6 novembre 2005
Titre complet : "Quand le correspondant intérimaire du Monde à Jérusalem assure le service après-vente de la propagande palestinienne".
Article repris du site Politique arabe de la France
Quand, à la mi-octobre, Mahmoud Abbas est allé rendre visite à Jacques Chirac, il a abordé avec celui-ci la question de la construction, par des firmes françaises, du tramway de Jérusalem qui doit passer par deux quartiers de Jérusalem-Est, que les Palestiniens revendiquent comme faisant partie de leur future capitale.
Les compagnies françaises, Alstom et Connex (filiale de Veolia, qui est une émanation de Vivendi), font en effet partie d'un consortium retenu par les autorités israéliennes en 2002 pour le projet de tramway de Jérusalem, Alstom devant fournir les rames et Connex assurant l'exploitation de la ligne. Le coût total du projet est estimé à 400 millions d'euros et le tramway devrait entrer en service en 2008. À la suite de ses entretiens avec le président de l'Autorité palestinienne, Chirac a promis « de regarder le problème soulevé».
Le Monde a estimé que les choses ne pouvaient en rester là et a décidé d'assurer le service après-vente des revendications palestiniennes. Dans son édition datée de samedi 5 novembre, trois semaines après la visite d'Abbas, il consacre un article à ce sujet. Rédigé par le correspondant du Monde à Jérusalem par intérim (le correspondant permanent ne travaille pas ce jour-là, peut-on imaginer) et intitulé "Le tramway de Jérusalem enchante le "business" et gêne le Quai d'Orsay". Cet article ne contient aucun fait nouveau sur le sujet et constitue donc uniquement un rappel de ce léger "nuage" dans les relations franco-palestiniennes. À quoi peut-il donc bien servir ? N'y avait-il rien d'autre à dire sur le Proche-Orient, cette journée-là ?
Alors que le Quai d'Orsay est empêtré dans l'affaire, très embarrassante pour sa traditionnelle politique arabe, des mises en examen des anciens hauts diplomates Boidevaix/Mérimée (le "politique" et le "droit commun") dans le cadre du programme "pétrole contre nourriture", est-ce une façon, pour Le Monde, de faire porter le regard sur un supposé nouveau penchant "pro-israélien" de la diplomatie française pour des intérêts de "business" bien compris, et pour le plus grand malheur supposé de la cause palestinienne?
En outre, l'intérimaire propagandiste du Monde manque à son obligation professionnelle d'exposé exact des faits. Il écrit en effet :
Découvrant ce tracé, Nasser Al-Qidwa, le ministre des affaires étrangères palestinien, avait fait part de sa "vive préoccupation" aux autorités françaises.
Le propagandiste ajoute :
Ce désaccord avait été soulevé lors de la visite du président palestinien, Mahmoud Abbas, à Paris, le 17 octobre. A cette occasion, Jacques Chirac avait promis à son homologue de se pencher sur le sujet. Depuis, le silence est total.
La participation d'entreprises françaises à la construction du tramway de Jérusalem s'inscrit dans le cadre d'un marché international qui obéit à une logique commerciale. Leur participation à cette construction n'emporte, à nos yeux, aucune conséquence sur le statut de Jérusalem-Est. Notre position reste inchangée sur la colonisation en Cisjordanie et autour de Jérusalem‑Est, qui est contraire au droit international.
L'article conclut :
L'Autorité palestinienne redoute que la diplomatie française fasse le gros dos en attendant que la polémique s'essouffle.











