29/09/08
Entretien avec Ehud Olmert
Le Premier ministre, Ehud Olmert, accorde une longue interview à Yediot Aharonot à loccasion du nouvel an juif, et de son départ du poste de Premier ministre. Dans cette interview, il expose très librement ses positions au regard du processus de paix et de la politique de défense israélienne.
« Je lai dit il y a cinq ans dans une interview et je laffirme aujourdhui : en fin de compte nous avons face à nous une occasion limitée dans le temps de faire un pas historique dans nos relations avec les Palestiniens et avec la Syrie. Dans ces deux cas, la décision que nous avons à prendre est une décision que, depuis quarante, nous refusons de regarder en face », déclare Ehud Olmert avant dajouter : « Il nous faut trancher, mais nous sommes incapables de nous dire : "Cest cela quil faut faire". Nous devons parvenir à un accord avec les Palestiniens, ce qui implique, dans les faits, que nous nous retirions de presque tous les territoires, sinon de tous. Nous conserverons un certain pourcentage de ces territoires mais il faudra donner aux Palestiniens un pourcentage équivalent, car sans cela il ny aura pas de paix ».
Pour Ehud Olmert, ce retrait concerne aussi Jérusalem, « avec des solutions spécifiques, que je suis capable de mimaginer, concernant le Mont du Temple et les lieux saints et historiques ». « Ceux qui veulent continuer à contrôler toute la ville devront inclure 270 000 Arabes à lintérieur des frontières israéliennes. Cela ne marchera pas. Il faut trancher. Cest une décision difficile, terrible, qui contredit nos instincts naturels, nos sentiments les plus profonds, notre mémoire collective et les prières du peuple juif pendant deux mille ans », affirme-t-il.
Pour ce qui est du processus de paix avec la Syrie, le Premier ministre appelle à un retrait du plateau du Golan. Selon lui, « il ny a pas aujourdhui une seule personne sérieuse en Israël qui croie vraiment quil est possible de faire la paix avec la Syrie sans lui céder le Golan ». Israël, estime-t-il, est aujourdhui suffisamment fort pour prendre le risque dun tel retrait. En cas de conflit régional, explique Ehud Olmert, larmée israélienne sera capable de battre lensemble des armées rivales, quelle soit présente sur le Golan ou pas, mais le prix à payer sera lourd. Même après cette guerre, il faudra se retirer du Golan pour parvenir à la paix. Alors, pourquoi ne pas le faire maintenant en évitant la guerre ? demande-t-il.
Cette conclusion, le Premier ministre létend et lapplique, de manière générale, à la question territoriale dans la doctrine israélienne de la défense. Pour Ehud Olmert, nous vivons aujourdhui dans une ère où, face à la menace des missiles et des roquettes, le contrôle de tel ou tel territoire nest plus essentiel pour la défense du pays. « Ce nest pas en marchandant deux cents mètres que nous relèverons le défi des missiles », conclut-il.
Sondage
A loccasion du nouvel an juif, qui débute ce soir, Maariv publie un sondage afin de connaître lopinion des Israéliens sur différents sujets.
Concernant les relations avec les Palestiniens, 54,3 % des personnes interrogées estiment quIsraël na pas à dialoguer avec le Hamas, contre 39,2 % qui sont favorables à un tel dialogue. 46,1 % des Israéliens estiment aussi que la décision de conclure une trêve dans la bande de Gaza était une mauvaise décision, 42,9 % pensent quil sagissait dune décision judicieuse. Une majorité des Israéliens (55,7 %) sont favorables à la libération de prisonniers palestiniens ayant « du sang sur les mains », 36,6 % sy opposent. Enfin, 44,7 % des personnes interrogées sont favorables à ce que les colonies sauvages de Cisjordanie deviennent des colonies permanentes ; 40,9 % souhaitent en revanche leur démantèlement.
Sur le plan politique intérieur, 48 % des Israéliens souhaitent la tenue délections anticipées, 26,5 % préfèrent que la coalition actuelle reste en place, et 19 % appellent de leurs vux un gouvernement dunion nationale avec le Likoud.
Pour lannée à venir, les principales préoccupations des Israéliens sont léducation (45, 4 %), les problèmes sociaux (41,8 %), la lutte contre la corruption (31,9 %), la menace iranienne (24,2 %) et la lutte contre la criminalité (22,5 %). Enfin, 41 % des personnes interrogées estiment que la situation dIsraël sest détériorée par rapport à lannée dernière, 11,6 % quelle sest améliorée, et 41,9 % quelle nest ni pire ni meilleure.
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Mis en ligne le 29 septembre 2008, par M.











