10/12/07
Sur le site de LCI.fr.
Rama Yade reçue au palais de l'Elysée
PARIS - La secrétaire d'Etat française aux Droits de l'homme Rama Yade, qui a vivement critiqué la visite en France du leader libyen Mouammar Kadhafi, a été reçue lundi matin au palais présidentiel de l'Elysée et n'a fait aucun commentaire à sa sortie, a constaté un journaliste de l'AFP.
Mme Yade, 30 ans, benjamine du gouvernement et un des symboles de l'ouverture du président Nicolas Sarkozy à la diversité par ses origines sénégalaises, a été reçue pendant un peu moins d'une demi-heure, et aucun détail n'était immédiatement disponible sur son entrevue.
Dans une interview au journal Le Parisien publiée lundi, Mme Yade s'est déclarée "dérangée" par cette visite.
"Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", a ajouté Mme Yade.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a de son côté estimé lundi que la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme était dans son rôle en critiquant cette visite, tout en plaidant pour sa part pour le pragmatisme.
La venue du "guide" libyen en France a déclenché une vive polémique, opposition et ONG critiquant vivement la "realpolitik" affichée de l'Elysée.
(©AFP / 10 décembre 2007 10h56)
Rama Yade sur RTL : "Pour moi, c'est un problème"
Jusqu'à présent, la visite de Mouammar Kadhafi à Paris avait provoqué l'indignation dans les seuls rangs de l'opposition (lire notre article). Mais lundi matin, c'est un membre du gouvernement, en l'occurrence la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme Rama Yade, qui se déclare "dérangée" que Mouammar Kadhafi soit accueilli à Paris un jour de célébration des droits de l'homme.
"Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", dit-elle dans Le Parisien.
"Je serais encore plus gênée si la diplomatie française se contente de signer des contrats commerciaux, sans exiger de lui des garanties en matière de droits de l'homme. C'est un devoir : la France n'est pas qu'une balance commerciale", estime-t-elle.
"Il serait indécent en tout cas que cette visite se résume à la signature de contrats ou d'un chèque en blanc. Peut-on accorder une confiance absolue à celui qui demande d'être traité comme n'importe quel chef d'Etat et qui, avant même d'être arrivé sur le sol français, affirme que le terrorisme est légitime pour les faibles ?", se demande-t-elle.
"On ne m'a pas invitée"
Interrogée lundi matin sur France Info, Rama Yade a modéré ses propos tenus dans Le Parisien. Elle a expliqué n'avoir "absolument aucune hostilité vis-à-vis d'une visite du colonel Kadhafi, à partir du moment où il a renoncé à tout programme militaire nucléaire". "Dans ces conditions, il vaut mieux parler avec lui plutôt que de le marginaliser ou de le rejeter aux confins du terrorisme", a-t-elle ajouté. Mais, a-t-elle souligné, "cette visite ne doit pas être considérée comme un chèque en blanc, on doit être sur nos gardes".
Depuis Buenos Aires, en Argentine, François Fillon a réagi pour dénoncer "les donneurs de leçon" qui s'insurgent contre la visite de Kadhafi.
"La France reçoit Kadhafi parce qu'il a libéré les infirmières bulgares et qu'il s'est engagé dans un processus de réintégration dans la communauté internationale". Le dirigeant libyen est aussi reçu, a-t-il ajouté, "parce que nous avons besoin que la Libye, dans le cadre des relations interméditerranéennes, redevienne un pays avec lequel on puisse discuter et redevienne progressivement un pays où les droits de l'Homme soient respectés."
D'après agence
Mis en ligne le 10 décembre 2007, par M.











