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Pourparlers de Paix
Abou Mazen contre Abou Ala (Haaretz)
22/02/2005Haaretz
| Analysis / Abu Mazen versus Abu Ala | |
| אבו מאזן נגד אבו עלא |
C’est comme ça quand il n’y a plus de patron !
Le chahut au Conseil législatif palestinien de lundi, qui fut suivi du report du vote de confiance au nouveau gouvernement, est le résultat de la tension croissante entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Abou Mazen) et son Premier ministre Ahmed Qoreï (Abou Ala). Mais en plus de divergences politiques sur plusieurs questions, c’est la lutte pour le pouvoir et le partage de leurs prérogatives qui est la cause principale de leurs dissensions.
Ahmed Qoreï exige les mêmes attributions que celles revendiquées par Mahmoud Abbas en 2003, lorsqu’il fut quelque temps Premier ministre d’Arafat. Mahmoud Abbas fut contraint de démissionner car Yasser Arafat lui refusait l’autorité qu’il réclamait. Aujourd’hui, président de l’Autorité palestinienne et de l’OLP, il oppose le même refus à Ahmed Qoreï.
Il y a aussi un désaccord récurrent, qui remonte à la période Arafat, entre Ahmed Qoreï et les parlementaires palestiniens, auquel doit faire face le nouveau gouvernement. Nombre de parlementaires membres du Fatah exigent d’Ahmed Qoreï qu’il limoge les ministres suspects de corruption, ce à quoi il se refuse.
Autrefois, s’il n’avait pas bénéficié du soutien d’Arafat contre les parlementaires anti-corruption, Ahmed Qoreï aurait menacé de démissionner. Aujourd’hui, il n’a pas ce soutien, Mahmoud Abbas ne semble pas pressé de l’aider dans cette confrontation avec le Conseil législatif palestinien. Certains prétendent même qu’il fait tout pour contrer les efforts de son Premier ministre.
Il apparaît qu’un groupe de parlementaires palestiniens, mené par Hassan Harisha, Abbas Zaki, Farih Abou Medine et Fahri Turkeman, a pris la tête d’une campagne contre Ahmed Qoreï, pouvant aller jusqu’à son éviction du poste de Premier ministre.
En tout cas, après être restés longtemps sans pratiquement se parler, Mahmoud Abbas et Ahmed Qoreï se sont longuement rencontrés pour débattre de la composition du nouveau gouvernement que devait présenter le Premier ministre au Parlement.
Le débat portait sur les anciens ministres Nabil Sha`ath, Intissar Al-Wazir (Oum Jihad), Maher Al-Masri et Sa`eb Erakat, dont Mahmoud Abbas souhaitait le départ, contre l’avis d’Ahmed Qoreï.
Cette rencontre fut suivie de réunions orageuses du Fatah, qui débouchèrent sur une apparence de compromis, la liste de ministres qu’Ahmed Qoreï a présentée.
Mais il est clairement apparu lundi, lors de la présentation au Conseil législatif, que le débat n’était pas clos, et qu’il n’était pas certain d’obtenir une majorité en faveur de ce gouvernement. Du tumulte émergeait un reproche répété par tous : il n’y a rien de neuf dans ce nouveau gouvernement, on fait « du neuf avec du vieux. »
Les événements de lundi ont prouvé, s’il en était besoin, à quel point la direction du Fatah est chahutée, alors que ses chefs se querellent et que prévaut le sentiment qu’il n’y a plus personne aux commandes, après les décennies Arafat.
Danny Rubinstein
© Haaretz pour l’original et Upjf.org, pour la version française.
Mis en ligne le 23 février 2005 sur le site www.upjf.org.
Le chahut au Conseil législatif palestinien de lundi, qui fut suivi du report du vote de confiance au nouveau gouvernement, est le résultat de la tension croissante entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Abou Mazen) et son Premier ministre Ahmed Qoreï (Abou Ala). Mais en plus de divergences politiques sur plusieurs questions, c’est la lutte pour le pouvoir et le partage de leurs prérogatives qui est la cause principale de leurs dissensions.
Ahmed Qoreï exige les mêmes attributions que celles revendiquées par Mahmoud Abbas en 2003, lorsqu’il fut quelque temps Premier ministre d’Arafat. Mahmoud Abbas fut contraint de démissionner car Yasser Arafat lui refusait l’autorité qu’il réclamait. Aujourd’hui, président de l’Autorité palestinienne et de l’OLP, il oppose le même refus à Ahmed Qoreï.
Il y a aussi un désaccord récurrent, qui remonte à la période Arafat, entre Ahmed Qoreï et les parlementaires palestiniens, auquel doit faire face le nouveau gouvernement. Nombre de parlementaires membres du Fatah exigent d’Ahmed Qoreï qu’il limoge les ministres suspects de corruption, ce à quoi il se refuse.
Autrefois, s’il n’avait pas bénéficié du soutien d’Arafat contre les parlementaires anti-corruption, Ahmed Qoreï aurait menacé de démissionner. Aujourd’hui, il n’a pas ce soutien, Mahmoud Abbas ne semble pas pressé de l’aider dans cette confrontation avec le Conseil législatif palestinien. Certains prétendent même qu’il fait tout pour contrer les efforts de son Premier ministre.
Il apparaît qu’un groupe de parlementaires palestiniens, mené par Hassan Harisha, Abbas Zaki, Farih Abou Medine et Fahri Turkeman, a pris la tête d’une campagne contre Ahmed Qoreï, pouvant aller jusqu’à son éviction du poste de Premier ministre.
En tout cas, après être restés longtemps sans pratiquement se parler, Mahmoud Abbas et Ahmed Qoreï se sont longuement rencontrés pour débattre de la composition du nouveau gouvernement que devait présenter le Premier ministre au Parlement.
Le débat portait sur les anciens ministres Nabil Sha`ath, Intissar Al-Wazir (Oum Jihad), Maher Al-Masri et Sa`eb Erakat, dont Mahmoud Abbas souhaitait le départ, contre l’avis d’Ahmed Qoreï.
Cette rencontre fut suivie de réunions orageuses du Fatah, qui débouchèrent sur une apparence de compromis, la liste de ministres qu’Ahmed Qoreï a présentée.
Mais il est clairement apparu lundi, lors de la présentation au Conseil législatif, que le débat n’était pas clos, et qu’il n’était pas certain d’obtenir une majorité en faveur de ce gouvernement. Du tumulte émergeait un reproche répété par tous : il n’y a rien de neuf dans ce nouveau gouvernement, on fait « du neuf avec du vieux. »
Les événements de lundi ont prouvé, s’il en était besoin, à quel point la direction du Fatah est chahutée, alors que ses chefs se querellent et que prévaut le sentiment qu’il n’y a plus personne aux commandes, après les décennies Arafat.
Danny Rubinstein
© Haaretz pour l’original et Upjf.org, pour la version française.
Mis en ligne le 23 février 2005 sur le site www.upjf.org.











