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Islam
Les précédentes affaires opposant liberté de création et Islam
Il faut lire cette macabre litanie pour comprendre ce qui se passe en ces jours. Ces fanatiques ont réellement besoin d'une thérapie. (Menahem Macina)
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Mis en ligne le 03/02/2006 sur le site de la Libre Belgique.
 
Fatwas, procès, violences, assassinats: la crise entre l'Europe et le monde musulman consécutive à la publication de caricatures du prophète Mahomet a connu de nombreux précédents, nés de l'antagonisme entre liberté de création et blasphème religieux envers l'Islam.
  • L'écrivain britannique Salman Rushdie, auteur des "Versets sataniques", dont un passage met en scène des prostituées rêvant d'être les femmes de Mahomet, est condamné à mort le 14 février 1989 par une fatwa (décret religieux) émise par l'ayatollah Rouhollah Khomeiny. Le fondateur de la république islamique d'Iran demande "à tous les musulmans du monde d'exécuter rapidement l'auteur et les éditeurs du livre, n'importe où dans le monde, afin que personne n'ose plus offenser les valeurs sacrées des musulmans".
    La fatwa est assortie d'une récompense de trois millions de dollars si son exécuteur est Iranien, un million si c'est un étranger. Salman Rushdie vit sous protection policière depuis cette date. En septembre 1998, les autorités iraniennes se sont engagées à ne pas faire appliquer la fatwa, sans toutefois la lever.
    En 1991, son traducteur japonais est assassiné et son traducteur italien est blessé d'un coup de couteau.
  • Quarante personnes sont tuées et 60 blessées le 2 juillet 1993 à Sivas, dans l'est de la Turquie, dans l'incendie d'un hôtel où séjournait l'auteur satirique turc Aziz Nesin, au cours de manifestations intégristes de protestation contre ses propos jugés "blasphématoires" envers l'islam.
  • L'écrivain féministe du Bangladesh Taslima Nasreen est condamnée à mort en septembre 1993 par une fatwa d'un groupe islamiste, le Conseil des soldats de l'Islam, en raison de son livre "Lajja" (La Honte) et des propos, jugés blasphématoire envers le Coran, tenus lors d'interviews.
    Taslima Nasreen, qui proclame son athéisme, reproche notamment au Coran d'avoir créé "d'injustes différences entre les hommes et les femmes".
    Recherchée par la justice de son pays, après la participation de plus de 200.000 personnes à des manifestations exigeant qu'elle soit pendue, elle quitte secrètement le Bangladesh en 1994.
    Elle est condamnée par contumace à un an de prison en 2002 pour avoir "heurté les sentiments religieux".
  • Plus de 220 personnes sont tuées et plus de 1.100 blessées dans le nord du Nigeria du 20 au 23 novembre 2002 dans des émeutes entre musulmans et chrétiens, après la publication, dans le journal nigérian, The Day, d'un article consacré à l'élection de Miss Monde, jugé blasphématoire par les musulmans.
    Dans cet article, une jeune journaliste écrivait que le prophète Mahomet ne se serait pas plaint du concours et aurait même choisi l'une des candidates pour se marier.
    Le concours, qui devait se tenir à Abuja, la capitale du pays, se tient finalement à Londres.
  • Le cinéaste néerlandais Theo van Gogh est assassiné le 2 novembre 2004 dans une rue d'Amsterdam par un jeune extrémiste musulman, Mohammed Bouyeri, qui ouvre le feu sur le cinéaste avant de l'égorger au couteau.
    Provocateur, auteur d'une vingtaine de films, Theo van Gogh avait réalisé le pamphlet "Submission", un court métrage sur le Coran et la soumission de la femme diffusé par une chaîne de télévision publique en août 2004.
    Basé sur le scénario d'une parlementaire libérale d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, qui a fait de la lutte contre les dérives de l'islam envers les femmes son cheval de bataille, ce brûlot lui avait valu plusieurs menaces de mort et des procès.
    "J'ai tué Theo van Gogh parce qu'il avait insulté le prophète (...) et le prophète a explicitement dit que de tels personnages devaient avoir la tête arrachée", a expliqué l'assassin lors de son procès, qui le condamne à la prison à vie, le 26 juillet 2005.
  • L'écrivain pakistanais Younus Shaik est condamné, le 11 août 2005, à la prison à vie par un tribunal de Karachi, pour avoir écrit dans "Shaitan Maulvi" (Le religieux satanique), un livre jugé blasphématoire, que les quatre premiers imams étaient juifs et que la lapidation à mort pour adultère n'était pas évoquée dans le Coran.

© La Libre Belgique
 
Mis en ligne le 04 février 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
 
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