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Mofaz, l'étoile qui monte, Albert Soued
24 novembre 2003 D'après Jerusalem Report, Haaretz, Jerusalem Post
Connaissez-vous Shaoul? C'est un homme qui a le regard à la fois tendre et déterminé, à la fois espiègle et triste, à la fois perçant et charitable.
Shaoul Mofaz a le même âge que l'Etat d'Israël. Immigré de Perse à l'âge de 9 ans, ses parents s'installent à Eilat. Shaoul a d'abord une vocation agricole, et ses parents l'envoient étudier en tant qu’interne à l'école d'agriculture de Nahalal, où il se frotte à l'élite du pays. Pendant le service militaire, il se porte volontaire dans l'unité de parachutistes et grâce à ses performances et à son intrépidité, il devient commandant de la section de reconnaissance. Pourtant, il échoue, à trois reprises, à l'école des officiers. Il aurait pu, à ce stade, quitter l'armée comme sergent. Mais voilà que, lors d'une embuscade difficile sur le Jourdain, où il fallait surprendre des terroristes infiltrés, il invente une nouvelle méthode d'interception - appelée depuis "la méthode Mofaz" - qui surprend et anéantit le groupe terroriste, sans pertes du côté israélien. Il est alors accepté à l'école des officiers et en devient même le directeur. Il se distingue à la guerre de Kippour, en 1973, en se faisant larguer derrière les lignes syriennes pour couper des renforts venant d'Irak. En 1976, il participe au sauvetage des passagers à l'aéroport d'Entebbe, en Ouganda, avec Yoni Natanyahou.
Shaoul Mofaz poursuit une carrière militaire et il devient commandant des forces de Tsahal, en Cisjordanie, en 1993, puis chef d'état-major, en 1998. Il est aujourd'hui ministre de la Défense.
Mofaz parraine un foyer de soldats sans famille, Beit Kobi, et sa fierté c'est "Atidim", une organisation qui prend en charge des jeunes déshérités, finance leurs études supérieures et universitaires, les équipe de moyens informatiques et les prépare aux besoins techniques et scientifiques de l'armée.
Shaoul est un homme qui parle peu, toujours à propos, mais surtout qui agit. Des guerres imposées par les pays arabes et par l'Autorité Palestinienne à Israël, il a tiré non seulement un enseignement, mais aussi une stratégie. Il a l'avantage de bien connaître le mode de pensée et de réaction de l'ennemi. Pour lui, il n'y aura pas de raccourci dans le conflit imposé par l'adversaire: il faut être plus patient que lui!
Non seulement l'impatience est la mère des défauts, mais elle risque de torpiller la stabilité de l'Etat d'Israël. Le monde arabe a son propre rythme d'évolution qui ne se mesure pas en années, mais en générations. Par conséquent, rien ne sert de courir de processus ratés en accords non moins ratés, qui ne font qu'affaiblir la position de l'Etat d'Israël. Il n'y a pas de solution possible à court terme, et les vendeurs d'utopies ou de solutions "pressées" se trompent et risquent d'entraîner le pays dans leur chute. Dans tous les cas, leur démarche enhardit les promoteurs de la terreur et de l'intimidation.
Shaoul Mofaz est conscient qu'en fin de compte une solution politique prévaudra; mais il ne faut ni la précipiter ni la bâcler, sinon, on se retrouvera non seulement à la case départ, mais peut-être même en deçà. Pour lui, il faut d'abord affaiblir les organisations terroristes et les neutraliser; et, à son avis, c’est possible militairement. Une fois la sécurité rétablie, il faudra donner le temps et les moyens aux Palestiniens de renverser la vapeur de l'incitation à la haine. Et ce n'est pas une mince affaire, étant donné les dégâts déjà causés aux relations israélo-palestiniennes. Ensuite, il faudra inciter l'Autorité à se réformer sur le plan démocratique et sur le plan financier et économique, de façon qu'elle puisse dégager un nouveau leadership pacifique, sérieux et conséquent. Ce processus sera long, car on ne change pas les mentalités en un tour de main. L'essentiel c'est de commencer à "renverser la vapeur", et cela ne peut s’obtenir sans élimination effective de la terreur.
Mofaz est contre la séparation unilatérale des populations, car cela est illusoire, la haine et la terreur augmenteraient et on n'arrivera jamais, à terme, à une solution politique.
Le gouvernement devrait encourager les naissances et l'immigration, au lieu de diminuer les allocations familiales ou les facilités pour les nouveaux immigrants.
Dans le monde arabe, la Syrie a un mauvais chef qui risque de faire une erreur de calcul en soufflant sur la braise. Avec un chef vieillissant, l'Egypte cherche une certaine prééminence dans le monde arabe à travers son arsenal militaire démesuré.
En ce qui concerne le nucléaire iranien, il constitue une menace sérieuse pour tout le Moyen-Orient. Le point de non retour sera atteint dans un an et il faudra résoudre le problème bien avant, d'une manière ou d'une autre.
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© Albert Soued *
* Ecrivain, www.chez.com/soued
Mis en ligne le 24 novembre 2003 sur le site www.upjf.org











