Si lon analyse bien la situation, nous sommes en présence, dans cette campagne, d'une situation très classique, à caractère répétitif: la querelle entre les anciens et les modernes.
Une telle situation de crise apparaît lorsque les anciens ne se trouvent plus à l'unisson d'une évolution qui les dépasse, quils ne peuvent maîtriser, car la vie, toujours et partout, implique le mouvement.
Or, dans le cas qui nous occupe, c'est la politique en France qui a été immobile alors que le monde environnant avançait, et a bougé en allant de l'avant. Aujourd'hui, la différence entre le modernisme de notre époque et la structure politique du pays est trop grande. On a bien vu lévolution des partis, de droite comme de gauche en Europe, évolution que seule
Ne me dites pas que le PS n'est pas, de fait, divisé en deux. Quoi de commun, en effet, entre DSK et Mélanchon, ou Drai, ou Hollande ?
A droite, quoi de commun entre la famille de Villepin et celle de Sarkozy ?
Mais UMP et PS ne restent ce qu'ils sont que par la détestation qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Cette détestation, cette agressivité réciproque est leur ciment interne.
Dans une telle situation, de tous temps, une évolution a lieu : à lépoque des « moderni » et des « antiquari » italiens, et chez nous, « enfin Malherbe vint, qui, le premier, en France
», a dit Boileau, ce qui nous a amené rigueur et pureté dans le style poétique de ce XVIe siècle, activité importante à lépoque.
Oui, nous nous trouvons aujourdhui dans un contexte parfait d'une telle évolution qui, si elle ne se produisait pas dans les urnes, se produirait immanquablement d'une autre façon. La rupture à droite et à gauche est consommée. Le moderne est celui qui le reconnaît, et met en oeuvre concrètement les évolutions indispensables pour re-stabiliser et reprendre la marche en avant. C'est - avec beaucoup d'autres déjà, les modernes, qui seront plus nombreux encore demain -, l'homme qui s'est lui-même désigné comme le "Président du peuple" * qui nous propose ce changement que les Français attendent et exigent pour eux et les générations futures. Pas les PS et UMP sclérosés et divisés d'aujourd'hui, qui agissent comme hier, en mettant le pays dans une situation de repli et déchec.
* Meeting du Zénith, Paris 22 mars 2007.
Pierre Hassid
Ingénieur des Arts et manufactures
Mis en ligne le 18 avril 2007, par M.











