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Terrorisme
36ème anniversaire de l’assassinat de onze athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich de 1972
5 septembre 1972 – 5 septembre 2008. 36 ans séparent ces deux dates. Le site "Un écho d’Israël", a raison de reprendre le texte qui suit, du site Hérodote. Il nous rappelle ainsi ce triste anniversaire, qui illustre, si besoin est, que la haine d’Israël et des Juifs est plus que jamais vivace et irrédentiste. (Menahem Macina).
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05/09/08

Titre Original (sur le site "Hérodote") : "5 septembre 1972 : les Jeux Olympiques de Munich endeuillés".

Texte repris par "Un écho d'Israël".

 


Les onze assassinés de Munich, 5 septembre 1972 (photo ajoutée par upjf.org)


Les Allemands, en 1972, attendaient des Jeux Olympiques de Munich qu’ils effacent le triste souvenir des Jeux de Berlin (1936), présidés par Hitler. Las, la fête allait être ternie par un attentat sans précédent, lequel allait faire passer au premier plan de la scène internationale les revendications des Palestiniens en exil.

 

Un commando prêt à tout

Une semaine après le début des Jeux Olympiques de Munich, le 5 septembre 1972, à quatre heures du matin, huit hommes armés s’infiltrent dans le village olympique. Ils gagnent le bloc 31 où dort la délégation israélienne et pénètrent en force dans les appartements.

Sur les quinze sportifs présents, deux sont tués en tentant de résister aux intrus, un troisième arrive à s’enfuir en arrachant une fenêtre, un quatrième s’échappera un peu plus tard. Restent onze otages aux mains du commando.

Au réveil, le monde abasourdi découvre sur les écrans de télévision deux réalités avec lesquelles il va devoir apprendre à vivre, le terrorisme et la Palestine.

Le chef du commando communique à un agent de police un texte revendicatif. On apprend comme cela qu’il se réclame d’un groupe terroriste palestinien appelé « Septembre Noir ». Ce nom fait référence au massacre par le roi Hussein de Jordanie des groupes armés palestiniens présents sur son territoire en septembre 1970.

Sortir de l’oubli

Le drame de Munich, qui mêle Israël, Palestine et Jordanie, nous renvoie aux racines du mal. Tout commence en novembre 1918, quand, après la défaite et le démembrement de l’empire turc, les Arabes du Proche-Orient recouvrent une indépendance qu’ils avaient perdue depuis... près de mille ans.

Ils espèrent se relever de cette longue humiliation avec le concours de leurs sauveurs, Anglo-Saxons et Français. Mais les vainqueurs de la Grande Guerre préfèrent se partager le Moyen-Orient. Aux Français, la Syrie et le Liban, aux Anglais, l’Irak et la Palestine... Qui plus est, par la déclaration Balfour, ils légitiment l’implantation d’un « foyer national juif » en Palestine.

En dépit de ces déconvenues, les élites arabes, tant chrétiennes que musulmanes, se montrent avides de rattraper le temps perdu en expérimentant soit la démocratie à l’occidentale, soit le socialisme façon soviétique. Mais la Seconde Guerre mondiale, l’indépendance d’Israël (1948) et les rivalités entre Arabes eux-mêmes ont raison de leurs espoirs.

Quand éclate la Guerre des Six jours, en 1967, les Occidentaux, droite et gauche réunies, vibrent en faveur du petit Israël confronté à la coalition arrogante des pays arabes. Il n’y a guère que le général de Gaulle, président de la République française, pour faire entendre une musique différente. Il annonce un embargo contre Israël et qualifie ce pays en janvier 1969 de... « peuple juif, peuple d’élite, sûr de lui et dominateur ». Dur à avaler de la part d’un leader occidental qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et après, n’a jamais eu un mot de compassion pour les victimes de la Shoah !

Les Palestiniens, que leurs « frères » arabes maintiennent dans des camps quand ils ne les massacrent pas comme le roi Hussein, se sentent seuls et désemparés. C’est comme ça qu’un chrétien de Palestine, Georges Habache, opposant de Yasser Arafat, préconise le terrorisme. Il a le douteux honneur de lancer les premiers attentats contre des cibles civiles. Lui-même se veut proche du raïs égyptien Gamal Abdel Nasser. Il se dit révolutionnaire et marxiste-léniniste, partisan de l’unité arabe (notons qu’aucun progressiste arabe ne s’occupe, à cette époque, de religion ; l’islam est jugé rétrograde et inopérant).

Les guerres de clans et les attentats occasionnels, comme ceux de Georges Habache, tendent à discréditer la cause palestinienne. C’est dans ce contexte que survient l’attentat de Munich.

Sauver les Jeux

Le Comité international olympique, dans la tradition de Pierre de Coubertin, se veut apolitique. Dès l’annonce de l’attentat, son président presse les autorités allemandes d’entraîner les ravisseurs et leurs otages hors de l’enceinte olympique. Il n’a qu’une obsession : faire en sorte que les Jeux reprennent au plus vite. Le reste l’indiffère.

Le chancelier allemand Willy Brandt est consterné et embarrassé. Du fait du fédéralisme, la police revient au Land de Bavière qui n’a manifestement aucune compétence pour gérer une prise d’otages. Les autorités allemandes n’en gardent pas moins leur fierté et refusent la proposition de Tel Aviv d’envoyer sur place des tireurs d’élite israéliens.

A la hâte, on négocie avec les terroristes leur départ pour l’Égypte. Dès la nuit suivante est organisé le transfert en hélicoptère des terroristes et des Israéliens à l’aéroport. Quand les deux hélicoptères arrivent sur le tarmac, la police, qui a posté des tireurs volontaires en différents endroits, ne sait pas encore à combien de terroristes elle a affaire ! On est en pleine improvisation.

Le drame éclate au cours de l’assaut mené par la police munichoise avec une incroyable maladresse. Trois terroristes sur les huit sont immédiatement abattus. Les autres, se voyant assaillis, ont le temps de jeter une grenade dans un hélicoptère et de tirer dans le second où sont attachés leurs prisonniers. Tous sont tués. Un policier allemand meurt aussi au cours des échanges de tirs. Trois terroristes survivants restent aux mains des policiers.

Comme on n’en est pas à une bourde près, le gouvernement allemand annonce, à minuit 30, sur la foi de mauvaises informations, que tous les otages ont été libérés, avant de démentir une demi-heure plus tard.

Deux jours plus tard, le gouvernement israélien dirigé par Golda Meïr ordonne une attaque aérienne de représailles contre des bases palestiniennes en Syrie et au Liban. 70 morts. Entre temps, les Jeux ont bien sûr repris.

Se sortir du guêpier

Le drame ne s’arrête pas là. Comme s’il ne lui suffisait pas d’avoir échoué à protéger les athlètes, le gouvernement allemand craint d’avoir à juger et condamner les trois terroristes survivants, avec le risque de représailles que cela peut entraîner de la part de leurs complices.

La solution est vite trouvée. Le 29 octobre 1972, un Boeing 727 de la Lufthansa est détourné par trois membres de Septembre Noir après son décollage de Beyrouth. Les terroristes exigent une rançon et... la libération de leurs trois collègues de Munich ! Sitôt dit, sitôt fait. L’avion est autorisé à atterrir à Munich et à en repartir avec les trois terroristes en direction de la Libye. On note que les passagers de l’avion n’étaient qu’une poignée, exclusivement des hommes jeunes... Pour les observateurs, il ne fait guère de doute que le détournement a été concerté par les Allemands et les Palestiniens pour permettre aux premiers de se débarrasser de leurs encombrants prisonniers.

Ainsi que Steven Spielberg le rappelle dans le film, Munich, qui ne restera pas comme le plus grand de sa carrière cinématographique, Israël n’aura de cesse que les trois terroristes survivants soient éliminés. (voir : l’opération « Printemps des jeunes ») Ses agents secrets arriveront à en tuer deux. Le troisième survit quelque part en Afrique.

La prise d’otages de Munich marque le commencement de l’agitation palestinienne et du terrorisme moyen-oriental, lequel culminera avec la destruction des tours jumelles de New York et du Pentagone le 11 septembre 2001.

Avec l’aimable autorisation du site Herodote.net, que nous recommandons chaleureusement à nos lecteurs.

 

André Larané

 

© Hérodote

 


Mis en ligne le 05 septembre 2008, par
M. Macina, sur le site upjf.org

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