être le prochain sur la liste a la possibilité de mettre fin de manière pacifique à la menace qu’il représente. Donc, le message à la Syrie, à l'Iran, à la Corée du Nord, et à la Libye devrait être clair : si nous n'avons pas d’autre alternative, nous sommes prêts à faire ce qui est nécessaire pour défendre les Américains et d'autres. Mais cela ne signifie pas que nous préparons nos troupes à un engagement militaire imminent. Ce n’est pas le cas.


Sur le soutien étatique au terrorisme

Les sources potentielles de terrorisme ne peuvent pas être mises en danger de la même manière que l'État qui les héberge, parce qu'elles n'ont aucune infrastructure concrète permanente qui puisse être prise pour cible. C'est précisément la raison pour laquelle la politique américaine vise maintenant à empêcher toute caution d'un État à la terreur.

Le 11 septembre 2001, le Président a déclaré que nous ne distinguerions pas entre ceux qui ont commis ces actes et les États qui les hébergent. C'était un changement radical de toute notre politique antérieure; parce que, jusque-là, le terrorisme était considéré comme un acte d'anarchie qui pouvait être traité par les voies du renseignement et par l'application de la loi. les États qui hébergeaient des terroristes et qui, dans certains cas, les cautionnaient en fait, n'étaient pas tenus pour responsables. Et je suis d’avis que la situation a atteint des dimensions absurdes, dans le cas de l'attentat de Lockerbie, quand nous avons fait un procès conformément à la loi écossaise, pour poursuivre les individus qui avaient placé les explosifs dans l’avion, mais pas l'État qui avait commandité l'attentat.

Aussi, les événements du 11 septembre 2001ont changé tout cela, et la raison en est claire. Faute de pouvoir isoler les organisations terroristes des sanctuaires que leur offrent les États, nous aurions beaucoup de mal à en venir à bout. Nous comprenons aujourd’hui, contrairement à ce qui était le cas avant le 11 septembre 2001, l'ampleur des dégâts pouvant être causés par des terroristes, qui cherchent fébrilement à acquérir des armes de destruction massive.

Si certaines des organisations qui sont décidées à détruire ce pays pouvaient mettre la mains sur une arme nucléaire, il n'y a aucun doute qu'elles l’utiliseraient et la feraient exploser dans les villes les plus peuplées de ce pays, pour tuer le plus d'Américains possible. Quelle serait la réaction américaine si l’on découvrait que la Syrie cache des armes de destruction massive que lui auraient confiées l'Irak ? Si nous devions apprendre, par exemple, que la Syrie, avait pris possession d’armes irakiennes de destruction massive, je suis tout à fait sûr que nous devrions répondre à cette menace. Ce serait un acte d'une telle folie, de la part de la Syrie, que l'on peut se poser la question s'il serait possible de la raisonner. Mais je suppose que notre première approche serait de demander aux Syriens de mettre fin à la menace en rendant toutes les armes qu'ils pourraient détenir. Et si l’on ne parvenait pas leur faire entendre raison, je ne pense pas qu'on puisse exclure l’utilisation de toute une panoplie de moyens.


Les inspecteurs en désarmement de l'ONU devraient-ils retourner en Irak ?

Je ne le pense absolument pas. Les inspecteurs de l'ONU ont échoué; et ils ont échoué de façon catastrophique, no parce qu'ils n'ont pas trouvé ce qu'ils cherchaient, mais parce qu'ils n'étaient pas sincères dans leur capacité à trouver. Ce que Hans Blix aurait dû faire, quand la déclaration irakienne est arrivée le 7 décembre 2002, c'est d'annoncer qu'il n'y avait aucune raison que des inspecteurs retournent en Irak, parce que Saddam n'avait pas fourni l’information qu’il était du rôle des inspecteurs de vérifier.
Le rôle des inspecteurs n’a jamais été de parcourir le pays à la recherche d’armes cachées. Ils n'avaient pas les moyens de le faire. Ils étaient cent dans un pays de la taille de la France et du Portugal réunis. Hans Blix l'a parfaitement compris. Ce que Saddam était supposé livrer le 7 décembre, c’était un bilan, et les inspecteurs en étaient les auditeurs-vérificateurs; mais comme il n'y avait aucun bilan, ils auraient dû dire qu'il n'y avait rien à vérifier. Une grande confusion a été causée par le retour d’inspecteurs sur des sites dont nous savions qu'ils étaient déjà expurgés.


A propos des armes de destruction massive

Nous trouverons ces armes de destruction massive. Je n'ai aucun doute là-dessus. Toutefois, à moins de tomber dessus par hasard, nous ne les trouverons pas tant que nous serons incapables d’interroger les Irakiens qui savent où elles sont. On a toujours su que la clé pour découvrir où les armes avaient été cachées consistait à trouver les gens qui savaient. D’où l’exaspération provoquée, lors des négociations à propos de la résolution 1441, par le refus, opposé par Hans Blix, et les gouvernements français et russe, à la demande américaine d’interroger des scientifiques connus comme étant impliqués dans les programmes d'armement. Ces interrogatoires devaient être obligatoires et réalisés à l'extérieur du pays; les experts devaient partir avec leurs familles, car révéler l'information impliquait une condamnation à mort certaine. Saddam le savait et Hans Blix le savait. Et je suis sûr que Jacques Chirac et Vladimir Poutine le savaient également, et pourtant, ils se sont tous opposés au seul moyen qui pouvait mener à la découverte de ces armes (1).

Les Français ont appelé cela : enlèvement légalisé, ou : kidnaping légalisé. Ils en comprenaient l'importance, et si nous avons cédé sur ce point, c’est uniquement pour obtenir la résolution 1441, parce que nous ne pouvions pas obtenir un consensus sans renoncer à nos exigences concernant les inspections. Dans la foulée, nous avons cédé non seulement sur cette question mais sur une dizaine d'autres où la coalition des Français, des Russes et de Hans Blix avait pour seul but de diminuer les chances de succès des inspections.

Pourrais-je ajouter juste une note ironique ?
La perspective des inspections a eu pour effet de causer la délocalisation des armes interdites et leur dissimulation de manière à réduire au minimum le risque de leur découverte. A mon avis, on découvrira que tout cela été enfoui sous terre dans un environnement peu accessible. Étant donné la rapidité de l'avance de la coalition, ces initiatives individuelles de dissimulation peuvent avoir empêché [les Irakiens] de retrouver et d’utiliser à temps ces armes. Mais ce serait une insulte d'envoyer à nouveau Hans Blix sur les lieux.


Les Etats-Unis sont-ils condamnés à poursuivre seuls cette politique de guerre préventive ?

Je pense que nous devrions commencer par essayer de restructurer les Nations-Unies. C'est une institution fondée au lendemain d’un grand événement [la Seconde Guerre mondiale] et entièrement empreinte de la mémoire directe de cet événement. Il serait exceptionnel qu'une organisation constituée de cette manière fonctionne encore efficacement 60 ans plus tard, sans changement, dans un monde entièrement différent. Et de plus, il n'y eut aucun changement dans la charte des Nations-Unies depuis que cet organisation a été fondée. Ce n'est pas une constitution vivante comme la constitution américaine, que l’on peut interpréter pour qu’elle s’adapte aux réalités de l’époque.
L'ONU a besoin d'une nouvelle charte, et le changement essentiel devrait consister à reconnaître les dangers qui se produisent quand un territoire national est utilisé comme base de soutien, ou comme sanctuaire d'organisations terroristes, et en particulier quand cette menace met en jeu des armes de destruction massive.

Il n'y a rien, dans la charte actuelle de l'ONU, qui autorise la prévention collective. Cela doit changer si l'ONU veut être efficace et crédible. Cela soulagerait les Etats-Unis du poids d'avoir à agir seuls.

Je pense que la nouvelle charte pourrait dire que le danger terroriste est un danger pour toute l'humanité. Ce ne sont n'est pas seulement les guerres, au cours desquelles on franchit les frontières nationales, qui constituent une menace envers la communauté internationale, et nous devons rendre légitime le droit collectif des nations à prendre des mesures contre des États qui hébergent des terroristes. Je pense que si ce droit existait et que l'ONU était correctement reconfigurée, cela découragerait le soutien accordé au terrorisme d’une manière qui constituerait une évolution très saine.

Il est intéressant de noter que, aussitôt après les événements du 11 septembre 2001, l'ambassadeur français aux Nations Unies, David Levitt, a dit quelque chose de très proche de ce que j’affirme. Mais ce n'était pas quelque chose de permanent, ni d’intégré dans la structure des Nations-Unies, et l’énoncé en était plutôt limité. Mais c'était un acte intelligent et presque héroïque de la diplomatie française, probablement le dernier dont nous avons été témoins. En fait c'est le seul que nous ayons vu!


Pourquoi pensez-vous que vous êtes diabolisé par la presse française et certains secteurs de l'établissement politique en France ?

J’aime à penser que c'est parce que certains de mes arguments atteignent leur but, et surtout, j’aime à penser qu’il y a des millions des Français qui, au fond d'eux-mêmes, ne sont pas d'accord avec la politique du gouvernement français, qui s'est opposé au changement de régime en Irak, alors même qu’il s’agit d’une tyrannie sadique et brutale.

Les Français que je connais doivent être horrifiés d'être associés à Saddam Hussein. Il est possible, je pense, que l’avis de certains est qu’il n’est pas souhaitable que leurs compatriotes entendent ce message. Il y a un autre facteur attristant, c'est que le Président Chirac et quelques autres essayent de construire l'Europe en opposition avec les Etats-Unis. J'ai vivement recommandé à mes compatriotes Américains de voir les choses telles qu'elles sont et de mettre en oeuvre une stratégie en conséquence. La France et les Etats-Unis peuvent-ils se réconcilier ? J'ai des doutes sur le fait que ce gouvernement français en soit capable. Il ne s’agit pas seulement du Ministre des Affaires Etrangères, Dominique de Villepin, bien qu'il ait exprimé, comme tout bon adversaire des Etats-Unis, la profondeur de son opposition envers nous et envers tout ce que nous faisons.

Même aujourd'hui, il y a des signes indiquant que la France oeuvre pour transformer le prochain G8 en un forum anti-américain. Même après que la guerre d'Irak ait commencé, la France est sortie de sa réserve pour entraver le progrès, couronné de succès, de la guerre; et nous avons tous été témoins de ce que De Villepin refusait de dire quel camp il voulait voir gagner. Quand le gouvernement et l'opposition sont d'accord entre eux sur une seule chose, à savoir qu’ils ne sont pas sûrs de ne pas vouloir que Saddam Hussein gagne, c’est un développement choquant, et les Américains ont été choqués. Ce qu'on appelle "Frites de la Liberté" et tout le reste est un sentiment profondément ancré aujourd'hui. Je crains que ce ne soit pas quelque chose que l'on puisse facilement rapiécer ni traiter simplement à la manière diplomatie habituelle, car le sentiment de déception, est profondément ressenti.


Y a-t-il également un problème avec l'Allemagne ?

La tendance pacifiste en Allemagne est un problème sérieux, mais elle diffère de la situation française, parce qu'il n'y a pas le même désir de construire l'Europe en opposition avec les Etats-Unis et il y a plus de chances de réconciliation.

Si j'ai raison de croire que la politique française a pour but délibéré de diminuer l'influence des Etats-Unis dans le monde, et particulièrement en Europe, alors, nous sommes en présence d’un joli conflit direct d'intérêts, au moins pour le futur proche.
Le cas allemand est différent. Quand cette guerre sera terminée, les Allemands, comme le reste du monde, pourront évaluer ce qui a été fait et il y aura un changement d’opinion à son propos.

Des gens ont dit que des milliers de civils seraient tués, que nous allions en Irak pour des motifs indignes - le pétrole, le pouvoir et l'ambition impérialiste - et que nous resterions pour dominer le pays, que ce n'était pas une guerre de libération.

Eh bien, rien de plus convaincant que de voie la réaction des Irakiens à leur libération. Ces gens nous verront partir. Le pétrole restera au peuple irakien, et nous allons laisser quelque chose de décent derrière nous; et je voudrais croire qu'en voyant cela, les peuples tireront les conclusions qui s’imposent. Cela prendra du temps. Je pense que même les Français le verront cela et tireront les conclusions qui conviennent.


Quelles obligations les Etats-Unis ont-ils en Irak ?

Je pense que nous avons une obligation de faire ce que nous avons dit que nous ferions – nous assurer que le pays est libéré, pour que les Irakiens soient à même d’être dirigés par un gouvernement décent, humain et représentatif.

La démocratie n'est pas du Nescafé. Vous ne pouvez pas seulement ajouter de l'eau. Ce que nous pouvons faire c'est fournir un environnement sûr dans lequel un processus politique peut commencer en Irak, processus qui doit mener à des institutions politiques pluralistes et, je l'espère beaucoup, démocratiques. Nous pouvons aider à la reconstruction du pays bien que peu de dégâts aient été causés par cette guerre; ce n'est pas Dresde.

Quelqu'un m'a demandé l'autre jour : "Qui va reconstruire tout ce qui a été détruit ?" J'ai répondu en demandant, "Devons-nous commencer par reconstruire le quartier général de la police secrète ?" Nous avons détruit des installations essentiellement militaires de commandement et de contrôle.

Il y a eu quelques dégâts non voulus, mais très peu, et les gisements de pétrole, les raffineries et l'infrastructure sont intacts, les ponts sont intacts. Ce fut une guerre intelligemment conduite et elle a été menée en ayant en vue ce qui resterait quand elle serait terminée. Nous avons fait le maximum pour éviter les destructions qui réduiraient le potentiel du peuple irakien. Nous avons l’obligation morale de laisser ce pays dans un meilleur état que celui où nous l'avons trouvé, et nous allons le faire, je suis sûr que nous allons le faire.


Quelle sera la forme de l'Irak dans l'avenir ?

Étant donné la répartition entre Kurdes, Shiites et Sunnites, je pense qu'une structure fédérale est la plus appropriée. Il y a un fort désir de maintenir un Irak homogène, pour des raisons internationales aussi bien que des nationales. Je pense qu'ils finiront par adopter une structure fédérale.


Y a-t-il un danger d’invasion turque ?

Je ne crois pas que les Turcs feront mouvement dans le nord de l’Irak et je n'ai jamais pensé qu'ils le feraient, sauf pour se mettre en posture de défense, au cas où les choses tourneraient mal. Par 'tourner mal' les Turcs entendent l’émergence d’une entité séparatiste quelle qu’elle soit. Les choses ont été tout le temps été bien claires sur cette question entre les Turcs et nous. Je ne pouvais imaginer la Turquie s’emparant d’un territoire irakien.


Est-ce que Arabie Saoudite est un problème ?

Nous avons évidemment un problème sérieux avec les Saoudiens parce qu'ils ont financé des institutions extrémistes et de véritables terroristes dans le monde entier, et ce n'est pas seulement le cas de riches Saoudiens. Le gouvernement est impliqué. Cela constitue une menace si évidente envers les Etats-Unis, qu'il est intolérable qu'ils continuent à le faire. Ils sont peut- être en train de découvrir que cela est contraire à leur intérêt à long terme.

Quels que soient les avantages obtenus en payant les extrémistes qui pourraient constituer une menace pour eux, le résultat net de cette politique a été de créer un monstre extrémiste qu'ils ne peuvent plus contrôler. J'espère qu'ils reconsidèreront cette politique et qu'ils prendront les mesures appropriées pour mettre fin à cela et vite. Après tout, la première cible de Ben Laden était la famille royale d'Arabie Saoudite. Il l'a dit très clairement.


Concernant la feuille de route pour la paix

Je pense que c'est une grande erreur de croire que, maintenant que cette guerre est bientôt finie, nous devons lancer une initiative auprès des Israéliens et des Palestiniens, d’une manière qui donnerait à penser que nous avons causé un préjudice au monde arabe et qu’à présent, nous devons réparer ces dégâts par quelque acte de contrition qui consisterait à soutenir le processus de paix. Il y a de très bonnes raisons pour soutenir le processus de paix, mais la contrition n’en fait pas partie. Le sentiment que, d’une certaine manière, nous devons cela au monde arabe ne fait qu’amoindrir la vérité essentielle de ce que nous avons fait en Irak. Nous n'avons pas endommagé les intérêts arabes. Nous les avons fait progressez en libérant 25 millions de personnes de cette dictature brutale.


Le monde est-il plus sûr suite à la guerre en Irak ?

Je n'ai aucun doute sur le fait que le monde soit plus sûr aujourd'hui qu'il y a un mois. Et quant à l'idée que la libération de l'Irak allait engendrer des terroristes partout dans le monde musulman, je pense qu'elle s’avérera fausse, et que les Irakiens eux-mêmes prouveront qu'elle est fausse.

Nous sommes sur le point d'apprendre à quoi ressemblait la vie sous Saddam Hussein. Même dans le monde dur où nous vivons, les gens vont être choqués de la dépravation et du sadisme du régime de Saddam. Je refuse de croire que quand cela aura été exposé au grand jour, il y aura des Arabes qui définiront leur hostilité à l'égard des Etats-Unis, comme étant le résultat de ce que nous avons fait en Irak.

Il y a beaucoup d'hostilité à l'égard des Etats-Unis et elle mérite qu'on l'analyse, bien que je ne sois pas sûr que l'on puisse y faire grand chose. Mais je ne crois pas que cette hostilité découlera de cette action de libération. Au contraire, elle est susceptible de faire réfléchir sérieusement les Musulmans et les Arabes réfléchis.


© International Herald Tribune pour l’original anglais et Albert Soued et upjf.org pour la version française

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** Albert Soued est écrivain www.chez.com/soue/conf.htm
Voir aussi le site de la réflexion politique www.nuitdorient.com

*** [La traduction française a été soigneusement revue et corrigée par la Rédaction de upjf.org – Cette révision ne retire rien au mérite de M. Soued qui a réalisé, avec sa célérité et sa dédication habituelles, une première traduction, que je n’avais pas le temps de réaliser, et qu’il m’a été d’autant plus agréable d’améliorer que l’essentiel du travail était déjà accompli. M. Macina.]
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