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Toujours fou : Pourquoi nous avons fait notre Alyah, par Sol Jakubowicz *
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Durant deux mille ans d’exil, les juifs ont pleuré et prié pour retourner dans leur terre. Maintenant nous pouvons le faire simplement en sautant dans un avion. Pourquoi donc ne le faisons nous pas ?

Article mis en ligne en anglais sur le site Aish haThora

Traduction française par Elodie Aidan pour reinfo-israel. Reproduction autorisée sous réserve des mentions d’usage, plus celle ci (qui est obligatoire) : « Traduction par Elodie Aidan pour www.reinfo-israel.com.

Voir Original anglais

Je suis enfin à la maison. Je vis parmi mon peuple. Je vis le rêve.

Tout ce qui suit se rapporte à ma nouvelle vie en Eretz Israel, la terre d’Israël.

J’ai toujours su, depuis mon premier retour d’Israël après une visite en 1983, qu’un jour, je vivrai ici. J’ai visité Israël à plusieurs reprises depuis. Chaque fois, alors que j’embarquais dans l’avion du retour vers le Canada, j’avais comme une boule à l’estomac. Quand reviendrai-je ? Comment reviendrai-je ? Comment puis-je partir tout en sachant que tant de choses excitantes sont sur le point de se passer ? Pourtant, d’une manière ou d’une autre je parvenais à éluder ces questions.

Mais pas pour longtemps.

Je me suis installé – je me suis marié et j’ai eu trois enfants. J’avais un bon travail, la sécurité de l’emploi et une maison, modeste mais séduisante, dans la banlieue de Toronto. J’avais une fourgonnette et une deuxième voiture familiale. Je vivais dans une des plus fortes communautés juives au monde. Je ne manquais de rien matériellement et je m’épanouissais spirituellement. Nous avions commencé à respecter le Shabbat, la cacherout et d’autres mitswo du mieux que nous pouvions. Mais je ne me sentais toujours pas «complet».

A chaque fois qu’il y avait un conflit en Israël, je regardais les événements se dérouler, de chez moi, en sûreté, au Canada. La Guerre du Golfe a eu un énorme impact sur moi. La première nuit de guerre, je voulais prendre l’avion pour être en Israël - pour partager les épreuves et le tribulations du peuple juif, et ne pas être pas simplement un «analyste politique en chambre», à 11.000 kilomètres de distance. Je savais que, quand tout serait fini, je ne serais pas en mesure de dire que j’y avais pris part. Telle était la situation quand ma femme et moi avons commencé à envisager sérieusement l’option de l’{i]Alyah, «monter» , au sens spirituel, en allant vivre en Israël.


La meilleure chose à faire

Nous savions que monter en Israël était la meilleure chose à faire.

Durant deux mille ans d’exil, les Juifs ont pleuré et prié pour retourner sur leur terre. Maintenant, nous pouvons le faire simplement en sautant dans un avion. Pourquoi ne le pourrions-nous pas?

Nous savions que cela serait mieux pour nous, pour nos enfants et même pour le peuple juif. Mais il était très difficile d’ignorer les «sacrifices» que ce déménagement allait entraîner.

Je devrais quitter mon travail stable, et en trouver un autre dans un pays différent. Nous devrions quitter notre très belle communauté au Canada, où nous avons de chers et grands amis pour nous soutenir. Nous devrions retirer nos enfants de leurs excellents écoles, trouver une communauté qui nous convienne et une école qui convienne à nos enfants.

La décision a été très difficile, et plus encore pour ma femme, Fran. Elle savait que nos conditions matérielles risquaient d’en pâtir, très certainement à court terme et probablement à long terme – l’Israélien moyen ne possède pas une maison de deux étages, avec quatre chambres, une pelouse à l’avant et à l’arrière, et une voiture, et encore moins deux voitures. Elle s’inquiétait de ne pas avoir le soutien de la famille et des amis. Que se passera-il quand des difficultés apparaîtront? Qui sera là pour nous aider ?

Et qu’en sera-t-il de la famille que nous laisserons derrière nous ? Comment serons nous capables de les aider quand ils auront besoin de nous ?


Laisser notre confort matériel derrière nous

Décider de faire la chose spirituellement juste semblait exiger de laisser tant de confort matériel et émotionnel derrière nous. Nous étions contraints de combattre contre nous mêmes et d’analyser honnêtement nos valeurs juives les plus fondamentales.

On a fait le plongeon, et nous voilà - sur la terre d’Israël.

Bien que nous ne soyons là que depuis peu de temps et que nous soyons encore en train de nous adapter, la plupart de nos craintes ont été balayées. J’ai trouvé un travail. Ma femme est heureuse dans notre communauté et avec les nouveaux amis qu’elle s’est faits. La vie ici n’est pas aussi dure que nous le craignions. Nous vivons dans un bel appartement lumineux de quatre pièces. Bien qu’il soit plus petit que celui que nous avions au Canada, nous sentons que notre qualité de vie a augmenté et non diminué.

Nous n’avons plus ni sous-sol, ni fourgonnette, ni lave-vaisselle. Mais nous avons plusieurs parcs et d’autres emplacements où les enfants peuvent courir et jouer sans danger, toute la journée. Ma femme peut se promener tard le soir sans avoir peur. Et je peux prendre une tasse de café sur ma terrasse et admirer un superbe coucher de soleil de carte postale.

C’est profondément satisfaisant de vivre ma vie dans un endroit où être Juif est acceptable et normal. Pendant la fête de Pâques, partout où nous allions, nous voyions des gens, pratiquants ou non, manger de la matsa. L’année dernière encore, quand nous étions au Canada, nous étions allé au zoo, à Pâques, et nous nous étions sentis si mal à l’aise en mangeant nos étranges sandwiches a la matsa pendant que tous autour de nous avaient acheté leur nouriture au McDonald.


Prier pour revenir à la maison

Trois fois par jour, le juif prie pour le rassemblement des exilés et la reconstruction de Jérusalem. A chaque fois que nous disons les grâces, après les repas, nous souhaitons la reconstruction de Jérusalem. A chaque mariage, sous la Houppa, le marié brise un verre, pour montrer que, même à l’apogée des occasions les plus joyeuses, nous prenons un moment pour nous rappeler la destruction du Temple de Jérusalem et le fait que nous vivons toujours en exil.

C’est fou. Rien ne nous empêche d’être en Israël !

Nous pouvons arriver ici en avion climatisé et confortable, tout en recevant trois repas, et en regardant des films. Une fois ici, on peut conduire sur des autoroutes modernes, vivre dans des maisons modernes pourvues de toutes les commodités. Toutes les marques connues sont disponibles ici.

L’économie d’Israël est forte, spécialement dans le domaine des technologies de pointe. Il y a une forte demande de main-d’œuvre dans ce secteur. Beaucoup de gens sont déjà venus ici, d’Inde et d’autres pays pour travailler dans la les technologies de pointe.

Combien de Juifs dans le monde peuvent faire la même chose ? Il y a différentes sortes de communautés, et plusieurs courants d’écoles, permettant aux gens de trouver leur place ici. Ne me croyez sur parole, venez voir par vous même !

Si les choses sont si bien ici, pourquoi les gens ne viennent-ils pas ?


Une idée folle

Quand j’ai fait part, pour la première fois, de mon intention de venir ici, presque tout le monde m’a dit que j’étais fou. Mes amis, ma famille, mes collègues de bureaux et mes voisins. Pendant un bref voyage-pilote en Israël, j’ai rencontré le rabbin Noah Weinberg, qui dirige Aish HaTorah. Outre les discussions sur quelques détails techniques, je voulais y aller pour un «check-up spirituel».

Je me suis assis et j’ai dit au rabbin, comme si je me confessais, «Je veux faire Alyah».

«Bien sûr, vous devez faire votre Alyah», m’a-t-il répondu. «C’est le lieu auquel appartient le peuple juif. Pourquoi ne voudriez-vous pas faire votre Alyah ? »

«Rabbi, je suis si soulagé de vous entendre dire ca ! Partout où je vais, les gens me disent que je suis fou».

«Bien sur que vous êtes fou», a-t-il répondu. «Vous êtes fou, je suis fou, le peuple juif est fou, et tous les autres dans le monde sont fous. Mais connaissez-vous la différence entre les Juifs et les autres ? Nous, nous savons que nous sommes fous !»

Le rabbin Weinberg m’expliqua que les juifs avaient toujours eu des idées "folles". Nous avons donné le monothéisme à un monde païen et garanti le droit des femmes dans le mariage. Nous avons apporté au monde des concepts comme la paix mondiale, la responsabilité sociale et l’éducation. Ne pensez-vous pas que nos voisins nous ont encore une fois considérés comme fous ?

Mark Twain a visité Israël pour la première fois à la fin des années 1800 et a déclaré que rien ne sortirait jamais de cet endroit. Toute personne saine eût été d’accord. Sauf ces fous de Juifs. Et aujourd’hui, nous avons un pays de plus de cinq millions d’habitants, avec des gratte-ciel, des centres commerciaux, des Yeshivot et des écoles qui grouillent de jeunes enfants.

Si nous prions si régulièrement pour le rassemblement des exilés, c’est peut-être fou, mais ce ne peut être à tort. Et même si tous les gens autour de moi me disaient que cela ne se peut pas, alors ce serait notre tâche à nous, Juifs, de démontrer qu’avec l’aide de D-ieu, on peut le faire.


Mais est-ce sans danger ?

Qu’en est-il de la sécurité ? Qu’en est-il de l’armée ? Qu’en est-il de des conflits internes ?

Ce sont de grandes questions. Au lieu de répondre à chacune d’elles, et au million d’autres sur le même sujet, je presse toujours les gens de venir au moins ici pour voir par eux mêmes.

J’ai emmené une touriste rue Ben Yehouda, une zone piétonnière. Sa première réaction en voyant la foule un samedi soir a été : «Oh, il y a tellement de gens. Je pensais que tout le monde avait peur de venir ici le soir». Je ne peux vous dire le nombre de fois où je lui ai raconté combine la vie en Israël était agréable. Mais tant qu’elle n’en avait pas fait l’expérience par elle même, elle ne l’assimilait pas.

Je ne veux pas donner la fausse impression que venir s’installer ici est facile, et qu’Israël est un pays parfait. C’est un défi très stimulant. Oui, il y a des problèmes qui doivent être résolus. Mais être engagé dans la résolution de ces problèmes est une tâche facile quand on réalise que c’est pour bâtir les fondations du foyer du peuple juif.

Ce sera notre ultime et définitive halte dans notre voyage d’exilés. Dans tous les autres endroits, notre investissement est temporaire. Un jour, dans plus ou moins longtemps, nous finirons tous par vivre en Israël. Ce ne sera peut-être pas aujourd’hui, ni demain, mais les traditions juives nous disent qu’à la fin des temps, le peuple juif sera réuni des quatre coins de la terre, qu’il reconstruira le Temple de Jérusalem, et que nous serons à nouveau une lumière pour les nations.

En étant ici aujourd’hui, je pense jouer un rôle. Mes décisions et mes actions aujourd’hui auront une influence sur le futur. A ma modeste manière, je participe à la construction du foyer du peuple juif, cette fois, si D-ieu veut, pour toujours.

Il est temps, pour tous les juifs, de se lever et d’être du nombre.

De proclamer que, quel que soit l’endroit ou nous vivons actuellement, Eretz Israël est notre destinée et que nous nous impliquerons intimement et personnellement dans sa reconstruction. Pour montrer au monde que cela nous importe encore.

Pour montrer au monde que nous croyons vraiment en ce pour quoi nous prions. Pour montrer au monde que nous croyons vraiment que nos rêves deviendront réalité. Et si nous sommes fous, au moins nous savons que nous le sommes.



* Sol Jakubowiscz, sa femme Fran et leurs trois enfants ont fait leur Alyah il y a deux ans depuis Toronto au Canada. Sol travaille à Raanana comme directeur de ressources de connaissance dans la technologie de pointe, et vit à Ramat Beit Shemesh.

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