24/01/07
Sur le site de Un écho d'Israël.
La démission du général Dan Halutz de la direction de létat-major de Tsahal nest pas un fait divers de lactualité, mais un événement qui secoue profondément aussi bien larmée que la classe politique. Contrairement à beaucoup dautres pays, le chef détat-major a un statut très particulier en Israël. Il nest pas seulement un expert des questions militaires et sécuritaires, chargé de la bonne gestion de Tsahal, mais aussi un homme public dont lopinion est écoutée non seulement par les responsables politiques, mais aussi les Israéliens. Ses gestes et ses déclarations son rapportés par la presse, ainsi que ses silences et même les expressions de son visage. Au-dessus de la mêlée politique, le chef détat-major jouit en général de ladmiration du public.
Depuis la création de lEtat dIsraël, en dehors de Dan Halutz, quatre chefs détat-major ont démissionné.
| Chefs détat-major de Tsahal | ||||||
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Le 4 décembre 1952, le second chef détat-major de Tsahal, Ygal Yadin, présente sa démission à David Ben Gourion alors Premier ministre et ministre de la Défense. Il est remplacé par son adjoint Mordechaï Maklef. La raison avancée par Yadin pour justifier son départ des rangs de Tsahal est apparemment légitime : il veut poursuivre sa carrière académique et se consacrer à sa passion : larchéologie.
En réalité, les divergences dopinion entre le Premier ministre et son chef détat-major sont de plus en plus en fortes et Yadin préfère démissionner plutôt que de poursuivre un bras fer avec Ben Gourion. Le Premier ministre avait décidé, entre autres, de réduire considérablement le budget de la Défense. Yadin jeta léponge. Il ne pouvait continuer dans de telles conditions. De plus, à cette époque, la presse multiplie les louanges à légard de Yadin, alors quelle critique de plus en plus fermement la politique menée par le gouvernement.
En décembre 1953, les Israéliens sont surpris dentendre à la radio que le chef détat-major Mordechaï Maklef vient de présenter sa démission. Il est remplacé par le général Moshé Dayan, un héros du Palmah. La raison officielle de cette nouvelle démission est surprenante : Maklef naurait été nommé à la tête de létat-major de Tsahal que pour une période dun an. Bref, il aurait été nommé chef détat-major par intérim. Sa démission était prévue, ainsi que sa succession. De façon surprenante, au même moment, le Premier ministre et ministre de la Défense, Ben Gourion, démissionnait. En fait, Maklef qui fut un fidèle de Ben Gourion refusa de servir sous les ordres de Moshé Sharett et préféra laisser la place à quelquun dautre.
Un beau matin, le 28 novembre 1960, la presse annonce que le chef détat-major Haim Laskov est remplacé par le général Tsvi Tsour. Cest seulement au bout de quelques semaines, que Haim Laskov, dans une interview, révèle quil a démissionné de son poste sans en préciser les raisons. Quelques années plus tard, on découvrait que Laskov avait démissionné parce quil sopposait à la décision de Ben Gourion, qui entre temps était revenu à la tête du gouvernement, de conférer de larges pouvoirs au à son vice-ministre de la Défense, Shimon Pérès.
La quatrième démission dun chef détat-major est sans doute la plus dramatique. Le 3 avril 1974, le général David Elazar présente sa démission au Premier ministre Golda Meir. La commission denquête nationale sur la guerre de Kippour, présidée par le juge Agranat, le désigne comme le principal responsable des erreurs de stratégie avant et pendant la guerre. Par deux fois, David Elazar avait présenté sa démission, qui fut refusée. Le 1er avril 1974, la commission Agranat publie ses résultats et demande à Elazar de mettre fin à son mandat de chef détat-major. La commission lui fait porter seul la responsabilité des échecs. Moshé Dayan, alors ministre de la Défense, et Golda Meïr, Premier ministre, sont épargnés. Suite à la pression publique, Golda Meïr, qui a perdu la confiance des membres de son parti, démissionne à son tour.
Même après son départ de Tsahal, David Elazar dut subir la colère des familles endeuillées, et les manifestations devant sa demeure se poursuivirent. Il mourut, deux ans plus tard, dune crise cardiaque dans une piscine. Il avait 51 ans.











