Intérieur
Tzipi Livni demande une prolongation pour former le gouvernement
La ministre des Affaires étrangères et présidente du parti Kadima, Tzipi Livni, se rendra aujourdhui au palais présidentiel afin dobtenir du président Shimon Pérès une prolongation de deux semaines pour former un gouvernement. En effet, écrit Haaretz, quatre semaines après avoir été chargée de constituer un nouveau gouvernement, Mme Livni na toujours pas réussi à réunir autour delle une coalition qui lui permette dobtenir la confiance de la Knesset. Jusque-là, rappelle le journal, le seul parti à avoir conclu un accord avec Kadima est le parti travailliste, et encore, seule une déclaration de principe a été signée.
Les équipes de négociation de Kadima et du parti orthodoxe séfarade, Shas, se sont à nouveau réunies hier sans parvenir à un accord. Kadima aurait proposé dajouter au budget 2009 600 millions de shekels (120 millions deuros) destinés aux allocations familiales, tandis que Shas réclame toujours plus dun milliard de shekels. Le grand-rabbin Ovadia Yossef, guide spirituel de Shas, a reçu hier le président du parti, Eli Yishaï, et lui a demandé de ne pas transiger sur les allocations familiales.
Les dirigeants de Shas, ajoute le journal, sont de plus en plus convaincus que Tzipi Livni ne pourra pas accéder aux demandes du parti à cause de lopposition du ministre des Finances, Roni Bar-On. Ce proche allié de Tzipi Livni mène en effet depuis deux semaines une campagne personnelle contre loctroi de budgets supplémentaires à Shas et a même laissé entendre quil démissionnerait si ces budgets étaient alloués.
Selon Yediot Aharonot, Roni Bar-On se serait montré aussi très critique vis-à-vis de laccord obtenu face au parti travailliste quil aurait comparé, en privé, à un accord « entre une maison de passe et un client ». M. Bar-On estime en effet que le président du parti travailliste, Ehud Barak, sest surtout soucié de son statut personnel tout en obtenant de Tzipi Livni des budgets destinés à faire taire les critiques dans les rangs travaillistes.
Selon des proches de Tzipi Livni, cités par le journal, lobjectif de la ministre des Affaires étrangères est de présenter un gouvernement et dobtenir la confiance de la Knesset dès louverture de la session parlementaire dhiver, lundi prochain. Si les négociations avec le Shas naboutissent pas dici là, Livni pourrait faire entrer le parti de gauche, Meretz, au gouvernement, et constituer une coalition restreinte. Une telle démarche se heurtera cependant à lopposition de laile droite de Kadima, et notamment du ministre des Transports, Shaul Mofaz, qui soppose fermement à lentrée de Meretz au gouvernement, surtout si cela doit se faire aux dépens de Shas. M. Mofaz a téléphoné hier à Eli Yishaï pour le convaincre de rejoindre le gouvernement.
Manifestation pour la libération de Guilad Shalit
Près de trois mille personnes se sont rendues hier près du point de passage de Kerem Shalom, entre le sud de la bande de Gaza et Israël, là où le soldat Guilad Shalit a été enlevé, le 25 juin 2006, rapporte le Yediot Aharonot. Les manifestants, et notamment le père de Guilad, Noam Shalit, ont réclamé du gouvernement quil agisse sans délai afin dobtenir la libération du soldat enlevé. Auparavant, plusieurs dizaines de personnes ont bloqué pendant quelques heures le passage de camions vers la bande de Gaza par le point de passage de Sufa.
Dans une interview à la radio militaire israélienne, Galey Tsahal, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a émis des réserves quant aux manifestations en faveur de Guilad Shalit, affirmant que de telles protestations risquent de faire grimper le prix réclamé par le Hamas. Ces propos ont suscité de vives réactions, notamment de la part de Noam Shalit, qui a déclaré : « Le gouvernement a eu presque deux ans et demi pour ramener Guilad, sans manifestations et sans protestations, mais il ne la pas fait ». Pour Noam Shalit, le fait que des milliers de personnes aient participé au rassemblement montre que nombreux sont ceux qui ne croient plus aux promesses des hommes politiques.
Régional
Olmert souhaiterait conclure un accord avec la Syrie avant son départ
Maariv révèle que, lors de leur rencontre il y a deux semaines à Moscou, le Premier ministre Ehud Olmert aurait demandé au président russe, Dmitri Medvedev, de faire pression sur le président syrien, Bachar Assad, pour que celui-ci reprenne les pourparlers de paix avec Israël, interrompus depuis plusieurs semaines. M. Olmert aurait prié son interlocuteur russe de transmettre à Bachar Assad un message selon lequel il est encore possible de parvenir rapidement à un accord de paix entre les deux pays.
M. Medvedev a estimé quant à lui que les Syriens préfèrent attendre le changement de pouvoir aux Etats-Unis avant de reprendre les négociations avec Israël. Une approche désavouée par le Premier ministre israélien qui craint que le temps nécessaire à la mise en place effective des deux nouveaux gouvernements, à Washington et à Jérusalem, ne retarde considérablement la signature dun accord de paix israélo-syrien.
Ehud Olmert estime en effet que, même sil a remis sa démission, tant quil reste en fonction, il dispose de lautorité pour faire avancer les processus de paix avec la Syrie et avec les Palestiniens, ces démarches étant conformes à la plateforme de son gouvernement. Dans ce contexte, ajoute le journal, M. Olmert pourrait également essayer dorganiser un nouvel entretien avec le président de lAutorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avant la fin du mois. Le cabinet de M. Olmert a refusé de commenter ces informations.
Haaretz rapporte par ailleurs que le ministère israélien des Affaires étrangères examine actuellement une nouvelle initiative ayant pour objectif de parvenir à un accord de non-belligérance à long terme entre Israël et le Liban, afin dempêcher un nouvel embrasement le long de la frontière entre les deux pays. Cette initiative a été présentée aux participants de la conférence annuelle du ministère des Affaires étrangères, qui sest tenue sous les auspices de la ministre, Tzipi Livni. Selon le journal, les proches conseillers de Mme Livni ont pris part aux sessions de cette conférence, ce qui pourrait indiquer que la ministre envisage dadopter les recommandations de la conférence et de les intégrer au programme politique de son futur gouvernement.
Cette initiative prévoit le règlement définitif du conflit territorial avec le Liban, qui concerne la zone des Fermes de Shebaa, de la localité de Rajar ainsi que plusieurs autres revendications territoriales mineures de la part du Liban. Selon cet accord, le Hezbollah sera partiellement désarmé et larmée libanaise prendra véritablement le contrôle du sud-Liban. Tsahal et larmée libanaise seront chargés de faire respecter laccord avec le concours de la FINUL. Il sagit dun accord de non-belligérance et non dun accord de paix, car le ministère israélien des Affaires étrangères estime quun accord de paix avec le Liban ne pourra être obtenu quaprès la signature dun accord de paix israélo-syrien.
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Mis en ligne le 20 octobre 2008, par M.











