Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
Vous êtes : AccueilNoeudRacine
Pourparlers de Paix
Hamas et Djihad islamique: une menace pour l'AP d'Arafat
Imprimer    Envoyer à un ami 
Centre d’information sur le renseignement et le terrorisme (Centre d’Études Spéciales)

Bulletin spécial d’information, juillet 2004

Traduction française de la Rédaction d’upjf.org
Texte original : www.intelligence.org.il/eng/sib/si_86_4/yasser.htm


Yasser Arafat et l’Autorité palestinienne connaissent parfaitement la menace que constituent pour eux les infrastructures civiles du Hamas et du Djihad islamique palestinien, qui soutiennent le terrorisme. Cependant, ils se refusent à entreprendre des actions systématiques pour limiter le phénomène.


Aperçu général

Les documents saisis et les informations obtenues tout au long de la confrontation violente prouvent que Yasser Arafat et l’Autorité palestinienne connaissent parfaitement la menace que constituent pour eux les infrastructures civiles et le système de financement (la da`wa) du Hamas et du Djihad islamique palestiniens, et sont pleinement conscients du soutien que ces infrastructures apportent au terrorisme.

Cependant, tout au long de cette confrontation violente (à l’exception de brefs sursauts d’activité), ils se sont abstenus de toute mesure durable et ciblée contre les infrastructures des organisations terroristes. L’explication de tels atermoiements tient à deux raisons fondamentales : l’incapacité de l’Autorité palestinienne à répondre de manière appropriée aux besoins de la population, et son désir de ne pas se heurter de front au Hamas et au Djihad islamique palestiniens à propos de la priorité accordée à la poursuite de la lutte armée avec Israël.


Le dilemme de l’Autorité palestinienne

Les documents saisis lors de l’opération "Rempart" et les informations rassemblées sur la stratégie de l’Autorité palestinienne dans les années de confrontation violente avec Israël (septembre 2000 à juin 2004) attestent qu’à maintes reprises, l’Autorité palestinienne s’est trouvée face à un dilemme dans ses rapports avec les infrastructures civiles du Hamas (la da`wa).

D’une part, les documents saisis prouvent, sans ambiguïté, que l’Autorité palestinienne est pleinement consciente que les institutions civiles que le Hamas a créées et développe dans tous les domaines (associations de charité, jardins d’enfant, écoles, clubs sportifs et comités de mosquée) renforcent l’emprise du Hamas sur la population civile, au détriment de l’Autorité palestinienne. De plus, ces institutions servent de vivier au Hamas pour y recruter de futurs terroristes (y compris les bombes humaines), et exposent l’Autorité palestinienne aux pressions des Américains (ceci est vrai également des infrastructures moins développées du Djihad islamique palestinien).

D’autre part, l’Autorité palestinienne ne souhaite pas s’opposer frontalement au Hamas, même lorsque les activités de ce mouvement entrent en conflit avec ses intérêts vitaux. Cette réticence a deux motifs : d’abord, la faiblesse de l’Autorité palestinienne, qui l’empêche de présenter à la population civile une alternative attractive aux activités tous azimut du Hamas. Ensuite, Yasser Arafat n’a pas voulu (et il persiste dans ce refus) rompre l’unité des Palestiniens, nécessaire à la poursuite des affrontements violents, qui reste en tête de ses priorités.

Pour sortir de son impasse, l’Autorité palestinienne a adopté une politique hésitante pendant toute la durée des affrontements, manoeuvrant soigneusement entre des intérêts contradictoires. A plusieurs reprises, elle a pris des mesures contre les infrastructures civiles du Hamas (la plupart, à la suite d’attaques spectaculaires de ce mouvement) poussée par le besoin de manifester une activité de façon à alléger les pressions américaines. Mais ces mesures ont toujours été ponctuelles et inefficaces, laissant les infrastructures du Hamas pratiquement intouchées (Le Hamas est toujours perçu par la population civile palestinienne comme une organisation qui se soucie de ses besoins, par opposition à l’Autorité palestinienne, indolente et corrompue).

Au cours du conflit actuel, deux tentatives significatives de l’Autorité palestinienne de contrer le Hamas peuvent être notées, à chaque fois comme conséquence d’attaques terroristes meurtrières qui donnèrent lieu, entre autres, à des pressions américaines accrues : la première vague débute en décembre 2001 et se poursuit durant plusieurs mois jusqu’à l’opération "Rempart" ; la deuxième débute en août 2003 et continue plus ou moins jusqu’à ce jour. Les caractéristiques de ces tentatives et l’évaluation de leurs résultats sont décrites ci-après.


La première vague – principales caractéristiques

Dans un document saisi lors de l’opération "Rempart", le chef de la police, Ghazi Al Jabali, ordonnait (12 décembre 2001) aux services de police des différentes provinces de fermer complètement les bureaux, installations et institutions du Hamas et du Djihad islamique. Il donnait également l’ordre d’incorporer les institutions sanitaires et éducatives de ces deux mouvements aux services gouvernementaux correspondants. Ces instructions, stipule le document, s’appuient sur les ordres de Yasser Arafat (voir en annexe le document original et sa traduction).

Les motifs sous-jacents à ces instructions étaient :

A. Une série d’attentats terroristes commis par le Hamas au début de décembre 2001 (1), suivis par l’ordre de Yasser Arafat aux organisations terroristes de cesser leurs activités terroristes (ordre que ni Yasser Arafat, ni l’Autorité palestinienne ne firent appliquer). Suite à ces attentats, l’Autorité palestinienne se mit (vers la mi-décembre) à agir contre les infrastructures civiles (la da`wa) du Hamas et du Djihad des territoires administrés par elle, considérant, à juste titre, ces infrastructures comme une des sources de la force de ces deux organisations.

B. Les pressions des autorités américaines sur l’Autorité palestinienne, suite aux attentats du 11 septembre, la pressant d’agir contre les organisations terroristes palestiniennes. Dans ce contexte, il faut noter :

a) Un décret de la Maison Blanche gelant les avoirs des organisations terroristes (2 novembre 2001) incluait également les institutions de financement du Hamas. Le 4 décembre 2001, le gouvernement américain ajoutait à la liste la Fondation de la Terre Sainte pour l’assistance et le développement, l’organisme de levée de fonds du Hamas aux États-Unis, ainsi que le Beit al-Mal et la banque Al-Aqsa (deux organismes financiers-clé du Hamas dans les territoires).

b) Allant plus loin, au cours d’une intervention musclée le 4 décembre 2001, le président Bush, entouré du ministre des finances et du procureur général, déclara que la Fondation de la Terre Sainte pour l’assistance et le développement n’était qu’une façade du Hamas pour récolter des fonds destinés au terrorisme, et que l’activité caritative qui servait de prétexte aux collectes masquait, en fait, le développement des activités terroristes du mouvement. Ainsi, pour la première fois, les Américains assimilaient les infrastructures civiles du Hamas (la da`wa) et ses activités terroristes (2).

Suite à un décret de Yasser Arafat, une longue liste d’institutions du Hamas furent fermées, à grand renfort de publicité, fin décembre 2001. Ces institutions comprenaient des associations caritatives, des publications, des groupes politiques, des centres d’études islamiques et des mouvements de jeunesse et des clubs de sport. En parallèle, l’Autorité palestinienne renforça le contrôle des opérations bancaires concernant le Hamas dans les territoires sous son autorité.

Cependant, ces ordres de Yasser Arafat et de l’Autorité palestinienne, ne furent pas mis en œuvre efficacement sur une période suffisamment prolongée et, au final, eurent peu ou pas d’effet sur les infrastructures civiles du Hamas et du Djihad. Ces mesures de l’Autorité palestinienne furent levées avec le début de l’opération "Rempart" (avril 2002) et reprirent sporadiquement, à un niveau moindre, vers octobre 2002.


La seconde vague (août 2003)

Une tentative supplémentaire de s’attaquer aux infrastructures du Hamas et du Djihad Islamique eut lieu en août 2003, sous le gouvernement de Mahmoud Abbas (Abou Mazen). Comme la première vague de 2001, la motivation de ces mesures était un attentat du Hamas à Jérusalem (3) et les pressions américaines et européennes qui en résultèrent.

Dans le cadre des mesures sécuritaires auxquelles s’engagèrent Abou Mazen et Mohammed Dahlan, l’Autorité monétaire [palestinienne] ordonna (14 août 2003) le gel des comptes de douze 'associations caritatives' liées au Hamas, gérant ses institutions et soutenant ses réseaux terroristes. De ces associations dépendaient des dizaines de locaux dans la bande de Gaza, y compris des organismes-clé du Hamas.

Ces dispositions de l’Autorité palestinienne semblaient un premier pas significatif dans la prise en charge des activités sociales du Hamas et de ses activités financières, mais, comme par le passé, elles ne furent pas pleinement suivies d’effet.
La cour de justice palestinienne ordonna (21 mars 2004) que les fonds de ces associations caritatives, liées au Hamas, gelés sur décision de l’Autorité palestinienne en août 2003, soient libérés. En fait, et depuis novembre 2003, les fonds destinés aux dépenses courantes de ces associations avaient été partiellement libérés.

Toutefois, la polémique entre le Hamas et l’Autorité palestinienne au sujet de ces associations caritatives n’est pas terminée. Les représentants de l’Autorité palestinienne refusent jusqu’à maintenant d’exécuter la décision de la cour de justice palestinienne. Il apparaît que la situation de gel partiel de ces comptes, apparue en novembre 2003, perdure. Ceci démontre que l’Autorité palestinienne a la possibilité, à condition qu’elle veuille en user dans la pratique, d’agir contre les infrastructures civiles et financières des organisations terroristes, sans préjuger de l’efficacité de telles actions.

Le Hamas, de son côté, n’a nullement l’intention de céder à l’Autorité palestinienne sur un sujet aussi vital à ses intérêts, et tente de s’appuyer sur le soutien de l’opinion dont il bénéficie, pour faire pression sur l’Autorité palestinienne. Les infrastructures civiles du Hamas continuent d’opérer à la fois comme outil d’aide aux populations et comme soutien au terrorisme, au prix, il est vrai, de difficultés accrues (qui proviennent aussi des mesures israéliennes et internationales).

© Intelligence and Terrorism Information Center, pour l’original anglais, et upjf.org pour la version française.


---------------------

Notes

(1) Le 1er décembre 2001, le Hamas perpétra un attentat meurtrier au moyen de deux bombes humaines et d’une voiture piégée, rue Ben Yehoudah, dans le centre de Jérusalem. Dix personnes furent tuées et 180 blessées, dont 17 grièvement. Le lendemain, 2 décembre, le Hamas organisa un attentat-suicide contre un bus de la ligne 16 de Haïfa, tuant 15 passagers et en blessant 40.

(2) Les Palestiniens avaient depuis longtemps opéré ce rapprochement. Avant le conflit actuel, suite à la vague d’attentats de février-mars 1996, l’Autorité palestinienne avait pris des mesures étendues contre les institutions civiles du Hamas et son financement. Un document émanant des services de sécurité de l’Autorité palestinienne, vers la fin des années 90, l’établit clairement : «On sait que le Hamas contrôle plusieurs sortes d’institutions : jardins d’enfants, écoles, clubs sportifs, cliniques et comités de mosquée. C’est à dire que le Hamas crée un lien entre les affaires religieuses et les affaires politiques et sociales. De cette façon, le Hamas renforce son implantation dans les territoires sous administration de l’Autorité palestinienne, et ce n’est pas un hasard si les cadres du Hamas recrutent les candidats aux opérations-suicides (intihariyun) dans les rangs des étudiants de ses écoles de ses clubs sportifs ou de ses associations.

(3) Un attentat-suicide perpétré par le Hamas sur un bus de la ligne no 2 dans le quartier Shmuel Ha-Navi, de Jérusalem, fit 23 morts et plus de 130 blessés (19 août 2003).

---------------------

Annexe

Instructions émises par le chef de la police, suivant les ordres de Yasser Arafat, de fermer les bureaux et institutions du Hamas et du Djihad islamique palestinien.

Traduction :

QG de la Police
Fax no.: 08-2829425 23:19
12.12.2001

Décision

Extrêmement urgent

En exécution d’instructions données par son excellence, le Président [Yasser Arafat], commandant en chef, tous les bureaux, institutions et installations des mouvements Hamas et Djihad islamique palestinien, dans tous les districts, doivent être fermés. Les institutions sanitaires et éducatives doivent être affectées aux ministères appropriés du gouvernement de l’Autorité palestinienne.

Date d’effet : comme indiqué ci-dessus

Le chef de la police
12 décembre 2001

[signature de Ghazi Al Jabali]

Au bas du document :

Commandants des postes de police des districts, commandants des enquêtes, commandant du QG de la police

Exécuter et me tenir informé

À la sécurité policière
Pour contrôle conformément aux instructions

À : services d’enquêtes, de répression de la drogue et autres crimes, sécurité policière, [services] centraux, pour exécution immédiate

Signature

Cachet : Administration générale de police, district de Bethléem.



Document original :

[img]http://www.upjf.org/fichiers/palpolorders.jpg[/img]



Mis en ligne le 07 août 2004 sur le site www.upjf.org.
World wild web consortium
Moteur de recherche google
Search Engine google
Search Engine Yahoo
Moteur de recherche Yahoo
Moteur de recherche voila
GUYSEN ISRAEL News
AC-Medias.org
Agence Juive pour Israël
Alexandre Del Valle (site)
Aliya (Fondation Leavi)
Ambassade d'Israël en France
Ambassade d'Israël en Belgique
Amitiés Québec-Israël
Antisémitisme.info
Aroutz7
Belsef
Calendrier juif
Chrétiens et juifs
CID-Info
Communauté online
Connec'Sion.com
Conscience Politique
Consistoire de Paris
Coordination Lutte antisémitisme
CRIF
Desinfos.com
Die Jüdische (en allemand)
Europolitica
Facts of Israel (bilingue)
Famous Jews
France-Israël
Franceisrael.info
Guysen
Hébreu (Morim)
Hebreunet.org
Histoire juive
Infoweb-J
Honestreporting
Israel Hasbarah Committee
Israël Magazine (fr)
Isranews.com
IsraTV
Jerusalem Post (français)
JTA
Judeoscope (Québec)
KKL
Laïc-info
Lutte contre le négationnisme
MediaLine
MEMRI (presse arabe traduite)
Middle East sites
Ministère israélien de l'Aliyah
Myths and facts
Négation de la Shoah
Objectif Information
Observatoire Médias Palestiniens
Palestine Facts
Palestinian Medias Watch (PMW)
Presse mondiale sur le Web
Primo-Europe
Proche-orient.info
Révisionisme démasqué
Shalom Israël
Sionisme (un siècle de)
Tsahal en anglais
UEJF
Un écho d'Israël
UNIFAN, portail de l'alyah francophone
Valeurs actuelles