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Dossier, le pouvoir judiciaire en Israël, Cécile Le Paire
Texte repris du site "Un écho dIsraël".
[Voir le site officiel de la Cour suprême d'Israël.]
Au lendemain de la création de lEtat, en 1948, il a été décidé, par un décret relatif à lorganisation du gouvernement et de la justice, que, tant quune nouvelle législation concernant les tribunaux ne serait pas votée, les juridictions situées dans le territoire de lEtat continueraient à exercer les fonctions qui étaient les leurs à lépoque du mandat. Les compétences reconnues aux magistrats britanniques furent transférées aux magistrats israéliens. Cest au ministre de la Justice que fut attribué le pouvoir de nommer les juges, à lexception des juges de la Cour suprême, dont la nomination fut confiée au gouvernement provisoire, sous réserve de lapprobation du Conseil provisoire.La loi de 1953 sur les magistrats, et celle de 1957 sur les tribunaux, ont institué le système judiciaire qui est toujours en vigueur, et précisé les compétences des différentes juridictions et celles des magistrats qui y exercent leurs fonctions. La loi de 1984 sur les tribunaux, qui a intégré de nombreux articles de la loi sur les magistrats dans la loi antérieure sur les tribunaux, forme le socle juridique des modes de fonctionnement et des compétences des tribunaux en Israël.
Les sources du droit en Israël
Le droit israélien a subi linfluence des deux systèmes juridiques mis en application à différentes époques : le système ottoman et le système mandataire. Le système juridique ottoman était en vigueur dans le pays à lépoque où le gouvernement dIsraël relevait de lempire ottoman, cest-à-dire du début du XVIe siècle au début du XXe siècle. Le système juridique turc, que lon appelle la « majla », concernait surtout les questions civiles.
Après laccession des Britanniques au pouvoir en Palestine, en 1917, il a été décidé de sen tenir au « pouvoir consultatif du roi », puisque les tribunaux israéliens ont continué à juger selon le droit ottoman, comme cétait lusage dans le pays. Il a également été décidé de compenser les vides juridiques du droit ottoman en suivant les principes du droit coutumier et du droit anglais. Au long des années du mandat, cette combinaison des principes en matière de droit a évolué jusquà former le système juridique mandataire.
Cest peu de temps après la création de lEtat, en 1948, que fut promulgué le décret concernant lorganisation du gouvernement et de la justice, qui stipulait que le droit alors applicable dans le pays resterait en vigueur, sauf sil entrait en contradiction avec les lois à venir. Il stipulait également que, faute de texte, on ferait appel aux principes juridiques anglais. Linterprétation des concepts se ferait, dautorité, conformément au droit anglais.
En 1980, fut votée la loi relative aux fondements du droit, qui abolit en fait le lien entre le droit israélien et le droit anglais. Cette loi indique avec précision les principales sources juridiques normatives dont les tribunaux israéliens doivent désormais sinspirer pour juger : la loi, la chose jugée (« lobligation découlant dun précédent ») et la coutume. En labsence de réponse à une question juridique sur laquelle ils sont appelés à se prononcer, les tribunaux doivent se tourner vers les principes de liberté, de justice, déquité, et de paix de la tradition dIsraël.
Les principes daction
Le pouvoir judiciaire est lune des trois instances de gouvernement de lEtat dIsraël. Il est donc soumis, comme le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, au principe de la séparation des pouvoirs, en vigueur en Israël. La capacité essentielle du pouvoir judiciaire consiste, comme il se doit, à juger, à trancher les différends. Outre cette fonction de trancher les litiges concrets dont ils sont saisis, les tribunaux ont également pour rôle de donner une interprétation des lois qui permette précisément de rendre des jugements. Cest dailleurs ainsi quils déterminent la portée des normes légales et leur validité, notamment en établissant des précédents ayant force de loi.
Les tribunaux semploient souvent, surtout dans les domaines où la législation présente des failles, à définir des procédures apparentées à la jurisprudence. Au fil des ans, les tribunaux ont acquis le pouvoir dabroger, à titre exceptionnel, des lois votées par la Knesset. Certains textes de loi leur confèrent également le pouvoir de nommer les magistrats destinés à exercer diverses responsabilités au sein du gouvernement.
Les grands principes daction du pouvoir judiciaire sont définis par la loi fondamentale de 1984 sur la justice. Cette loi établit, entre autres, le principe de lindépendance des magistrats : « la seule autorité reconnue à celui qui a le pouvoir de juger est celle que lui confère le droit ». La loi établit également le caractère public des procès, les conditions à remplir pour accéder à la magistrature, la durée du mandat des juges et lorganisation générale de la procédure dappel, sous la rubrique procès en appel, recours et questions diverses.
A la suite du vote de la commission de désignation des juges, le pouvoir de nommer les juges a été transféré au président de lEtat. Cette commission se compose de neuf membres : le président de la cour suprême, deux autres juges de cette instance, le ministre de la Justice et un autre ministre, deux députés et deux représentants de loffice des juristes.
Lappareil judiciaire

[Organigramme emprunté au site introduction au droit en Israël (consultation recommandée).]
Lorganisation de lappareil judiciaire en Israël découle de la loi de 1984 sur les tribunaux (version mixte) et de la loi fondamentale de 1984 sur la justice, qui répartit le pouvoir judiciaire entre les organes chargés dune fonction dans ce domaine. Ces organes sont les suivants :
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Les tribunaux de paix, qui jugent les affaires civiles et pénales dans les limites de lautorité que leur donne la loi, et qui sont également compétents pour les affaires liées au droit de la famille, qui traite du statut de la personne.
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Les tribunaux régionaux, qui servent tantôt de juridictions dappel pour les arrêts rendus par la justice de paix, en particulier les décisions prises en matière de droit de la famille et dans les affaires mineures, tantôt de tribunaux dinstance pour les requêtes mettant en jeu des sommes importantes ou les litiges placés par le législateur dans la catégorie relevant de ces juridictions.
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Au sommet de la hiérarchie ordinaire, se trouve la Cour suprême, qui agit en sa double qualité de juridiction dappel des décisions rendues par les tribunaux régionaux, et de Cour suprême de justice comme ultime instance pouvant trancher des décisions prises par les pouvoirs exécutif et législatif.
Le système judiciaire ordinaire comprend, en outre, les tribunaux chargés des petits litiges, qui traitent des affaires civiles de moindre importance, les tribunaux des affaires locales, qui soccupent des requêtes relevant de dispositions spéciales, comme les textes afférents au droit de construire ou les réglementations municipales, les tribunaux propres aux locataires et les tribunaux pour mineurs.
Selon leurs compétences particulières, différentes juridictions détiennent, elles aussi, un pouvoir judiciaire : les tribunaux du travail, qui soccupent des affaires liées aux relations entre employeurs et employés, à la sécurité sociale, etc. ; les tribunaux militaires, qui statuent sur les infractions commises par les appelés au cours de leur service national ; les tribunaux religieux chargés des affaires concernant le statut personnel des communautés religieuses en Israël, comme les tribunaux rabbiniques, ou les tribunaux druzes.
Cécile Le Paire
© Un écho d'Israël
[Clichés ajoutés par la Rédaction d'upjf.org.]
Mis en ligne le 01 février 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











