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Le voile n'est pas le problème ! par Guy Millière
07/02/04http://www.les4verites.com/articles/N%B0434_Islam_Guy+Milli%E8re_Le+voile+n%92est+pas+le+probl%E8me+%21_100.html
A propos du nouveau livre de l’auteur : Guy Millière, Qui a peur de l'islam ? Le XXIe siècle sera-t-il musulman ?
Le débat actuel sur la laïcité en France me consterne. On parle de voile, ostensible ou ostentatoire. On parle des kippas juives, dont il n’avait jamais été question parce qu’elles n’ont jamais posé problème. On parle du turban des hindouistes et des sikhs, et on propose comme alternative (on est moderne !) le turban en plastique transparent. On parle même de barbe : je veillerai à la longueur et je prendrai moi-même les mesures, aurait dit Luc Ferry, paraphrasant l’inénarrable phrase d’Yvette Roudy sur l’égalité des sexes.
Pour mieux démissionner et esquiver, on limite le débat à l’enceinte de l’école, «lieu sacré de la République». Une fois hors de l’école, tout est différent : l’islam est une religion de paix et de tolérance, bien sûr. C’est, comme l’a rappelé Jacques Chirac, l’une des racines et [l'un] des fondements des civilisations européennes. «C’est, a dit Bernard Stasi, une foi respectable qui doit avoir toute sa place dans la société française». Seuls quelques «extrémistes» qui déforment le visage de l’islam créent des perturbations, et cela parce que nous n’avons pas traité les vraies causes du problème : l’exclusion sociale et le racisme, qui mènent nombre d’Arabes à un repli forcé vers leur communauté. Luttons contre «l’exclusion sociale et le racisme», plaidons pour la «tolérance», et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il y aura un islam à la française, très différent, bien sûr, de celui qu’on rencontre en Afrique du Nord ou au Proche-Orient.
De qui se moque-t-on ? Les problèmes de viols collectifs, d’intimidation des jeunes filles et d’agressions de celles qui ne respectent pas la loi des grands frères seraient des problèmes sociaux qui n’ont rien à voir avec l’islam ? Ce serait un hasard si les grands frères en question sont tous musulmans ? Il ne faudrait pas le dire, de peur de paraître «islamophobe» ? Il faudrait nier que les agressions antisémites se sont multipliées en France, ces dernières années, et que leurs auteurs ont été presque toujours des «jeunes» musulmans ? Il faudrait croire que la prolifération du voile est celle d’un simple morceau de tissu rendant ostensible (ou ostentatoire ?) l’appartenance à une religion ? Et faire croire que c’est la même chose qu’une kippa, qu’une croix ou qu’un turban ? Il faudrait croire que va magiquement se constituer un islam de France qui n’aura rien à voir avec le reste de l’islam ?
La situation dramatique dans laquelle nous sommes, impliquerait que nous osions regarder droit devant nous et dire : partout où il existe, l’islam est traversé par un retour à l’interprétation littérale des textes et par le prosélytisme qui en découle. Il redevient l’«islam militant» et se dote de soldats en uniforme, et le voile est l’uniforme des femmes de l’«islam militant». Le retour au sens littéral des textes est logique dès lors qu’en terre d’islam, leur interprétation (itjihad) est interdite depuis huit siècles, ce qui fait de l’islam un dogme féodal incapable de comprendre le monde moderne et de s’y intégrer. Nulle part, ou presque, en terre d’islam, il n’y a de démocratie ni de développement, ni d’égalité de droits entre les hommes et les femmes, entre les musulmans et les non-musulmans. Dans l’islam tel qu’il est, l’expression «islam de France» a autant de sens qu’en avait l’expression communisme français à l’époque de l’internationale communiste: les fidèles sont membres de la oumma transnationale. Les musulmans de France ne peuvent que se sentir concernés par ce qui se passe ailleurs en terre d’islam, et tant que l’islam militant et l’antisémitisme se propageront en terre d’islam, nous en aurons les retombées chez nous.
Les solutions, en pareil contexte, peuvent être autoritaires, façon Ataturk : jusqu’à aujourd’hui, les imams turcs sont soumis à une surveillance et à une censure impitoyables. Ou façon Ben Ali, en Tunisie. On peut espérer que les assouplissements tentés par les rois de Jordanie et du Maroc porteront leurs fruits, ou que la recomposition du Proche-Orient, entreprise par l’administration Bush, sera féconde. On peut, en attendant, lancer le débat afin d’inciter à la modernisation de l‘islam. Sans tabou ni timidité. En n’hésitant pas à appuyer où cela fait mal. On peut expliquer aux musulmans ce qui fonde la méfiance des Occidentaux, et leur dire que c’est leur intérêt de faire le ménage dans leurs rangs et dans leur tête, s’ils veulent que la méfiance s’évanouisse.
On ne peut, tout à la fois, fermer les yeux, avoir une «politique arabe» d’apaisement anti-américaine et anti-israélienne, tenir un discours politiquement correct disant «tout le monde est beau, tout le monde est gentil», et vouloir en même temps légiférer sur le voile à l’école, sans glisser vers le ridicule, l’incohérence, l’arbitraire et une fausse fermeté, complètement stérile et contre-productive.
Guy Millière
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Mis en ligne le 08 février 2004 sur le site www.upjf.org











