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Pourparlers de Paix
Regain de violence interpalestinienne contre L'AP (A7)
01/08/04D’après un responsable de la sécurité palestinienne, un projet d’attentat contre le chef de cabinet de l’Autorité, Ahmed Quoreï, a été déjoué. Un suspect a été arrêté. Il s’agit de Mujahed Nimer, 35 ans, habitant du camp de réfugiés de Kalandiya, au sud de Ramallah. Toujours selon les Palestiniens, Nimer occuperait un poste à responsabilité au sein d’un des “ministères” de l’Autorité. Il aurait avoué aux enquêteurs qu’il serait également derrière l’attaque par balles des chefs de la sécurité palestinienne, Hani Al-Hassan et Jibril Rajoub, à Ramallah, en début d’année. Personne n’avait été blessé lors de cette attaque. Les Palestiniens ont refusé de divulguer les motivations de Nimer. C’est la première fois qu’un fonctionnaire de l’Autorité palestinienne est arrêté pour avoir tenté de tuer un haut responsable.
Après quelques jours de calme relatif, les territoires sous contrôle palestinien ont encore été le théâtre de violences, ce week-end, avec le bref enlèvement de trois hommes d’église à Shkhem (Naplouse) et l’incendie des locaux des renseignements palestiniens à Jénine.
Les trois religieux enlevés sont arrivés à Shkhem il y a trois semaines pour enseigner l’anglais. Ils ont été relâchés sains et saufs après deux heures de détention. Ils ont refusé de parler aux journalistes.
Bien que cet enlèvement n’ait pas été revendiqué, des sources proches de l’enquête ont évoqué une action de dissidents du Fatah de Yasser Arafat. Les motivations des preneurs d’otages restent très floues et des responsables palestiniens ont dénoncé de telles actions qui nuisent selon eux à la “cause palestinienne”.
A Jénine, ce sont aussi des hommes appartenant au Fatah (plus précisément à sa branche armée, les Brigades des Martyrs Al-Aqsa) qui ont incendié samedi le bureau des renseignements palestiniens, accusant les responsables de coopérer avec l’armée israélienne.
Devant les caméras de télévision, les hommes armés, menés par Zakaria Zoubeidi, le chef des Brigades de Jénine, ont enlevé les portraits d’Arafat des murs avant de mettre le feu aux locaux. Les incendiaires avaient auparavant prévenu les pompiers de la ville.
Cette attaque intervient peu après l’incendie, par le même groupe, du quartier général du gouverneur de la région de Jénine, Kadoura Moussa.
Moussa, un vétéran du Fatah, vient à peine d’être nommé, la semaine dernière, par Arafat. Son prédécesseur, Haidar Irsheid, avait été forcé de démissionner, l’année dernière, après que Zoubeidi et les siens l’aient battu aux yeux de tous, sur la place principale de Jénine. Il l’accusait de corruption. Depuis, Irsheid a déménagé en Jordanie avec sa famille.
Dahlan menace Arafat
Mohammed Dahlan a critiqué Arafat avec une violence sans précédent et lui a même posé un ultimatum. L’ancien responsable de la sécurité de l’Autorité palestinienne a donné au leader palestinien jusqu’au 10 août pour mener à bien les réformes de son administration.
Même s’il s’en défend, l’homme fort de Gaza semble bel et bien vouloir détrôner Yasser Arafat. Dans une interview à un quotidien koweitien, Dahlan a déclaré : “Si les réformes ne sont pas mises en place d’ici le 10 août, 30 000 personnes descendront dans la rue à Gaza et exigeront du changement”.
En dépit de sévères critiques, Dahlan affirme qu’il n’a pas l’intention de s’en prendre à la personne d’Arafat. “Nous voulons le réhabiliter pour qu’il puisse rester en place”, a-t-il assuré. Dahlan a fermement rejeté l’accusation selon laquelle il servirait les intérêts d’Israël et des Américains. “Ces accusations sont sans fondement. Quand j’étais membre de l’équipe de négociateurs palestiniens, j’ai été des dizaines de fois à la Maison Blanche. Cependant, je n’ai jamais visité les Etats-Unis, bien que j’aie reçu de nombreuses invitations pour exprimer mes analyses et mes opinions sur la situation”, a affirmé Dahlan.
L’ancien chef de la sécurité a blâmé Israël et les États-Unis d’avoir laissé Abou Mazen démissionner du poste de chef de cabinet de l’Autorité palestinienne. Selon Dahlan, “Les Israéliens et les Américains sont parmi les responsables de la dissolution de ce gouvernement, dont j’étais membre. Maintenant, il se lamentent de l’avoir perdu”.
Il convient de préciser qu’Abou Mazen a démissionné de son propre chef, en se plaignant surtout, non de l’attitude israélo-américaine, mais essentiellement de l’autocratisme de Yasser Arafat et de son incapacité à mener des réformes.
Les critiques de Mohammed Dahlan interviennent alors qu’un regain de violence s’est emparé des territoires sous contrôle palestinien. Les actions des groupes armés semblent avoir pour but d’ébranler le pouvoir de Yasser Arafat en s’attaquant soit à des bâtiments officiels, soit à des Occidentaux.
On a d’ailleurs appris que c’est le leader palestinien en personne qui a négocié la libération des trois Occidentaux en échange d’argent pour les groupes armés.
© Arouts7
Mis en ligne le 02 août 2004 sur le site www.upjf.org.











