22/09/08
Intérieur
Ehud Olmert a démissionné, le Président Pérès consulte les partis politiques
Après 990 jours à la tête du gouvernement, le Premier ministre, Ehud Olmert, a remis hier soir sa lettre de démission au Président de lEtat, Shimon Pérès. Dans la matinée, rapporte Maariv, Ehud Olmert avait annoncé sa décision au conseil des ministres, ajoutant que cétait une décision difficile, quil navait pas prise à la légère. Il a félicité la ministre des Affaires étrangères pour sa victoire aux primaires du parti Kadima.
La démission du Premier ministre transforme le gouvernement actuel en gouvernement de transition qui na plus la confiance de la Knesset et qui, selon les experts en droit constitutionnel, doit, par conséquent, appliquer son autorité avec retenue et sabstenir de prendre des décisions ayant des conséquences lourdes sur lavenir.
Immédiatement après avoir reçu la démission du Premier ministre, le Président Pérès a entamé les consultations avec lensemble des groupes parlementaires, au terme desquelles il chargera un député de former un nouveau gouvernement. Le Président a tout dabord reçu une délégation du parti Kadima qui lui a recommandé de charger Tzipi Livni de la formation du prochain gouvernement. M. Pérès a ensuite accueilli des représentants du parti travailliste. Ces derniers ont demandé que cette tâche soit confiée au président du parti, Ehud Barak, bien que la loi actuelle ne le permette pas. En effet, Ehud Barak nétant pas député, le Président ne peut le charger de former un gouvernement. Les responsables travaillistes proposent donc de modifier la loi afin de permettre à Ehud Barak de former un « gouvernement durgence » dunion nationale.
Hier, rapporte le Haaretz, Tzipi Livni a rencontré le président du parti travailliste, Ehud Barak. Selon des proches de la ministre des Affaires étrangères, la rencontre sest déroulée dans une atmosphère positive et il a été convenu quun deuxième entretien aurait lieu dès que Tzipi Livni sera officiellement chargée de former le nouveau gouvernement. Ehud Barak a, quant à lui, fait part de ses conditions pour que le parti travailliste rejoigne le gouvernement Livni : la garantie dun gouvernement stable pour les deux ans à venir, des négociations immédiates sur le budget 2009 et le remplacement du ministre de la Justice, Daniel Friedmann.
Avant-hier, Tzipi Livni avait affirmé quelle ne voyait aucune raison de renégocier les accords de coalition, toutefois dans son entourage, on estime quelle pourrait assouplir sa position face aux demandes des Travaillistes. En privé, la ministre des Affaires étrangères a déclaré que si Ehud Barak acceptait de rejoindre son gouvernement, il bénéficierait dun « véritable partenariat ». Selon Yediot Aharonot, certains proches de Tzipi Livni soupçonnent cependant le président du parti travailliste davoir secrètement conclu un accord, sur la tenue de législatives anticipées dici le mois de mars, avec le président du Likoud, Binyamin Netanyahu.
Les représentants du Likoud ont, eux aussi, fait part hier au Président Pérès de la position de leur parti, à savoir que, dans létat actuel des choses, des élections législatives devaient avoir lieu et que le gouvernement ne pouvait être formé sur la base « dune victoire étriquée et contestée » à lissue délections primaires. Le parti orthodoxe séfarade Shas a décidé de ne soutenir aucun candidat au poste de Premier ministre. Selon Maariv, le président du Likoud, Binyamin Netanyahu, sest rendu hier au domicile du chef spirituel du Shas, le rabbin Ovadia Yossef, afin de le convaincre de soutenir la tenue délections. Il semble toutefois que le Shas souhaite, pour lheure, continuer à négocier avec Tzipi Livni une augmentation des allocations familiales en échange de lentrée du parti au gouvernement.
Le président Shimon Pérès doit poursuivre aujourdhui les consultations et rencontrer les neuf groupes parlementaires restants. Ce matin, rapporte le site YNET, les deux groupes représentant la droite nationaliste, Israël Beteinu et Union nationale-Parti national religieux, ont réclamé la tenue délections anticipées. Le parti de gauche, Meretz et le parti des retraités se sont, en revanche, prononcés en faveur de la formation dun gouvernement dirigé par Tzipi Livni. Pour le président de Meretz, Haïm Oron, la mise en place dun nouveau gouvernement est préférable à la tenue délections. Il a toutefois souligné que Meretz participera à la coalition uniquement si celle-ci progresse dans le processus de paix, règle la crise économique conformément aux vues du parti, et dévie de la politique du gouvernement actuel « visant à déstabiliser lappareil judiciaire ».
Selon toutes les estimations, même si seuls quatre groupes parlementaires et trente huit députés lui recommandent de charger Tzipi Livni de former le prochain gouvernement, le Président de lEtat devrait néanmoins lui confier, dès ce soir, cette tâche, avant de partir à New York pour y représenter Israël à lassemblée générale des Nations Unies. Selon Yediot Aharonot, Tzipi Livni aurait affirmé, en privé, quelle nutilisera pas les vingt-huit jours que la loi lui octroie pour former un gouvernement et que si, dimanche prochain, elle arrive à la conclusion quil lui est impossible de réunir une coalition, elle tentera alors de convenir avec Binyamin Netanyahu dune date pour les élections législatives.
Régional
Les renseignements : lIran avance rapidement vers la bombe nucléaire
Haaretz rapporte que le général Yossi Baïdetz, chef du département de la recherche des renseignements militaires, a passé hier en revue, lors du conseil des ministres, les principales menaces militaires qui pèsent sur Israël, consacrant une part importante de son exposé au programme nucléaire iranien.
Selon le général Baïdetz, lIran a marqué dernièrement des progrès importants dans son programme nucléaire et se trouve désormais à un stade où il « se rue vers sa première bombe atomique ». Les Iraniens, explique le général, ont perfectionné leur dispositif de centrifuges, installé dans la ville de Kashan, où quatre mille centrifuges fonctionnent depuis début 2008 et produisent chaque heure 60 grammes dhexafluorure duranium, un gaz qui sert à lenrichissement de luranium. Ainsi ont-ils, dores et déjà, produit 480 kilogrammes duranium faiblement enrichi, soit plus du tiers de la quantité requise pour fabriquer une première bombe atomique.
« Selon nos estimations », a déclaré Yossi Baïdetz, « le point de non-retour du programme iranien approche rapidement, dautant que les efforts internationaux contre lIran samollissent, ont perdu de leur cohérence et ne font plus suffisamment pression sur le régime iranien pour quil cesse ses activités denrichissement ». En effet, affirme-t-il, lécart ne cesse de se creuser entre les positions américaine et européenne, dune part, russe et chinoise dautre pat, à propos de lIran, cest pourquoi la probabilité que le Conseil de sécurité de lONU adopte une quatrième résolution prévoyant des sanctions contre Téhéran, est de plus en plus faible. Par conséquent, les Iraniens, voyant que la communauté internationale est trop faible pour les arrêter, ont de plus en plus confiance en eux-mêmes.
Le journal cite, par ailleurs, lancien chef détat major israélien, Moshé Yaalon, qui a déclaré hier, lors dune interview à la radio militaire, quun affrontement militaire entre Israël et lIran semble inéluctable. Pour le général Yaalon, la communauté internationale doit avoir envers le président iranien Ahmedinejad la même attitude que celle quelle aurait dû avoir envers Adolf Hitler dans les années 1930.
Image de la France
Visite de Rachida Dati en Israël
Haaretz rapporte que la ministre de la Justice, Rachida Dati, a été reçue hier par le président Shimon Pérès, avant de rencontrer son homologue israélien, Daniel Friedmann. Mme Dati était ensuite linvitée dun colloque au Centre interdisciplinaire de Herzliya. A cette occasion, elle a réaffirmé le principe selon lequel « on ne discute pas avec les terroristes, ni avec ceux qui appellent à la destruction dIsraël, on les combat ». La Garde des Sceaux a également souligné que le peuple palestinien avait droit à un Etat vivant en paix aux côtés dIsraël. Enfin, interrogée sur le sort du soldat israélien enlevé, Guilad Shalit, elle a déclaré : « Nous faisons tout notre possible pour obtenir sa libération, nous ne loublions pas ».
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Mis en ligne le 22 septembre 2008, par M.











