Vous êtes :
AccueilNoeudRacine
Pourparlers de Paix
Le New York Times s'est - enfin - réveillé (Haaretz)
Haaretz, 30/07/2004![]() | www.haaretz.com/hasen/spages/458090.html |
Good morning, New York Times !
[Serait-ce trop attendre de notre quotidien national de référence qu’il émerge lui aussi un jour de son hypnose et réalise enfin que 'jihad' et 'shahada' ne se traduisent pas par 'paix' et 'négociations' ?]
J’ai lu et relu l’éditorial qui appelle Arafat à démissionner, et l’unique pensée qui m’est venue fut « enfin le New York Times se réveille ! » Il ne leur a pas fallu plus d’une petite décennie pour appréhender ce que beaucoup d’Israéliens redoutaient déjà après [les accords d’]Oslo : Arafat s’est révélé incapable d’opérer la mutation de chef d’un mouvement de libération en dirigeant d’un État en formation, avec tout ce que cela implique.
Le New York Times écrit, je cite, « pour son malheur, le peuple palestinien a lié, dès l’origine, son destin à Yasser Arafat, qui a échoué à évoluer de l'état de révolutionnaire romantique à celui d'homme d’État. Tout ce qu’il paraît capable de proposer aux Palestiniens, aujourd’hui, est de partager collectivement le martyre auquel il semble aspirer… Que les terres palestiniennes soient totalement ruinées, que les fruits des accords d’Oslo soient en poussière ne semble pas lui importer. Son insistance à répéter mécaniquement que c’est entièrement la faute des 'sionistes', des Occidentaux, des autres Arabes est indéfendable. Arafat lui-même porte une grande part de responsabilité dans ces malheurs. »
Il ne manquait que cette volte-face du New York Times au prestige chancelant d’Arafat. Terje Roed-Larsen a critiqué Arafat cette semaine pour l’effondrement de l’Autorité palestinienne. Colin Powell l’a traité d’expert de la rhétorique du yoyo.
Avec trois avis sur chaque question et un diplôme de double langage, Arafat est un professionnel de l’arnaque. Il n’a jamais respecté un seul de ses engagements et s’est dérobé à toute proposition. Clinton, Bush, et aujourd’hui John Kerry, sont d’accord pour le considérer comme un obstacle sur la voie de la paix. Même Shimon Pérès a déclaré à Javier Solana qu’Arafat est inconsistant.
Dans l’Autorité palestinienne aussi, il est sur le gril. Hanane Ashrawi l’a mis en pièces dans un journal suisse, en lui demandant de partir. «Le temps est venu de tourner la page de cet exercice solitaire», a-t-elle écrit.
Le Dr Ibrahim Hamami, éminent médecin palestinien, déclare qu’Arafat est devenu un handicap pour son propre peuple. «Vous traitez les Palestiniens comme une paire de chaussures» s’écrie-t-il, «vous les gardez ou les jetez suivant votre humeur. La seule solution est de faire votre valise, d'emmener avec vous vos comparses et de vous en aller. N’importe où, mais partez !»
Je me suis souvent interrogé, dans ces colonnes, depuis qu’Arafat est venu en Israël en pacificateur patenté pour préparer l’établissement d’un État palestinien, pourquoi, dès qu’il posa le pied ici, il commença à exhorter son peuple à la guerre et au terrorisme. N’a-t-il donc pas réalisé que la terreur ferait s’effondrer l’État palestinien en gestation ? Que croyait donc ce lauréat du prix Nobel ? Que les accords d’Oslo l’autorisaient à terroriser le pays et à verser le sang des Israéliens ?
Depuis son premier jour ici, il était clair qu’Arafat était frappé de schizophrénie. Il n’arriva pas à choisir qui il était: le chef d’un État émergent, un chef de réseau terroriste, ou un globe-trotter. Il a mis en place autour de lui un régime de type mafieux avec les gangsters qu’il a amenés avec lui de Tunisie. Il a gardé les commandes en graissant des pattes, en torturant ses rivaux et en les limogeant brutalement.
Je ne sous-estime pas la responsabilité israélienne dans son recours excessif à la force contre l’Autorité palestinienne et les dégâts étendus qu’il a causés. Mais, à un moment ou un autre, nous commençons à réaliser que nous n’en pouvons plus de vivre, année après année, sous la menace d’une terreur sanglante.
Il fut un temps où Clinton comme Baraq ont proposé à Arafat 97% des territoires. Arafat a répondu par l’intifada Al-Aqsa, qui a coûté des milliers de vies. Israël s’apprête maintenant à quitter la bande de Gaza. Mais Arafat, hors-jeu à la Mouqataa, s’applique à saboter le début du retrait israélien des territoires et entraîne son peuple dans un désespoir toujours plus profond.
"Occupation" n’est pas un mot magique qui excuse tout. Israël aussi fut occupé, par les Britanniques. Nos dirigeants les combattirent, et les Britanniques ripostèrent durement. Ils arrêtèrent, expulsèrent, fusillèrent et pendirent. Mais la lutte ne détourna pas nos dirigeants de bâtir les infrastructures pour le jour qui verrait la naissance de l’État. Non seulement Arafat n’a rien construit, mais, de plus, il a réussi à faire croître la droite israélienne au point qu'elle devienne majoritaire. Je me demande ce qui peut être pire.
Arafat se trouve maintenant dans la situation classique des dictateurs. Dès qu’il donnera des signes de faiblesse, les Palestiniens se rebelleront contre lui. Ce qui signifie qu’il va s’accrocher au-delà du raisonnable, jusqu’à ce que les Palestiniens excédés, et eux seuls (surtout pas Israël, D.ieu nous en préserve !) se décident à en finir et le jettent dehors. Désormais, ils ont même la caution du New York Times.
Le New York Times écrit, je cite, « pour son malheur, le peuple palestinien a lié, dès l’origine, son destin à Yasser Arafat, qui a échoué à évoluer de l'état de révolutionnaire romantique à celui d'homme d’État. Tout ce qu’il paraît capable de proposer aux Palestiniens, aujourd’hui, est de partager collectivement le martyre auquel il semble aspirer… Que les terres palestiniennes soient totalement ruinées, que les fruits des accords d’Oslo soient en poussière ne semble pas lui importer. Son insistance à répéter mécaniquement que c’est entièrement la faute des 'sionistes', des Occidentaux, des autres Arabes est indéfendable. Arafat lui-même porte une grande part de responsabilité dans ces malheurs. »
Il ne manquait que cette volte-face du New York Times au prestige chancelant d’Arafat. Terje Roed-Larsen a critiqué Arafat cette semaine pour l’effondrement de l’Autorité palestinienne. Colin Powell l’a traité d’expert de la rhétorique du yoyo.
Avec trois avis sur chaque question et un diplôme de double langage, Arafat est un professionnel de l’arnaque. Il n’a jamais respecté un seul de ses engagements et s’est dérobé à toute proposition. Clinton, Bush, et aujourd’hui John Kerry, sont d’accord pour le considérer comme un obstacle sur la voie de la paix. Même Shimon Pérès a déclaré à Javier Solana qu’Arafat est inconsistant.
Dans l’Autorité palestinienne aussi, il est sur le gril. Hanane Ashrawi l’a mis en pièces dans un journal suisse, en lui demandant de partir. «Le temps est venu de tourner la page de cet exercice solitaire», a-t-elle écrit.
Le Dr Ibrahim Hamami, éminent médecin palestinien, déclare qu’Arafat est devenu un handicap pour son propre peuple. «Vous traitez les Palestiniens comme une paire de chaussures» s’écrie-t-il, «vous les gardez ou les jetez suivant votre humeur. La seule solution est de faire votre valise, d'emmener avec vous vos comparses et de vous en aller. N’importe où, mais partez !»
Je me suis souvent interrogé, dans ces colonnes, depuis qu’Arafat est venu en Israël en pacificateur patenté pour préparer l’établissement d’un État palestinien, pourquoi, dès qu’il posa le pied ici, il commença à exhorter son peuple à la guerre et au terrorisme. N’a-t-il donc pas réalisé que la terreur ferait s’effondrer l’État palestinien en gestation ? Que croyait donc ce lauréat du prix Nobel ? Que les accords d’Oslo l’autorisaient à terroriser le pays et à verser le sang des Israéliens ?
Depuis son premier jour ici, il était clair qu’Arafat était frappé de schizophrénie. Il n’arriva pas à choisir qui il était: le chef d’un État émergent, un chef de réseau terroriste, ou un globe-trotter. Il a mis en place autour de lui un régime de type mafieux avec les gangsters qu’il a amenés avec lui de Tunisie. Il a gardé les commandes en graissant des pattes, en torturant ses rivaux et en les limogeant brutalement.
Je ne sous-estime pas la responsabilité israélienne dans son recours excessif à la force contre l’Autorité palestinienne et les dégâts étendus qu’il a causés. Mais, à un moment ou un autre, nous commençons à réaliser que nous n’en pouvons plus de vivre, année après année, sous la menace d’une terreur sanglante.
Il fut un temps où Clinton comme Baraq ont proposé à Arafat 97% des territoires. Arafat a répondu par l’intifada Al-Aqsa, qui a coûté des milliers de vies. Israël s’apprête maintenant à quitter la bande de Gaza. Mais Arafat, hors-jeu à la Mouqataa, s’applique à saboter le début du retrait israélien des territoires et entraîne son peuple dans un désespoir toujours plus profond.
"Occupation" n’est pas un mot magique qui excuse tout. Israël aussi fut occupé, par les Britanniques. Nos dirigeants les combattirent, et les Britanniques ripostèrent durement. Ils arrêtèrent, expulsèrent, fusillèrent et pendirent. Mais la lutte ne détourna pas nos dirigeants de bâtir les infrastructures pour le jour qui verrait la naissance de l’État. Non seulement Arafat n’a rien construit, mais, de plus, il a réussi à faire croître la droite israélienne au point qu'elle devienne majoritaire. Je me demande ce qui peut être pire.
Arafat se trouve maintenant dans la situation classique des dictateurs. Dès qu’il donnera des signes de faiblesse, les Palestiniens se rebelleront contre lui. Ce qui signifie qu’il va s’accrocher au-delà du raisonnable, jusqu’à ce que les Palestiniens excédés, et eux seuls (surtout pas Israël, D.ieu nous en préserve !) se décident à en finir et le jettent dehors. Désormais, ils ont même la caution du New York Times.
Yoel Marcus
© Haaretz, pour l’original, et Upjf.org, pour la version française.
Mis en ligne le 2 août 2004 sur le site www.upjf.org.












