
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
PARACHAT EMOR
5 MAI 2007 17 IYAR 5767
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur la paracha de la semaine
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Cette année, notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment, qui porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 18 enseignants, les 10 avrehim et les 153 étudiants.
Pour visualiser les photos et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :
http://www.daathaim.org/evenement/index.htm

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
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Ce Dvar Thora est diffusé pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabbat Chalom,

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
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Les enfants de la pudeur
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Cette semaine, par le récit, très concis, dun épisode dans le désert, on se trouve confronté à un acte daccusation qui semble incompréhensible. Par lanalyse minutieuse des versets, on va parvenir à une leçon de vie, où le rôle de la femme occupe une place très importante
A la fin de la paracha de cette semaine, la Thora nous raconte lhistoire dun homme qui blasphéma le Nom de D.ieu et du sort qui fut le sien.
« Il arriva que le fils dune femme israélite et fils dun Egyptien sortit au milieu des enfants dIsraël ; ils se querellèrent dans le camp, ce fils dune israélite avec lhomme dIsraël. Le fils de la femme israélite proféra, en blasphémant le Nom sacré ; on le conduisit devant Moïse. Et le nom de sa mère était Chelomith fille de Divri, de la tribu de Dan. Ils le mirent sous bonne garde, pour statuer de la part de lEternel.
Et lEternel parla ainsi à Moïse : « Quon emmène le blasphémateur hors du camp ; que tous ceux qui lont entendu imposent leurs mains sur sa tête, et que toute la communauté le lapide. » (Lévitique 24- 10 ; 14).
La Thora est très concise en ce qui concerne cet épisode. Ce qui nous invite à analyser minutieusement les éléments contenus dans le texte.
Quels sont les enseignements que la Thora nous transmet à travers cet épisode, qui peut sembler énigmatique par le choix des détails révélés et des éléments qui semblent manquants ?
Nos maîtres nous ont appris que la Thora nest pas un simple livre dhistoire, même lorsquil sagit de narration de faits. Chaque mot possède un sens exact, et il est mentionné dans un but précis.
En cherchant à pénétrer ces enseignements, nous allons découvrir des notions nouvelles sur le comportement humain en général, et sur la femme en particulier, sur son rôle extraordinaire, et sur limportance fondamentale de la pudeur (tsniout).
Cherchons donc les raisons et les causes de lacte terrifiant de ce blasphémateur, qui était présent peu de temps avant, avec tout le peuple juif, à la révélation du Mont Sinaï. Cest là dailleurs quil entendit le Nom Ineffable, quil va plus tard proférer et blasphémer (Rachi Lévitique 24 ; 11).
Sa présence lors dun événement si élevé, si saint, ne fait que renforcer la question : Comment cet homme a-t-il pu atteindre une telle dégradation morale ?
Ce sont les Midrachim qui vont nous aider à percer le mystère
Manque dhospitalité ?
Une première opinion citée dans Midrach (Sifra) nous révèle dabord que ce fut à la suite dun litige qui opposa cet homme à la tribu de Dan quil se laissa aller à blasphémer.
Cet homme voulait planter sa tente dans leur camp et la tribu sy opposa et len empêcha.
Moïse et son tribunal donnèrent raison à la tribu de Dan. Cest en sortant de ce tribunal que lhomme blasphéma le Nom divin.
Mais pourquoi la tribu de Dan refusa le droit à cet homme de séjourner dans leur camp ? Cest quil existait une loi selon laquelle : « Rangés chacun sous une bannière distincte, daprès leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants dIsraël » (Nombres 2 ; 2).
Nétant issu de a tribu de Dan que du côté de sa mère, cet homme ne pouvait pas revendiquer une place dans ce camp.
Rabbi Yerouham de Mir fait une remarque à ce sujet : même si cet homme ne pouvait exiger une place dans le camp, la tribu de Dan aurait pu lui accorder lhospitalité. La seule raison qui peut expliquer leur refus est que ce dernier était déjà connu pour son niveau moral très bas. Ce qui explique sa réaction violente, après avoir été débouté par Moïse.
Et nos Maîtres enseignent quil faut séloigner à tout prix dun mauvais voisin pour éviter son influence néfaste.
Mais ces raisons, qui provoquèrent le blasphème, ne répondent pas à notre question : Comment, dans un contexte aussi pur et plein de sainteté que celui de la révélation sinaïtique, a-t-il pu pousser une telle mauvaise herbe ?
Pour répondre à cette question, le Midrach (cité par Rachi, Exode 2 ; 11) rapporte un événement qui remonte avant la libération dEgypte :
« Il (Moïse) aperçut un Egyptien frappant un hébreu, lun de ses frères. Il se tourna dun côté puis de lautre et ne voyant paraître personne, il frappa lEgyptien et lensevelit dans le sable » (Exode 2 ; 11).
Découvrons ensemble qui était cet Egyptien
Dans la pénombre
Le Midrach raconte : « Chaque groupe de dix Israélites avait à sa tête un surveillant israélite. Un commissaire égyptien dirigeait chaque groupe de dix surveillants israélites.
Il arriva quun commissaire égyptien se rendit dans la maison dun des surveillants juifs de son groupe, et vit que sa femme était belle de visage.
Chaque matin, à laube, les commissaires allaient réveiller les surveillants pour quils commencent leur travail dès la levée du jour.
LEgyptien attendit le jour suivant et à laube, il fit sortir le surveillant juif de chez lui. Il retourna ensuite dans sa maison et sintroduit dans la pénombre.
Il approcha sa femme, qui pensa que cétait son mari, et elle se trouva enceinte.
Un peu plus tard, le mari de cette femme revint, et vit lEgyptien sortir de chez lui. Questionnant sa femme, il comprit ce qui sétait passé.
Mais le commissaire égyptien comprit bien vite que son acte avait été découvert, et assigna le surveillants juif aux travaux forcés, et le frappait sans cesse avec lintention de le tuer.
Alors que Moïse vit lEgyptien frapper le Juif, LEsprit divin lui dévoila ce qui sétait passé dans la maison du Juif, et Moïse ensevelit lEgyptien dans le sable, en mentionnant le Nom Ineffable.
La femme dont il est question dans ce passage avait pour nom Chelomith bat Divri. Et lenfant qui naquit de cette union devint, bien des années plus tard, lhomme qui profanera le Nom divin, le même nom que Moïse avait utilisé pour ensevelir son « père », lEgyptien qui avait abusé de sa mère.
Il est bon de préciser que le Midrach lui-même atteste de la bonne foi de cette femme, qui a réellement cru quil sagissait de son mari.
A première vue, il sagit dun incident très regrettable mais qui ne porte pas véritablement à conséquences.
Daprès la loi juive (Halakha), ce cas entre dans la même catégorie que celui dune femme mariée, qui aurait été violée, et qui reste permise à son mari.
Cela concerne tous les couples, sauf dans le cas dun Cohen, qui, de par sa sainteté, a le devoir de répudier sa femme dans une telle situation.
Pourtant, et malgré le fait quon ne remette pas en cause la bonne foi de Chelomith bat Divri, le Midrach est très sévère à son égard. Et trois textes vont dans ce sens.
« Chalom ! »
Le premier texte (Rachi Lévitique 24 ; 11) : « Cest un honneur pour Israël que la Thora ait publié le nom de cette femme, car il vient souligner quelle était la seule qui méritait le qualificatif de « zona » (prostituée).
Le deuxième texte voit dans le nom de cette femme une allusion à son attitude générale, attitude qui explique sa mésaventure.
Chelomith : elle était bavarde et entamait la conversation avec tous, en commençant par dire « Chalom » (cest la même racine que Chelomith).
Chalom aux hommes, aux femmes, et à toute lassemblée (chalom alah, chalom alaï, chalom aleihon, en araméen).
Fille de Divri : Divri, qui a pour racine Davar, parole. Elle nétait pas avare en paroles et parlait avec tous, ce qui entraîna sa terrible aventure.
Un troisième texte (Midrach Vayikra Rabba 32 ; 5) ajoute que quatre éléments ont permis la libération du peuple dIsraël dEgypte : les Juifs ne changèrent pas leurs noms, ni leur langue, ils ne pratiquaient pas la médisance (lachon hara) et il ny avait pas parmi eux de personnes débauchées (paroutz baérva).
La meilleure preuve est quil ny eut quun seul cas de débauche, celui de Chelomith bat Divri, son nom ayant été publié par la Thora dans le but de préciser que ce fut la seule exception.
Comment concilier une accusation aussi grave et le témoignage du même Midrach, qui confirme quelle ignorait totalement que ce fut un étranger qui lapprocha ?
Comment la Thora peut-elle fixer une honte éternelle sur Chelomith bat Divri et sa famille, alors quelle semble innocente ?
Peut-on définir son comportement comme étant de la débauche, et qualifier ainsi cette femme de prostituée ?
En réalité, de nombreux commentateurs (Rabbénou Bahya, la Maharal et dautres), expliquent que le terme de zona (prostituée) est parfois employé par la Thora pour une femme qui a eu des relations, même sous la contrainte, avec une personne qui lui est interdite (cf. Lévitique 21 ; 7 Talmud Yébamoth 61).
Le sens que nous donnons aujourdhui au mot prostituée nest pas forcément le même que celui donné par la Thora, le sens moderne étant plus restreint.
En revanche, Rabbi Mordehaï Yaffé (16ème siècle), lun des géants de la Thora, contemporain du Maharal, auteur du Sefer Halevouchim, prend à la lettre les mots de Rachi.
La puissance de lattirance
Daprès lui, le manque de réserve de Chelomith bat Divri, et son affabilité excessive, entraîna que lEgyptien soit attiré par elle.
Cest pourquoi cette épreuve nest quune conséquence de son comportement. La Thora nous apprend ici que lon est responsable des conséquences dune attitude légère, dans le cas où cette attitude aurait des suites tragiques.
Cest pour souligner cet enseignement que nos Maîtres emploient un terme aussi fort. Cette femme est appelée prostituée, car même si elle na pas voulu consciemment que cet incident se produise, elle la causé par son attitude.
Le qualificatif « débauchée » est clairement écrit dans le Midrach (paroutz baerva). Ce terme doit être compris dans le même ordre didées.
La Thora, qui connaît les secrets de lâme, dévoile quil ne faut en aucun cas minimiser la puissance de lattirance vers les mauvaises murs.
A ce sujet, il est intéressant de noter que le Talmud (Sanhédrin 63b) affirme que le peuple dIsraël a toujours été conscient de la futilité des idoles, mais que la seule raison qui la poussé, à certaines époques, à sadonner à lidolâtrie fut lattirance vers les mauvaises murs.
Ainsi libérés des contraintes de la Thora, les Juifs pouvaient sadonner à la débauche, en toute bonne conscience.
Cette attirance est si forte, et possède une telle puissance, quil nexiste pas de situation intermédiaire entre la chasteté et la débauche.
Si lon met un seul pied dans la spirale vers les mauvaises murs, on quitte la chasteté pour perdre toute protection contre la débauche.
Par son comportement, Chelomith bat Divri a fait sauter toutes les barrières qui permettent de contrôler cette faiblesse, et de la diriger dans un sens positif.
Cest pourquoi la Thora la qualifie de débauchée, même si laventure quelle a vécue pouvait être expliquée par des circonstances atténuantes (cf. Hidouché halev ad hoc).
Un texte de Rabbénou Bahya dans son commentaire sur la Thora (ad hoc) complète ces enseignements et nous dévoile un nouvel aspect du rôle extraordinaire de la mère juive.
En raison de limportance de ce texte, nous le citons in extenso :
« Le nom de sa mère était Chelomith bat Divri : Lorsque lon voit chez une personne de linsolence et des traits de caractère négatifs, cest que sa mère a eu une relation interdite ou des mauvaises pensées.
Si la Thora ne mentionne le nom de la mère du blasphémateur quaprès avoir raconté lacte de ce dernier, cest pour nous faire comprendre que cest sa mère qui est à lorigine de cette faute.
La raison profonde de ce phénomène est que lembryon se crée dans le placenta de la mère et quil grandit dans son corps.
Après sa naissance, il continue dêtre nourri par elle. Cela entraîne que son caractère est marqué de façon beaucoup plus forte par la mère que par le père.
Ses actes ressembleront plus à ceux de sa mère quà ceux de son père.
Cest la raison pour laquelle les Rois dIsraël sont toujours mentionnés avec le nom de leur mère.
Cela est dautant plus vrai dans le positif : lorsquun homme est juste, humble, et plein de vertus, cest une preuve absolue que sa mère était pudique et que ses pensées étaient pures. Ce sont ces qualités qui lui ont fait mériter un tel enfant.
La branche est un témoin de la qualité de la racine
cest ce que le Roi David a exprimé quand il dit :
« Oh ! Grâce, Seigneur, car je suis ton serviteur, je suis ton serviteur, fils de ta servante » (Psaumes 116 ; 16).
Des quelques lignes de Rabbénou Bahya, se dégage une leçon de vie : La réserve et la pudeur de la femme juive vis à vis des hommes nest pas seulement une vertu, cest une nécessité absolue, cest un mode déducation et de vie.
Et cela concerne toutes celles qui veulent garder la fierté et lhonneur dêtre une bat Israël (fille dIsraël), et qui veulent que se réalise leur espoir davoir, pour reprendre les mots de Rabbénou Bahya, des enfants justes, humbles et pleins de vertus











