Article remis en tête de liste une première fois le 08/02/05, et une deuxième fois, ce jour (13/02/08).
Rappelons que l'on peut consulter tous les articles mis en ligne depuis 2000 sur cette affaire délicate - qui agite les sites juifs, mais sur laquelle la presse française observe un silence rigoureux -, sur le site personnel de M. Macina, aux liens suivants : Affaire al-Dura Textes Récents ; Al-Dura - France 2 (Affaire) - Tous les articles.
Makor Rishon
4 avril 2003
[Traduction française de Michel Grinberg en exclusivité pour upjf.org.]
La mémoire visuelle du général (de réserve) Yom Tov Samia [2] et les affirmations du caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, laissent peu de doutes sur les véritables auteurs de lassassinat du petit Mohammed al-Dura.
Pour la première fois, le général (de réserve) Yom Tov Samia a fait une déclaration publique à propos de laffaire Mohammed Al-Dura, au Jerusalem Center for Public Affairs, en mars dernier. Parmi les nombreuses choses intéressantes quil avait à dire, les plus saillantes concernaient larrivée effective de lenfant au carrefour de Netsarim, le 30 septembre 2000, vers midi, et les rushes des films qui sont en la possession de France 2.
« Lenfant nest pas arrivé là par hasard »,
a affirmé Samia.
« Un échange de tirs qui dure cinq heures nattire pas les enfants. Et jajouterai quelque chose que vous devez bien noter: le Shabak (service des Renseignements généraux) a prouvé que, durant les deux semaines qui ont précédé lincident, lenfant était présent lors des jets de pierres qui sy déroulaient ».
Samia a indiqué que lenfant Al-Dura et son père, Jamal, avaient, bien sûr, lintention daller voir une voiture dans un dépôt de voitures doccasion, et, pour ce faire, avaient emprunté un raccourci qui ne passait pas par le carrefour de Netsarim. Cest au retour, et justement alors quil y avait des tirs, quils sont passés par ce carrefour.
« Pendant 45 minutes, le père et son fils trouvent refuge derrière lendroit qui les protège",
a affirmé le général Samia
« Il y a des passages de films qui montrent que, durant ces 45 minutes, un grand nombre dindividus ont bougé, passant dun endroit à un autre. Pourquoi, le père et lenfant, eux, nont-ils pas bougé et sont-ils restés au même endroit? Ils ont visiblement un rôle dans ce spectacle ».
Samia a mis en cause la chaîne France 2 qui, malgré limportance décisive de lévénement, refuse de montrer tout le matériau filmé autour de cette fusillade, au centre de laquelle se trouve lenfant Mohammed Al-Dura. Daprès le caméraman Talal Abu-Rahma, il reste 6 minutes filmées qui ne senchaînent pas avec les comptes rendus sur la fusillade. Yom Tov Samia ainsi que Nahum Shahaf, qui a mené une enquête - assurent que France 2 dispose dencore au moins 27 minutes de matériau brut sur lincident. Ils sont persuadés quil y en a même beaucoup plus, mais France 2 refuse de les communiquer.
« Charles Enderlin (journaliste à France 2) ment, à deux reprises »,
accuse Samia.
« La première fois, lorsquil dit quil est prêt à communiquer ses rushes à qui le souhaite; la seconde, quand il déclare les avoir transmis à qui les demandait ».
Ce débat sur laffaire Al-Dura a eu lieu lors dune projection privée du film dEsther Shapiro, réalisé pour la télévision allemande. Dans ce film, un soldat israélien affirme une chose étonnante:
« Les premiers qui sont apparus (le matin) ont été les journalistes. Dès que nous les avons vus, nous avons su que quelque chose allait se passer. »
Samia confirme ce compte rendu et raconte comment il a vu, pour la première fois, lincident à la télévision :
« Jai la chance davoir une excellente mémoire visuelle. Jai tout de suite soupçonné que quelque chose se tramait et nétait pas logique lorsque jai vu la séquence sur lune des chaînes. Je ne me rappelle plus laquelle. Ce même soir, après le Shabbat, quand jai regardé la télévision, je me suis rendu compte que les séquences présentées sur ces deux chaînes nétaient pas les mêmes. France 2 a décidé de donner aux chaînes des séquences différentes. Jai immédiatement téléphoné à létat-major général et leur ai dit: 'Ne faites rien à propos de lenfant palestinien. Laissez-moi men occuper'. Oui, nous déplorons tous quun enfant ait été tué, mais de là à se hâter den assumer la responsabilité, dès le lendemain ! Et ceci alors que le commandant des opérations leur avait dit de ne pas sen occuper. »
Samia raconte quen fait, le chef du gouvernement et ministre de la défense dalors, Ehoud Barak, en accord avec le général Giora Eigland et également, selon certains, avec le chef détat-major adjoint de lépoque, Bougi Yaalon, se sont lourdement trompés en admettant la responsabilité dIsraël dans lassassinat de Al-Dura. Ils ont pensé que cétait le moyen le plus rapide et efficace dévacuer cette affaire de lordre du jour.
Samia reconnaît aujourdhui quil est clair que lenfant
« sil a réellement été tué lors de cet affrontement » -,
ne la pas été par des tirs de soldats de Tsahal. Il attire lattention, entre autres, sur deux déclarations claires du caméraman Abu-Rahma et du père.
« Celui qui comprend larabe entend le père dire explicitement : lenfant est mort, bien avant quil semble avoir été tué dans le film »,
comme Samia lindique en citant le père dans le film.
« Lenfant est mort bien avant quon le voie mort, et que dit Talal Abu-Rahma : "Dans lensemble de ce qui est diffusé, il est clair (à propos de lenfant), quil ny a eu de tirs que dun côté juste derrière moi." Je crois quil sait distinguer la direction des tirs. Il ny a aucun doute que, derrière Talal Abu-Rahma, il ny a quune position palestinienne. La pita, comme nous lappelions. La position israélienne est à lopposé. Derrière le caméraman palestinien, il ny avait pas de postes israéliens, mais seulement des Palestiniens. »
Le général Samia a causé la surprise lorsquil a précisé la date exacte à laquelle, selon lui, ont commencé la programmation et les préparatifs de la guerre de terreur de lAutorité Palestinienne.
« Cette guerre a été organisée et préparée, de manière minutieuse, depuis mai 1994, lors de la signature des accords du Caire, quand Arafat a refusé dapposer sa signature sur les cartes et quil y a eu la dispute bien connue, au cours de laquelle Moubarak lui a crié: "Ya caleb ibn caleb!" (espèce de chien, fils de chien!). »
Samia témoigne quil faisait partie de léquipe de négociations, au Caire, quil était attentif au problème et quil avait mis en garde le chef du gouvernement, Rabin. Ce dernier a, bien sûr, exigé dArafat quil signe.
La question qui se pose est : pourquoi a-t-on si longtemps dissimulé ces graves signes avant-coureurs?
© Makor Rishon pour loriginal
upjf.org et Michel Grinberg pour la traduction française
Notes de la Rédaction d'upjf.org
[1] Voir : Frimet Roth, "En admettant sa faute, le gouvernement israélien accrédite le mythe al-Dura".
[2] Maqor Rishon. Il n'a pas été possible, pour l'instant de retrouver la trace de cette publication. Voir, toutefois, entre autres : Recherche Google sur les articles en hébreu consacrés à cette affaire, Uzi Barouch, "LEtat dIsraël reconnaît : Le reportage sur la mort de Al-Dura a été mis en scène" ; M. Macina, "Israël va-t-il vraiment franchir le Rubicon dans la gestion de laffaire al-Dura ?" ; "Lettre de Dany Seaman, directeur du Bureau de Presse du gouvernement israélien, à l'association de juristes, Shourat haDin" ; התחקיר: מוחמד א-דורה לא נפגע כנראה מאש צה"ל
[3] Le général de réserve Yom Tov Samia était, à lépoque, commandant de la région militaire sud.
Remis en ligne le 13 février 2008, par M.











