Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
Vous êtes : Accueil » International» Etats-Unis
Etats-Unis
Le choix de la France, par Jose M Gonzales *
Imprimer    Envoyer à un ami 

mardi, 11 février 2003


L’histoire peut sans doute se réécrire, encore faut-il que la mémoire vivante ait succombé et n’ait laissé qu’aux livres de ceux d’après, le soin d’écrire ce que fut le temps d’avant. Mais ceux qui voudraient changer nos esprits et nous convaincre que ce que ce qui a été, n’avait que semblé l’être sans qu’il fût réellement, aujourd’hui dominent le monde de leurs interprétations fallacieuses, de leurs mensonges et de cette lâche infamie qui les pousse à manipuler quand la vérité leur est contraire.

Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour je puisse user de ces mots qui me font si mal: je ressens un terrible sentiment de honte quand je vois ce qu’est devenu ce pays qui fut le mien, avant de n’être plus que cela, que ce qu’il est, ces derniers jours, comme une blessure profonde en moi, qui salit tout, et fait saigner ma mémoire.

Je ne suis pas d’ici, certes, et, pour tout dire, je ne l’avais pas ressenti avant ce jour. Il m’avait donc fallu toute une vie d’illusions, ou presque, pour me sentir, en un instant, étranger à ce que je croyais être ma terre et qui ne l’a peut être jamais été tout à fait. En effet, en ces temps, le choix de la France non seulement n’est pas le mien, mais il touche à l’essentiel d’un équilibre que j’avais cru inné, naturel, évident. Le présent contre le passé, cette France haineuse contre mon passé et mon sang, ma terre, mon continent natal.

Je suis de l’autre continent, donc, de cette terre maudite que les dieux sont appelés à bénir à chaque moment de ces autres vies qui se passent là-bas, si étrangères aux miennes, si lointaines, et dont je partage pourtant, aujourd’hui, la solitude ; en ces temps où le mensonge, la lâcheté et la traîtrise sont les maîtres de votre impuissance et de vos discours. Je ne suis qu’un pro-Américain, dites-vous, parce que je dis simplement que c’est bien l’Amérique qu’on a frappée le 11 septembre, après avoir refusé la paix à Camp David, et que l’Irak n’est qu’une étape, préalable aux autres, du processus de défense et de lutte contre l’islamo-terrorisme, qu’elle oppose en réaction à cette agression sauvage dont New-York fut le théâtre.

Pro-Américain: si vous saviez comme je suis bien plus que cela. Si vous pouviez imaginer, comme moi je sais, ce que l’avenir nous réserve à tous. Vous trembleriez comme je m’apaise et me donne au temps qui me laisse tant de temps pour vivre encore, au vent des mots d’ailleurs et de leur espérance messianique.

C’est comme si je pouvais traverser l’océan, et toucher le ciel du bout de mes doigts, plus haut que les tours qu’ils ont abattues et qui se relèveront bientôt, plus belles et remplies de lumière. On n’abat pas les rêves: on ne tue que des vies, mais pas la vie elle-même, ni l’espérance qui la fait "être".

Le lien s’est rompu. Sans douleur, je regarde la rive s’estomper, disparaître peu à peu, à chaque ligne écrite avec ces mots. La musique est belle et je me nourris de ce vent venu de l’ouest, Ce vent que vous n’aimez généralement pas, doux et humide, comme une nuit d’amour où les amants se quittent, une dernière fois. Je ne sais que trop bien que vous êtes d’ici et que je suis d’ailleurs: vous me l’avez tant dit, ces derniers mois. Je sais qu’au fond, nous ne sommes pas, nous n’avons jamais été, et jamais nous ne serons d’un même écho. Je ne suis pas triste, juste mélancolique, puisque l’histoire se termine, simplement.

Oh ! bien sur, direz-vous, notre amitié ne peut pas être morte. Nous resterons sûrement amis, et mon amitié vous importe tant, que rien ne saurait être plus important à votre cœur que de la garder près de vous. Parce que vous croyez en cette amitié, vous pouvez l’éprouver durement, l’insulter même, comme vous le faites chaque jour de ces temps difficiles : de deuil pour nous, de parade pour vous, de Beyrouth à New-York, certain qu’elle ne rompra pas, cette amitié qui nous unit depuis si longtemps, dites-vous encore. Comme si vous y croyiez du plus profond de vous. N’avez vous pas pleuré, le 11 septembre ? Ne vous êtes vous pas dit «Américain», le 12 ? n’êtes-vous pas venu survoler les ruines de nos illusions d’antan, en hélicoptère ?

Si vous saviez comme vos mots ne me touchent plus, comme je ne les crois plus, et comme je sais deviner, derrière chacun d’eux, votre vrai visage, votre mensonge et votre perfidie. Il y a longtemps que votre regard s’est détourné vers le sud, vers l’orient, comme unique horizon de votre déclin et de vos rêves de grandeur déchus. Mais, sachez bien que vous n’êtes rien. Vous avez été de ces amours inoubliables, de ces maîtresses qui marquent toute une vie. Mais, aujourd’hui, vous n’êtes rien. Bien moins que ça même.

Vieille femme, vieille France, je vous regarde faire le deuil de vous-même dans la rancœur et le mépris de vos amitiés et de votre propre histoire, crachant même sur ce baptême civil de 1905, que vous voudriez bien aujourd’hui défaire, pour vous offrir à vos nouveaux soupirants. Que vos mots sont beaux, pourtant, si beaux encore, même sans la splendeur d’autrefois, je ne peux m’empêcher d’écrire dans votre langue, si belle, si expressive, comme un legs universel, le plus beau des joyaux laissé au monde, qui grandit sans vous et vous regarde succomber dans cet ultime sursaut d’orgueil, avec ce dernier amant qui vous entraîne dans sa chute névrotique.

France, permettez moi de dire votre nom, encore une fois, je vous ai trouvée si belle, et vous l’étiez plus que je ne saurai jamais le dire. Plus belle encore que ma propre terre. Oh ! Dieu sait - s’il existe, lui seul sait - combien je vous ai aimée et combien j’ai souffert de devoir vous perdre à cause de ce gigolo qui vous tourne la tête par ses tromperies et ses formules fallacieuses.

Je vais vous quitter bientôt. Il est déjà tard, le temps passe plus vite qu’on ne le croit au début. Je voudrais encore vous dire tout le bien et la peine que je ressentirai encore longtemps, quand je parlerai de vous sous cet autre ciel vers lequel je me tourne désormais. Il n’est d’adieu pire que celui-là.
Dans tes jardins repose mon père. Je garderai ce nom que l’on m’a donné quand je fus adopté ici, qui est celui d’un homme mort pour votre liberté dans un de ces camps allemands, où vivre était le pire des châtiments.
Mais qui se soucie encore de cela, de nos jours ? Puisque, France, vous avez renoncé à vous battre, sans doute l’âge venant, vous vous résignez à la nuit qui revient du plus profond des années 30. Plutôt l’Islam de France que Mac Donald, plutôt palestinienne qu’israélienne, plutôt arabe que juive en somme, plutôt irakienne qu’américaine donc...

Votre avenir m’apparaît sombre. Je ne pourrai vous empêcher de vous laisser mourir. Je garderai le silence dans chaque pleur, quand vous vous éteindrez. Je vous ai tant aimée, France. Laissez moi vous le dire encore, une dernière fois: Vive la République !

Jose M Gonzales



© 2003 Revue-politique

World wild web consortium
Moteur de recherche google
Search Engine google
Search Engine Yahoo
Moteur de recherche Yahoo
Moteur de recherche voila
GUYSEN ISRAEL News
AC-Medias.org
Agence Juive pour Israël
Alexandre Del Valle (site)
Aliya (Fondation Leavi)
Ambassade d'Israël en France
Ambassade d'Israël en Belgique
Amitiés Québec-Israël
Antisémitisme.info
Aroutz7
Belsef
Calendrier juif
Chrétiens et juifs
CID-Info
Communauté online
Connec'Sion.com
Conscience Politique
Consistoire de Paris
Coordination Lutte antisémitisme
CRIF
Desinfos.com
Die Jüdische (en allemand)
Europolitica
Facts of Israel (bilingue)
Famous Jews
France-Israël
Franceisrael.info
Guysen
Hébreu (Morim)
Hebreunet.org
Histoire juive
Infoweb-J
Honestreporting
Israel Hasbarah Committee
Israël Magazine (fr)
Isranews.com
IsraTV
Jerusalem Post (français)
JTA
Judeoscope (Québec)
KKL
Laïc-info
Lutte contre le négationnisme
MediaLine
MEMRI (presse arabe traduite)
Middle East sites
Ministère israélien de l'Aliyah
Myths and facts
Négation de la Shoah
Objectif Information
Observatoire Médias Palestiniens
Palestine Facts
Palestinian Medias Watch (PMW)
Presse mondiale sur le Web
Primo-Europe
Proche-orient.info
Révisionisme démasqué
Shalom Israël
Sionisme (un siècle de)
Tsahal en anglais
UEJF
Un écho d'Israël
UNIFAN, portail de l'alyah francophone
Valeurs actuelles