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Israël est-il victime de désinformation médiatique? Denis Charbit
Regards (Revue Juive, Bruxelles) Newsletter N° 9 - 3 décembre 2002[On lira avec profit cet excellent article, tout en nuances, sur le problème, aussi brûlant que controversé, de l'image d'Israël dans les médias - dont vous savez qu’il est au cœur de l’orientation et des actions de notre site. Menahem Macina.]
Quelques extraits (Voir texte intégral sur le site de Regards.
«Lynchage médiatique», «matraquage», «intox», «manipulation»: les mots abondent pour dénoncer vigoureusement l’attitude de la presse écrite et audiovisuelle envers Israël. Nul, pourtant, ne dégage autant de sex-appeal que ce terme de «désinformation» que l’on ressasse à l’envi, charriant avec lui tout le ressentiment, la colère, le ras-le-bol de ceux qui l’emploient à tort et à travers, à tort ou à raison. On ne souffre pas de «désinformation» si l’on entend par là qu’on est, en Europe, peu ou pas informé de ce qui se passe au Proche-Orient. On est même surinformé, et beaucoup de ceux qui ont fait du procès aux médias leur cheval de bataille rêvent, en vérité, d’un silence radio, d’un silence télé sur les pratiques de l’armée israélienne dans les Territoires.
Si, bien souvent, on ne fait pas dans la nuance côté médias, on peut en dire autant de ceux qui les pourfendent : l’attitude des médias est, à leurs yeux, toujours partiale, unilatérale, orientée, hostile, quand elle n’est pas abjecte, immonde et, au bout de la chaîne, antisémite ou, pour être à la mode, «antifeuj» (version populaire) ou «judéophobe» (version scientifique). Qui a raison? Et ou se trouve la généralisation la plus grave? Avant d’examiner, de peser, de jauger, on peut, d’ores et déjà, constater que ces représentations adverses font miroir : pas plus que les Israéliens ne correspondent à l’image qu’on en fabrique, les journalistes n’appartiennent pas tous à l’espèce dénoncée. Les généralisations n’ont jamais été, dans l’espace public, une saine approche utile et pertinente pour comprendre un phénomène.
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…plus la couverture de l’événement est partiale, plus nous sommes tentés de nous réfugier parmi nos vieux démons et de redonner ainsi vigueur à nos craintes ancestrales. Certains parmi nous agitent sciemment ces épouvantails, mais beaucoup en sont, de bonne foi, épouvantés. C’est ceux-là que les journalistes devraient prendre en compte : car, et j’en viens à ce qui manque le plus dans cette couverture médiatique, on reste pantois devant cette incapacité à manifester la moindre empathie pour Israël, pour la société civile israélienne, dans ses heures difficiles. Cette infirmité-là est une faute morale et une erreur politique.
Denis Charbit
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