Source : Tribune de Genève - jeudi 7 août 2008
Le rabbin Aaron Shear-Yashuv, fils d'un Waffen SS
La journaliste britannique, Tanaya Gold, avait déjà lu quelque chose à ce sujet dans un obscur fascicule de la communauté juive orthodoxe de New York, daté daoût 2006. Cet été, elle a voulu en avoir le cur net. Elle est partie à Jérusalem sur les pas de ce petit-neveu de Hitler, fils dun nazi convaincu, officier de la Wehrmacht. Et elle a retrouvé ce descendant dAlois junior, demi-frère du führer Adolf Hitler, linitiateur de la solution finale, qui extermina cinq à six millions de Juifs européens.
Après un séjour de six semaines passées en Israël, dans le cadre détudes de théologie, ce fils de protestant décidait, en 1977, de poursuivre ses études à lUniversité hébraïque de Jérusalem. Converti au judaïsme, il est aussi tombé amoureux dIsraël. Et a épousé là-bas une Allemande, convertie comme lui.
Avant-hier, The Guardian a publié larticle de Tanaya Gold ["The sins of their fathers"] dans son supplément du jour. Et la lecture de ce reportage réserve bien dautres surprises. Ce professeur, dont elle a préservé lanonymat, nest pas le seul descendant de nazi, converti au judaïsme. Ils seraient même environ trois cents, selon OUs, la modeste revue des juifs orthodoxes new-yorkais.
Mais pourquoi ces «enfants du nazisme» se sont-ils convertis? sinterroge la journaliste britannique. Elle a posé la question à Aaron Shear-Yashuv, rabbin des armées en Israël. Son père à lui était Waffen SS. Un père qui la renié quand il a décidé dembrasser la religion juive, de sappeler Aaron et de faire son rabbinat en Israël. Pourquoi sest-il converti ? Aaron répond théologie et refuse toute explication liée à son histoire familiale. Pourtant, pour Dan Bar-On, professeur de psychologie à lUniversité Ben Gourion, cela ne fait aucun doute: «La motivation des convertis est de rejoindre la communauté des victimes. » On parle même, dans certains cercles juifs, de «pénitents», expiant inconsciemment les fautes de leurs aînés. Le petit-neveu de Hitler témoigne à demi-mot de ce cheminement inconscient, évoquant des images de lHolocauste qui lobsédaient:
«Je vois un soldat qui tient un enfant et le tue. Je partage la peur de lenfant. Et je peux voir mon père et mon grand-père qui assistent à la scène. Tout ce que je peux dire, conclut-il, cest que depuis que je suis arrivé en Israël, ces impressions se sont évanouies.»
Un autre descendant de dignitaire nazi, arrière-petit-
Source: Olivier Bot, 24 Heures, Tribune de Genève - jeudi 7 août 2008
[Information aimablement communiquée par Matsada Infos, Israël.]
© Tribune de Genève
Mis en ligne le 7 août 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











