Vous êtes :
Accueil » International» Etats-Unis
Etats-Unis
La fissure Amérique-Europe et les Juifs, par Herb Keinon
Israelinformatie.tripod.com/europa_vs.html11 février 2003
Traduction française par Menahem Macina pour reinfo-israel.com
Une approche spécifiquement juive de l’actuel désaccord entre les Etats-Unis, la France et l'Allemagne, sur la manière de traiter l'Irak, se concentre sur la crainte qu'Israël n’en pâtisse, en fin de compte.
Ou, comme Menachem Begin l’aurait dit avec esprit : "Quand les non-Juifs discutent avec d’autres non-Juifs sur la manière de combattre des non-Juifs, en fin de compte ce sont les juifs qui trinquent."(Qu’on se rappelle le propos qu’aurait émis Begin à propos de Sabra et Shatilla : "Des non-Juifs tuent des non-Juifs, et ce sont les Juifs que l’on vient pendre.")
Paranoïa? Peut-être. Mais il y a un courant de pensée, dans certains cercles diplomatiques, qui estime que la tension entre les Etats-Unis et la "Vieille" Europe, à propos de l’Irak, ne présage rien de bon pour Israël.
Selon cette ligne de raisonnement, les Américains et les Français et les Allemands n’ont pas l’intention de voir leurs guêtres traîner en Irak indéfiniment et donner le ton à tout. Une telle situation ne sert les intérêts de personne. Les deux parties comprennent les attentes du monde, et voudront renouer la coopération, une fois la situation irakienne résolue.
Et quelle meilleure manière d’améliorer les choses que de s’occuper du conflit israélo-palestinien?
Notre conflit correspond aux attentes parce qu'il y a un mécanisme en place par lequel cette coopération permettrait de finaliser le Quartet, composé des Etats-Unis, de l'Union Européenne, de l'ONU, et de la Russie. Si les Etats-Unis et la "Vieille" Europe veulent se rabibocher, ce serait le forum idéal. Une telle reprise du dialogue, par exemple, pourrait prendre la forme d’une acceptation par les Etats-Unis de la version européenne de la feuille de route.
Le principe qui est à la base de la création du Quartet était de présenter un front commun aux parties en conflit, de sorte que ni les Palestiniens ni les Israéliens ne puissent adresser leurs plaintes à qui que ce soit d’autre, puisque la communauté internationale aurait une position unifiée.
Ni l'une ni l’autre parties ne pourraient jouer les Européens contre les Américains, ou vice versa.
C'est exactement le genre de front que les Etats-Unis veulent montrer à l'Irak, mais la France et l’Allemagne ont empêché de le réaliser. Mais les deux parties peuvent très bien vouloir prouver, après l’éviction de Saddam Hussein, que le front peut encore être reconstitué concernant d'autres questions internationales majeures.
Ceci, couplé au besoin, qu’ont les Etats-Unis, de montrer aux Arabes, après l'Irak, qu'il ne sont pas contre eux, peut les mener à s’aligner sur les Européens concernant la feuille de route, contre ce que le Premier Ministre Ariel Sharon a défini comme étant les intérêts d'Israël.
Mais ce n'est pas la seule manière de voir la fissure actuelle entre les Etats-Unis et la "Vieille" Europe. Tout le monde ne croit pas que les problèmes actuels entre l'Europe et les Etats-Unis sont mauvais pour les juifs.
Un autre courant de pensée estime que la fissure est beaucoup plus profonde qu'il n’y paraît, et ne concerne pas seulement l'Irak.
Comme l’a dit l'ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Zalman Shoval, "les Etats-Unis pensent globalement, ils considèrent leur position dans le monde et la nécessité de préserver la liberté dans le monde. L'Europe est guidée par des intérêts personnels eurocentriques."
Shoval affirme que cette différence a été évidente pour les Israéliens depuis des années, en comparant les positions américaines et européennes à l’égard d'Israël.
Selon cette école de pensée, la position de la France et de l'Allemagne, qui n’ont été d’aucun secours face à la menace irakienne, et la tentative de remodeler le Moyen-Orient aura des répercussions sur le rôle possible qu'elles sont susceptibles de jouer dans le processus diplomatique israélo-palestinien.
L'entêtement de la France et de l'Allemagne à propos de l’Irak pourrait donner aux Américains le sentiment qu’il ne faudra pas les associer à ce processus. Les Etats-Unis se sentiront peu d’obligations envers des alliés qui les laissent tomber.
Selon ce scénario, les Etats-Unis, diront probablement à la "Vieille" Europe : "Puisque vous jouez une rôle inutile vis-à-vis de l’Irak, une matière d'importance primordiale, pourquoi vous laisserions-nous jouer un rôle dans le traitement d’une autre matière d'importance majeure, au Moyen-Orient : le conflit israélo-palestinien?" Dans cette optique, le Quartet ne serait probablement pas dissous, mais l’initiative des décisions passerait, de façon encore plus prédominante, sous la coupe des Etats-Unis.
Toutefois, la tension entre les Américains et les Européens pourrait aussi avoir une conséquence en sens inverse, à savoir : que les Européens snobent les Etats-Unis en disant que si les Américains choisissent d'agir indépendamment concernant l'Irak, eux [les Européens] feront, de manière indépendante, leurs propres plans concernant le Moyen-Orient et essayeront de faire avancer les choses à leur manière propre.
Quel que soit le courant de pensée auquel on se rattache, il est clair que l’inimitié entre Washington et certaines capitales européennes aura des répercussions sur les processus diplomatiques en Israël.
Herb Keinon
© Israel Informatie, pour l’original anglais.
© reinfo-israel.com, pour la traduction française.











