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Pourparlers de Paix
Abou Mazen, plans secrets et complots: 'Quelqu'un allait tuer'
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Yigal Palmor écrit :

"Dans une interview accordée à l'hebdomadaire international Newsweek, Abou Mazen révèle qu'Arafat a voulu le tuer. Dès qu'il l'eut compris, affirme-t-il, il a démissionné, puis totalement rompu avec le chef de l'Autorité Palestinienne (qu'il prend bien soin de désigner par le terme de "Chairman", et non de "Président"). Si l’on osait un jeu de mots franco-français sur cette triste affaire, on l'intitulerait "Abou Amar m'a tuer". Voici le texte complet de l'interview."

Titre complet : "Quelqu’un allait tuer". Abou Mazen parle de plans secrets et de complots. Entretien avec Mahmoud Abbas (Abou Mazen)

Propos recueillis par Dan Ephron


Newsweek. 21 juin 2004

www.msnbc.msn.com/id/5197317/site/newsweek

Traduction française : Yigal Palmor


EPHRON : Que pensez vous du plan de Sharon, qui prévoit un retrait unilatéral de Gaza ?

ABBAS : Cela a été conclu entre Sharon et Bush. Nous n’étions pas au courant. Cela nous a choqués.

Comment expliquez vous que Bush soit disposé à fournir des garanties conséquentes à Sharon concernant les implantations et les réfugiés ?

Tout cela est un peu suspect. Cela préjuge du résultat (des négociations – Note du Traducteur).

Quelle est l’ampleur du changement par rapport à la politique précédente des Etats Unis ?

Le Président Bush m’avait dit, à la Maison Blanche [en juin dernier], que ce mur [israélien] qui serpente a travers la Cisjordanie doit être arrêté. Il était très en colère quand je lui ai montré la carte. Il a jeté la carte a Cheney, en disant qu’il n’y a plus [de possibilité] d’Etat indépendant.

Que vous a encore dit Bush ?

Il a dit que nous commencerions tout de suite les pourparlers sur le statut définitif par une voie discrète. Il a dit : «la prochaine fois que vous viendrez à Washington, nous allons instaurer ce canal – constitué d’Israéliens, de Palestiniens et d’Américains – pour discuter en secret des questions du statut définitif. »

Ce canal a-t-il jamais été instauré ?

Non, non. Puisque j’ai démissionné un mois plus tard.

Vous dites que les Palestiniens doivent être préparés a prendre le contrôle de Gaza. Qu’est ce que cela implique ?

Cela signifie que nous devons unifier les structures de sécurité. Nous devons, bien sûr, dialoguer avec le Hamas et le Djihad [Islamique]. Je crois que nous pouvons parvenir à une entente.

Pourquoi est-ce si important d’unifier les agences de sécurité ?

Nous avons au moins 12 appareils de sécurité, qui ne peuvent être contrôlés par personne.

Que se serait-il passé si Sharon avait proposé d’évacuer Gaza lorsque vous étiez Premier ministre ?

Cela m’aurait beaucoup aidé. Cela m’aurait donné du pouvoir et du prestige auprès de notre peuple.

Pourquoi avez-vous démissionné ?

Pour trois raisons. Sharon ne m’avait rien donné. Deuxièmement, j’étais attaqué par mes collègues, et troisièmement, Bush était réticent à m’aider.

Quel genre d’attaques par les collègues ?

Il y avait de l’incitation.

Quel genre d’incitation ?

Des paroles, et plus que des paroles - cette manifestation contre moi devant le Conseil Législatif Palestinien. Ce fut le comble. J’ai démissionné deux jours plus tard. C’était le 4 septembre. Après cela, j’ai demandé une session à huis clos. J’ai révélé tous les secrets et j’ai envoyé ma démission au Chairman Arafat.

D’aucuns pourraient dire qu’un leader national devrait être capable de supporter les critiques et l’incitation.

C’est vrai. Mais quand on essaye de tuer… Je sentais que quelqu’un allait tuer.

Vous tuer ?

Oui. Ou verser le sang au sein même du Fatah.

Quelle était la part d’Arafat dans tout cela ?

Je ne voudrais nommer personne. Mais je vous donnerai quand même un élément pour comprendre : je n’ai eu aucune relation avec le Chairman depuis ma démission et jusqu'à ce jour.

Lorsque vous êtes à Ramallah, vous ne le rencontrez pas ?

J’habite Ramallah et il est à cent mètres de chez moi. Je ne vais pas chez lui, je n’ai pas de réunion avec lui, je n’ai aucune relation avec lui.

Dans quelles circonstances seriez vous disposé à reprendre ce poste (de Premier ministre – Note du Traducteur). ?

En aucune circonstance, quelle qu’elle soit. Je ne reviendrai pas.

© MSNBC pour l'original anglais, et Y. Palmor et upjf.org pour la traduction française.

Mis en ligne le 14 juin 2004 sur le site www.upjf.org.
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