30/05/08
Mis en ligne le 29 mai 08 sur le site "Un écho d'Israël"
Kyriat Shemona (La colline des huit) est une ville de développement située dans le « doigt de la Galilée », dans la partie nord-ouest de la vallée du Houlé, à 5 km de Métoula. Son nom (la colline des huit) vient de Yossef Trumpeldor et de ses 7 camarades, tombés en 1820 à Tel Haï, yishuv voisin. Kyriat Shemona est située à quelques kilomètres seulement de la frontière libanaise. En janvier 2005 Kyriat Shemona comptait près de 22 000 habitants.
Kyriat Shemona a été fondée en 1950 comme camp de baraquements pour les immigrés sur les terres du village arabe abandonné, Khalessa. Au début, on la appelé « Kfar Yossef », (le village Yosef), du nom de Trumpeldor. Le village intégra ensuite de nombreux immigrants, surtout dAfrique du nord, et un nouveau quartier fut construit. En 1953, il devint une municipalité à part entière, et en 1974, après un attentat de terroriste palestinien au cours duquel 18 habitants trouvèrent la mort, il fut décidé de le renforcer et de le développer. Cest alors quil devint une ville.
Le caractère de la vie de la ville a été influencé par létat de tension entre les deux pays, Israël et le Liban. Au cours des années, la ville a été plusieurs fois la cible dactes terroristes, et déjà en 1950, un groupe de terroristes avait pénétré dans la ville et assassiné deux de ses habitants.
La principale menace pour la vie des habitants sest développée dans les années 70, avec le réarmement au Liban des organisations terroristes et des Palestiniens aussi bien avec de lartillerie quavec des roquettes (katiouchot). En 1969, le premier tir a touché la ville. Pendant les années 70 et début 80, ces tirs se transformèrent en une vraie menace pour la vie des habitants, menace qui devint lune des principales causes de la première guerre du Liban en 1982. Avec la détérioration de la sécurité, la vie normale des habitants fut perturbée, et ceux-ci passèrent beaucoup de temps dans les abris. La situation économique de la ville, qui nétait déjà pas brillante, empira, et pas mal dhabitants quittèrent la ville ces années-là.
Malgré la fin de la Première guerre du Liban, les tirs de katiouchot nont pas cessé, envoyés tant par les Palestiniens, que plus tard, par lorganisation du Hezbollah. Ces tirs sur le nord dIsraël et sur Kyriat Shemona en particulier ont entraîné des opérations militaires comme "Justice rendue" ou encore "Les raisins de la colère". Les tirs ont presque complètement cessé après le retrait de Tsahal du sud Liban en 2000.
Jusquau 24 mai 2000, la ville avait reçu 3964 obus qui ont tué 24 personnes, endommagé 6854 appartements, et détruit 244 voitures. En 2000, les forces de Tsahal se sont installées sur la frontière internationale.
Les années suivantes, un certain calme se maintint, mais en juillet 2006, après la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah, Israël entreprit la Seconde guerre du Liban. Au cours de celle-ci, le Hezbollah lança des milliers de roquettes sur Israël, dont 520 sur Kyriat Shemona. De nombreux habitants quittèrent alors leur maison et se réfugièrent dans des régions plus calmes. Ceux qui restèrent passèrent la majorité du temps dans les abris.
Les habitants de cette ville travaillent dans lindustrie, le commerce, dans les services et dans les exploitations agricoles des localités voisines. La ville est reconnue comme « ville de développement » surtout à cause de son manque de sécurité, et cela permet de favoriser dans une certaine mesure, lexpansion des entreprises grâce aux avantages fiscaux accordés par lEtat. Malgré cela, Kyriat Shmona souffre de chômage, surtout pour le personnel académique.
Sur le plan touristique, Kyriat Shemona est connu pour son funiculaire le plus long du pays (1900 mètres) qui va depuis le sud de la ville jusquà la falaise de Manara sur laquelle est construit un kibboutz. De là, on peut admirer une superbe vue sur toute la vallée du Houlé. Les itinéraires de randonnées ne manquent pas, et un centre de sport avec mur descalade et falaise très abrupte, permet les descentes en rappel.
Cecile Pilverdier
© Un écho d'Israël
Mis en ligne le 30 mai 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











