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Halte à la dictature intellectuelle! Kaci, Delvalle
Le Figaro, 17 juillet 2003Débats & Opinions
IDÉES
Lors du congrès fondateur de l'UMP en novembre 2002, nous avons présenté, sous les couleurs de la Droite libre, notre candidature à la tête du parti pour affirmer clairement des convictions républicaines devant les risques d'une dérive politiquement correcte de notre famille de pensée, toujours tentée de renier ses valeurs face au diktat intellectuel de la gauche. Les faits nous ont donné raison : le noyautage du Conseil français du culte musulman par les islamistes, la montée des communautarismes et la dictature morale et syndicale de l'extrême gauche.
Le fait de transiger avec les communautarismes signifie que l'on n'a rien compris au message du 21 avril 2002 et que l'on n'est toujours pas libéré de l'emprise culturelle de la gauche soixante-huitarde. Alors même qu'elle est politiquement anéantie et structurellement divisée, la gauche ne doit la survivance de son magistère moral qu'au manque de courage intellectuel de la droite. Notre famille politique, largement majoritaire dans le pays, ne sera en mesure d'assurer le destin de la France que si elle réaffirme ses valeurs avec détermination. N'est-il pas, par exemple, sidérant que les «grands syndicats représentatifs» d'extrême gauche con servent des monopoles insti tutionnels alors que leur «représentativité» fut décrétée au sortir de la Seconde Guerre mondiale et n'a jamais aussi peu correspondu à une légitimité en termes d'adhésion ? Démanteler les monopoles entravant le bon fonctionnement de la démocratie et de l'économie, telle est entre autres la raison d'être de la Droite libre, qui a récemment résisté à la dictature des syndicats en participant à la manifestation pour la liberté du travail du 15 juin.
En toute loyauté vis-à-vis du président de la République et du gouvernement, la Droite libre entend incarner l'un des courants majeurs au sein de l'UMP, ainsi que les statuts du parti le prévoient et conformément aux voeux des nombreux sympathisants et personnalités politiques qui nous ont rejoints.
Le premier tour de l'élection présidentielle a en effet fait sauter un verrou psychologique et a montré que la France traverse une grave crise politique et sociale. Le 21 avril était un avertissement, une mise en demeure avant passage des huissiers. Pour éviter une catastrophe encore plus grave, il est urgent d'affirmer nos convictions : nous devons défendre une politique de sécurité sans faille et ne pas hésiter à allier répression et prévention. Nous ne pouvons donc que soutenir l'action courageuse de Jean-Pierre Raffarin et de ses ministres Nicolas Sarkozy et Dominique Perben qui mènent une action exceptionnelle pour le rétablissement de l'autorité de l'Etat en dépit d'attaques aussi violentes que malhonnêtes de l'extrême gauche droits-de-l'hommiste dont les indignations servent trop souvent les intérêts des délinquants. Parallèlement à un vaste «plan de désarmement des banlieues» que la Droite libre appelle de ses voeux afin de rétablir l'ordre républicain dans les «zones de non-droit», le gouvernement devra tôt ou tard redonner à la République sa souveraineté en matière de contrôle des flux migratoires, sans se laisser impressionner par ceux qui voient des «fascistes» partout.
Nous devons nous attaquer sans tarder à une profonde réforme de l'État.
Le général de Gaulle n'avait pas besoin de ponctionner plus d'un tiers de la richesse nationale pour faire de la France un grand pays, prospère et fier. Il convient donc de cantonner l'État dans ses fonctions régaliennes et de ne renouveler qu'un départ à la retraite sur trois dans la fonction publique. Seule une baisse franche de la fiscalité contribuera au rééquilibre des finances publiques via un encouragement de la consommation et de l'entreprise. Ne nous cachons pas la vérité, la France est l'homme malade de l'Europe. Notre pays stagne lamentablement depuis 10 ans et est aujourd'hui devenu le 12e pays de l'Union européenne en termes de PIB/habitant. L'Irlande est aujourd'hui un pays plus riche que la France, et l'Espagne et le Portugal ne vont pas tarder à nous rattraper...
Nous devons enfin engager une politique ambitieuse en matière de démographie afin de lutter contre la spirale du vieillissement, et de faire face à l'implosion inévitable du système de retraites par répartition, sans se laisser intimider par les professionnels du détournement de mémoire qui rappellent que Pétain était nataliste...
Enfin, l'un des grands défis de la France demeure l'intégration des Français de culture musulmane. Tel qu'il se présente aujourd'hui à travers les organisations dites «orthodoxes» (enseignant l'infériorité des femmes, et des non-musulmans et dont les plus radicales justifient l'assassinat des «apostats»), l'islamisme n'est pas compatible avec les valeurs des démocraties occidentales.
Nous devons montrer une volonté sans faille de défense des valeurs de la République si nous ne voulons pas devoir affronter demain de nouvelles formes de barbarie au coeur même de nos cités. A cet égard, la Droite libre s'est totalement solidarisée avec le mouvement Ni putes ni soumises né en réaction à une régression générale du statut des femmes dans des banlieues où seuls les rapports de forces et les discours intégristes impressionnent encore les «jeunes». Au même titre que le mépris des femmes et l'islamophobie, le racisme antigaulois et l'antisémitisme doivent par ailleurs être combattus si l'on veut éviter une balkanisation de la France. Réussir l'intégration passe par la fixation de règles claires : oui à l'islam comme religion privée, non au communautarisme et à la politisation de l'islam ; oui au «droit à la différence», non à la tyrannie des minorités. Lutter contre l'islamisme c'est autant défendre les intérêts de nos compatriotes musulmans, premières victimes de l'obscurantisme, que celui des non-musulmans.
Ce n'est pas à la France de faire des efforts pour être compatible avec l'islam mais l'inverse. La nationalité et la réussite sociale ne sont pas un dû, elles se méritent par l'effort. En ces temps de néo-obscurantisme et de déclin des valeurs civiques, la Droite libre entend rappeler à tous que la République n'est pas négociable. Ses valeurs ne se proposent pas, elles s'imposent.
RACHID KACI ET ALEXANDRE DEL VALLE *
© Le Figaro
* Respectivement président et vice-président de la Droite libre, et auteurs du Totalitarisme islamiste à l'assaut des démocraties, Les Syrtes, 2003.
[texte aimablement communiqué par D. Wajs, Bruxelles.]
Mis en ligne le 17 juillet 2003 sur le site www.upjf.org











