Original anglais : "IDF demands uncut al-Dura tape".
Traduction française : Menahem Macina

Al-Dura et son père (2000), pris sous quels tirs ?
Larmée israélienne de défense (Tsahal) est sortie de son silence officiel sur une affaire qui remonte à sept ans, et qui a été considérée comme une calomnie meurtrière [1] à lencontre de Tsahal et de lEtat dIsraël.
Le 10 septembre, le commandant de Police adjoint du Bureau du Porte-parole de Tsahal, le colonel Shlomi Am-Shalom, a adressé une lettre au correspondant permanent en Israël de la chaîne de télévision France 2, Charles Enderlin, à propos du reportage réalisé par Enderlin, le 30 septembre 2000, dont une séquence de 55 secondes a été diffusée sur ce qui sest passé au carrefour de Netsarim au centre de la bande de Gaza, censée démontrer que Tsahal aurait pris sous son tir lenfant al-Dura, alors âgé de 12 ans, et laurait tué.
Après sa diffusion exclusive, le même jour, France 2 offrit gracieusement la vidéo à tous les médias. Le film, et le récit de la mort dal-Dura prétendument attribuée à Tsahal furent rapidement rediffusés dans le monde entier.
En quelques jours, al-Dura devint un symbole de la guerre palestinienne contre Israël. A plusieurs reprises, des terroristes et leurs partisans ont évoqué son patronage pour justifier leurs assassinats dIsraéliens, de Juifs et de leurs défenseurs occidentaux.
Dans sa lettre, le colonel Schlomo Am-Shalom, demande lentièreté du film de 27 minutes, tourné ce jour-là par le caméraman de France 2, Talal Abu-Rahma, ainsi que la séquence filmée par le même le 1er octobre 2000. Am-Shalom a demandé que les films, de qualité diffusable, soient envoyés à son bureau, avant le 15 septembre, dernier délai. Jusquici, France 2 na pas encore déféré à cette demande.
La démarche de Tsahal a pour toile de fond la bataille juridique menée contre France 2 par lobservateur des médias français, Philippe Karsenty, concernant la couverture médiatique de laffaire al-Dura.
Lannée dernière, France 2 et Enderlin ont assigné en justice Karsenty, qui dirige le site Web dobservation de la presse, Media Ratings, sous le chef dinculpation de diffamation, pour une lettre, diffusée en 2004, accusant France 2 davoir mis en scène le reportage sur al-Dura.
Karsenty exigeait également la démission dEnderlin et de la responsable de linformation, Arlette Chabot, pour leur rôle dans la diffusion de ce bobard médiatique supposé.
En octobre 2006, un tribunal français donna raison à France 2 et à Enderlin contre Karsenty.
Le tribunal reconnaissait que Karsenty avait fourni des preuves importantes indiquant que lévénement avait été mis en scène. Toutefois, dans son jugement, favorable aux plaignants, les juges dirent que les accusations de Karsenty manquaient de crédibilité parce que, affirmaient-ils à tort, ses accusations reposaient sur une seule source.
Le tribunal soulignait aussi quaucune autorité israélienne, ni larmée qui est pourtant la plus concernée -, ni le [ministère] de la Justice, navaient accordé le plus infime crédit aux allégations [de Karsenty] concernant lauthenticité du reportage de France 2.
Dans sa lettre à Enderlin, Am-Shalom conteste lassertion des juges, en ces termes :
« Je dois faire remarquer [que leur affirmation] ne correspond ni aux tentatives répétées, faites par Tsahal, pour recevoir le matériel filmé, ni aux conclusions de la commission d'enquête de larmée [sur les prétendus tirs], qui ont été largement diffusées dans les médias internationaux et français. »
Am-Shalom donne le détail les résultats de linvestigation de Tsahal concernant lincident. Cette enquête fut ordonnée par le Major-général Yom Tov Samia, qui était alors Commandant en chef de la zone sud.
Citant Samia, Am-Shalom écrit :
« Le général a clairement établi que, daprès lanalyse de tous les éléments recueillis sur les lieux, y compris lemplacement de la position de Tsahal, la trajectoire des balles, lendroit où se trouvaient le père [Jamal al-Dura], et son fils, derrière un obstacle, la cadence des tirs, langle de pénétration des balles dans le mur derrière le père et son enfant, et lheure des événements, nous pouvons exclure, avec la plus grande certitude, la possibilité que les tirs, qui ont apparemment atteint lenfant et son père, aient pu être le fait des soldats de Tsahal, qui, à ce moment-là, se trouvaient à lintérieur de leur position fixe [au carrefour]. »
Am-Shalom note en outre que :
« Le général Samia a insisté auprès de moi sur le fait que toutes ses tentatives en vue de recevoir les matériaux filmés, pour les besoins de son enquête, ont été rejetées. »
Tsahal a un besoin urgent de cette séquence filmée, affirme Am-Shalom, car
« elle a été réclamée pour le commentaire du jugement du 19 octobre 2006 [contre Karsenty] sur cette question, qui doit venir en discussion devant une cour dappel française le 19 septembre. »
Et dajouter :
« Ayant eu connaissance de ce quil y a eu des tentatives de mise en scène médiatique dévénements [le même jour], et comme un doute a été soulevé dans ce sens concernant le récit disputé, nous avons demandé à recevoir les matériaux susmentionnés afin d'en finir avec cet épisode et de parvenir à la vérité. »
Dans le passé, Tsahal a hésité à prendre une position ferme dans laffaire al-Dura. A lépoque de lincident, le lieutenant-général Shaül Mofaz, alors chef détat-major, ainsi quEhud Barak, alors Premier ministre et ministre de la Défense, nont pas ouvertement soutenu lenquête de Samia, ni ses résultats.
A une date aussi récente que le 23 juin 2006, le Brigadier-général Miri Regev, alors porte-parole de Tsahal, déclarait encore au Haaretz :
« Je ne suis pas en mesure de décider si Tsahal est responsable ou non de la mort dal-Dura. »
Au lendemain du procès au civil de Karsenty, lan dernier, Tsahal a été lobjet dune critique considérable, tant en Israël, que de la part de groupes juifs à létranger, pour son silence sur cette question.
Tandis que Tsahal gardait un silence officiel, des enquêtes privées, réalisées au cours des années écoulées par divers organismes de presse et des militants sur le Web, ont gravement mis en cause la véracité du reportage de France 2.
Ces investigations ont démontré que les prétendues "attaques" de Tsahal contre des civils palestiniens ont été ouvertement mises en scène par des caméramen et des habitants palestiniens du lieu, durant toute la journée où al-Dura aurait prétendument été abattu, au carrefour de Netsarim.
Am-Shalom a adressé des copies de sa lettre au général Samia, au Major-général Dan Harel, qui prend ses fonctions comme chef détat-major, au représentant de France 2 en Israël, au président de la chaîne France 2, et à Philippe Karsenty.
Caroline Glick
© Jerusalem Post
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Note du traducteur
[1] Lexpression anglaise, "blood libel", souvent traduite, à tort, par accusation de 'crime rituel', connote une fausse histoire de meurtre inventée pour faire sensation et provoquer la haine.
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[Texte anglais aimablement signalé par IMRA - Independent Media Review and Analysis - Website: www.imra.org.il.]
Mis en ligne le 17 septembre 2007, par M.











