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Redeker sous le coup dune fatwa mortelle: «C'est dur de devoir tout à coup me cacher»
De l'endroit où il est tenu au secret, Robert Redeker a accepté de répondre aux questions de "La Dépêche du Midi".
28/09/06
Texte repris de La Dépêche du Midi
Comment vivez-vous votre isolement ?
C'est dur de devoir tout à coup me cacher, quitter ma maison, mes amis, mon métier, mes élèves. Mais il me faut tenir.
Que ressentez-vous face à ces graves menaces ?
De l'angoisse, dans un premier temps, car ces menaces sont précises et visent ma vie. De la tristesse, ensuite, car ce qui m'est fait correspond tout à fait à ce que je dénonce dans mes écrits : l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique de l'islam.
Vous regrettez d'avoir écrit ce texte ?
Pas du tout. J'agis ici strictement dans le cadre de notre légalité républicaine. Je ne fais qu'exercer un droit constitutionnel, celui qui nous garantit la liberté d'expression.
Vos adversaires ne le reconnaissent pas ?
Non seulement ils ne le reconnaissent pas, mais les forces obscurantistes auxquelles je suis confronté, veulent le détruire et lui substituer la notion inacceptable de délit d'opinion. J'ai l'impression d'être engagé, malgré moi, dans un combat du XVIIe ou du XVIIIe siècle. Celui qui consistait à s'opposer à l'intolérance religieuse.
Un combat qu'on croyait gagné ?
Oui, mais ce qui est plus grave encore, c'est que ces forces qui nous font aujourd'hui du chantage au terrorisme pour que nos traditions de liberté soient abolies, viennent de l'extérieur. De ce point de vue, les menaces qui sont exprimées, constituent une atteinte à notre souveraineté nationale.
Si vous aviez à leur parler, que diriez-vous à ces gens ?
Que la démocratie, issue de notre histoire, est fondamentalement basée sur le débat contradictoire.
Avez-vous le sentiment d'avoir été trop loin dans vos écrits ?
Nullement. Mon propos est adossé à des thèses officiellement reconnues. Je cite en particulier Maxime Rodinson et les vérités qu'il a énoncées dans l'Encyclopedia Universalis. Des paroles aussi importantes que taboues, en France, mais en aucune manière excessives. Par ailleurs, je voudrais faire remarquer que, pour le christianisme, on est allé beaucoup plus loin. En France notamment, et depuis des décennies. Souvenez-vous des couvertures d'Hara-Kiri sur Dieu ou sur Jésus. Au fond, depuis Voltaire, il n'y a plus de délit d'irrévérence en matière de religion. On ne va pas tout de même pas abolir tout cela.
Vous avez été contraint de quitter vos élèves. Avez-vous un message à leur délivrer ?
Je voudrais leur demander de bien prendre garde, toujours, de conserver et de défendre leur liberté de penser et de s'exprimer. Il leur faut être vigilants.
Propos recueillis par Jean-Jacques Rouch
© La Dépêche du Midi
Mis en ligne le 29 septembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











