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Pourparlers de Paix
Ce n'est pas du cinéma turc ! Yoel Marcus (Haaretz)
08/02/2005Haaretz
| Not another Turkish movie | |
| רק לא סרט טורקי |
Tous les sommets auxquels nous avons assisté depuis 12 ans avaient une chose en commun : le même scénario qu’un film turc. Ils débutent par une histoire d’amour, pleine de passion et d’espoir, et finissent dans les larmes, à la fois celles des acteurs et celles du public.
Que le lecteur me pardonne, mais cette fois-ci, je ne peux m’empêcher d’être optimiste. Non pas que le suspense ait disparu, mais parce que le scénario n’est plus le même, que les acteurs ont été renouvelés et par-dessus tout, parce que nous en avons ras-le-bol de pleurer. Un "happy end" n’a jamais fait de mal à personne.
Voici les trois changements, dans l’ordre chronologique, qui autorisent un certain optimisme :
Les campagnes de haine débridée contre Israël ont cessé. L’ancienne direction de la télévision [palestinienne] a été remplacée. Mais il reste à Abou Mazen à démanteler 14 milices et à les fondre en trois forces de sécurité. Il doit insuffler un souffle politique nouveau à l’OLP pour mettre fin à la progression du Hamas. Cet officiel de haut rang estime qu’Abou Mazen a l’étoffe d’un dirigeant historique. C’est de l’intérêt d’Israël d’affermir sa position par une série de gestes.
Si Israël a pu, par le passé, libérer des centaines de prisonniers qui avaient « du sang sur les mains » certains proches du terme de leur peine, mais d’autres dans de scandaleux échanges de prisonniers, il peut aussi en relâcher trois ou quatre afin de conforter Abou Mazen.
Je ne sais pas qui a inventé cette expression « du sang sur les mains » mais nous devons bien comprendre qu’aux yeux des Palestiniens, ces prisonniers sont considérés comme la base de tout État palestinien futur.
Plusieurs décisions très difficiles attendent le nouveau chef de l’Autorité palestinienne. S’il parvient réellement à démanteler les infrastructures terroristes, il se pourrait bien qu’il devienne un partenaire de poids et joue un rôle moteur dans le désengagement et ce qui suivra. Ce film ne se terminera pas nécessairement dans les larmes.
Yoel Marcus
© Haaretz pour l’original et Upjf.org, pour la version française.
Mis en ligne le 8 février 2005 sur le site www.upjf.org.
Que le lecteur me pardonne, mais cette fois-ci, je ne peux m’empêcher d’être optimiste. Non pas que le suspense ait disparu, mais parce que le scénario n’est plus le même, que les acteurs ont été renouvelés et par-dessus tout, parce que nous en avons ras-le-bol de pleurer. Un "happy end" n’a jamais fait de mal à personne.
Voici les trois changements, dans l’ordre chronologique, qui autorisent un certain optimisme :
- Le plan de désengagement d’Ariel Sharon, qui débloque le face à face stratégique et donne à espérer, tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens, qu’un retrait des territoires et des implantations est non seulement possible en théorie, mais peut être entrepris en pratique. Ni les pacifistes, ni les travaillistes n’ont réussi à mettre à bas l’idée du Grand Israël comme l’a fait Sharon.
- Le grand ordonnateur du crime, Ahmed Yacine, a été éliminé – il est intéressant de voir à quelle vitesse les Palestiniens l’ont oublié – et aujourd’hui, Yasser Arafat a, lui aussi, disparu. Ce dirigeant sanguinaire, si près d’instaurer son État, était comme le scorpion de la fable, incapable de réfréner son besoin de tuer. Aucun autre dirigeant d’un mouvement de libération nationale n’a apporté tant de souffrance, de pauvreté et de malheur à son propre peuple.
Abou Mazen est l’antithèse d’Arafat, un fonctionnaire civil en esprit et en actes. En dépit de son passé OLPiste, il s’est résolu, sans tambour ni trompette, à mettre fin aux attaques et au terrorisme. Il a décidé d’agir pour le bien de son peuple, suivant l’exemple mémorable de Menahem Begin. Les dirigeants de mouvements de libération nationale sont supposés agir pour leur peuple, et non pas contre lui. - La confortable réélection de Bush a placé deux objectifs en tête des projets américains. Balayer le terrorisme et apporter la démocratie au monde islamique. L’Iran est le prochain de la liste. Mais d’ici là, des pays comme l’Égypte, l’Arabie saoudite ou la Syrie peuvent s’inquiéter. Condoleezza Rice n’a pas attendu le sommet d’aujourd’hui pour signifier ce qu’elle attendait de Moubarak sur l’axe Philadelphie, d’Abou Mazen sur le front du terrorisme et d’Israël pour l’après désengagement. Big Brother continuera de garder un œil menaçant sur quiconque oserait contrecarrer ses plans.
Les campagnes de haine débridée contre Israël ont cessé. L’ancienne direction de la télévision [palestinienne] a été remplacée. Mais il reste à Abou Mazen à démanteler 14 milices et à les fondre en trois forces de sécurité. Il doit insuffler un souffle politique nouveau à l’OLP pour mettre fin à la progression du Hamas. Cet officiel de haut rang estime qu’Abou Mazen a l’étoffe d’un dirigeant historique. C’est de l’intérêt d’Israël d’affermir sa position par une série de gestes.
Si Israël a pu, par le passé, libérer des centaines de prisonniers qui avaient « du sang sur les mains » certains proches du terme de leur peine, mais d’autres dans de scandaleux échanges de prisonniers, il peut aussi en relâcher trois ou quatre afin de conforter Abou Mazen.
Je ne sais pas qui a inventé cette expression « du sang sur les mains » mais nous devons bien comprendre qu’aux yeux des Palestiniens, ces prisonniers sont considérés comme la base de tout État palestinien futur.
Plusieurs décisions très difficiles attendent le nouveau chef de l’Autorité palestinienne. S’il parvient réellement à démanteler les infrastructures terroristes, il se pourrait bien qu’il devienne un partenaire de poids et joue un rôle moteur dans le désengagement et ce qui suivra. Ce film ne se terminera pas nécessairement dans les larmes.
Yoel Marcus
© Haaretz pour l’original et Upjf.org, pour la version française.
Mis en ligne le 8 février 2005 sur le site www.upjf.org.











