05/06/08
Sur le site de LCI.fr
Mercredi, pour son premier discours - prévu de longue date - après avoir revendiqué l'investiture démocrate, Barack Obama s'exprimait devant les délégués de l'American Israel Public Affairs Council (AIPAC), le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis.
Cette intervention s'annonçait importante dans l'optique de gagner le vote juif, très versatile, lors de l'élection face au républicain John McCain. Or pendant les primaires, le sénateur de l'Illinois a pu mesurer son déficit de popularité dans cette catégorie de l'électorat puisqu'il y a été distancé par Hillary Clinton.
"Ceux qui menacent Israël nous menacent"
Dans son discours, Barack Obama s'est posé sur une ligne ouvertement favorable à Israël. Pour la première fois, il a ainsi affirmé que Jérusalem devait "rester la capitale d'Israël" et "demeurer indivisible". Se basant sur une position assez classique dans la classe politique américaine, il estime donc de fait qu'Israël ne devrait pas revenir dans ses frontières de 1967 avant la guerre des Six Jours et que le futur Etat palestinien ne devrait pas avoir Jérusalem comme capitale. Or ces deux conditions sont considérées comme indispensables par les Palestiniens.
Le sénateur de l'Illinois s'est également félicité des "liens indestructibles" entre les Etats-Unis et Israël. "Ceux qui menacent Israël nous menacent", a-t-il assené, affirmant souhaiter "isoler" le Hamas jusqu'à ce que l'organisation renonce au terrorisme, reconnaisse à Israël le droit d'exister et se soumette aux accords passés.
Porte-à-faux ?
Sans surprise, ce discours a été applaudi en Israël. Ehud Olmert, le Premier ministre l'a jugé "très émouvant". Sans surprise également, il a été vivement dénoncé par les Palestiniens. "Nous rejetons ces propos. Jérusalem est l'un des dossiers en cours de négociation. Tout le monde sait parfaitement que Jérusalem-est a été occupée en 1967, et nous n'accepterons pas un Etat sans Jérusalem, cela doit être clair", a affirmé le président Mahmoud Abbas. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis un an, estime, pour sa part, que ces déclarations "constituent une nouvelle preuve de l'hostilité des responsables américains envers les Arabes et les musulmans".
Cette position très pro-israélienne de Barack Obama semble en porte-à-faux avec la manière dont il entend officiellement changer la politique étrangère américaine. Mais, comme le font remarquer ses détracteurs, même s'il peut modifier la forme de sa diplomatie, il risque de se retrouver confronté au pragmatisme sur le fond des dossiers (cliquez ici pour lire notre interview).
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Mis en ligne le 5 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











