Vous êtes :
Accueil » Israël» Diaspora
Diaspora
Quand la France veut rassurer la communauté juive américaine
Tel est le titre - un brin malicieux - d'un article du Figaro paru le 23 septembre 2003.Selon l'auteur, pour convaincre son auditoire américain que la France et lui-même ne sont pas antisémites, le président de la République, s'est pourvu de "quatre grands témoins faisant en quelque sorte office de «gages de moralité» dans ce débat" : Simone Veil, membre du Conseil constitutionnel et ancien ministre; Ady Steg, président de l'Alliance israélite universelle et professeur de médecine ; Roger Cukierman, président du Crif; et David de Rothschild.
Ces personnalités juives avaient sans doute de bonnes raisons pour délivrer, par leur seule présence, ce certificat inespéré de casherout idéologique à un Président français qui affiche ouvertement des positions anti-israéliennes inquiétantes et douloureusement ressenties par de très nombreux Juifs de France.
Car l'initiative a causé un réel malaise chez nombre d'entre nous.
Toutefois, les choses ne sont pas simples. Et Le Figaro a beau jeu de remarquer finement: "Pour preuve de sa bonne foi, le chef de l'Etat français a rappelé ses états de service et notamment son fameux discours du Vél d'Hiv, dans lequel il a reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs de France."
Dès lors, comment soupçonner d'hostilité envers les Juifs un homme qui a posé cet acte qu'aucun politicien n'avait osé avant lui?
Mais, que voulez-vous? Nous sommes un peuple compliqué. Et notre situation ne l'est pas moins.
Israël a pris, dans la conscience de la majeure partie des Juifs de la planète, une forme existentielle - quasi mystique même - mais surtout fragile, douloureuse et menacée, comme une ancienne blessure dont le moindre effleurement ravive la douleur.
C'est pourquoi les Juifs de Golah pour qui l'Etat d'Israël est infiniment plus qu'un titre de fierté nationale par délégation, ne peuvent oublier que Jacques Chirac est l'homme de la formule qui révulse et qui fait peur - "Israël, une parenthèse de l'histoire".
Comment ne pas faire, comme beaucoup, le rapprochement avec la fameuse expression lepéniste du "détail de l'histoire"?
Cela n'a rien à voir, dites-vous.
- Bien sûr, le 'détail', c'était pour la Shoah.
- Certes, et alors? Insinueriez-vous que 'la parenthèse', c'est moins grave parce qu'il ne s'agit que de l'Etat d'Israël?
- Je n'ai pas dit cela...
- Mais vous le pensez... Eh bien, vous voulez que je vous dise? Si l'Etat d'Israël cessait d'exister, pour moi, au moins, ce serait une Shoah!
Menahem Macina
© upjf.org et M. Macina
Mis en ligne le 24 septembre 2003 sur le site www.upjf.org











