Vous êtes :
Accueil » Israël» Diaspora
Diaspora
"Des mythes meurtriers", Meïr Waintrater
L'Arche - n° 536-537Octobre-nov. 2002
Lorsque l'on aborde la tragédie qui déchire le Proche-Orient, le premier sentiment humain est la consternation. Nous sommes sidérés face au spectacle des morts et des blessés, des familles en deuil et des survivants marqués à jamais. Israéliens, Palestiniens, ils sont égaux dans la souffrance; tous ont droit à notre sympathie et à notre respect.
En attendant le jour où Israéliens et Palestiniens résoudront leurs désaccords par la négociation et non par la violence, notre devoir est de raison garder. Ne pas tomber dans l'exaltation guerrière qui s'empare de certains, notamment ici en France. Prôner la fraternité et rechercher le dialogue. Avec ceux qui aspirent sincèrement à la coexistence, non avec ceux qui veulent concilier diplomatie et terrorisme. À cet endroit précis, une différence doit être marquée; elle ne relève pas de l'engagement politique (et certainement pas de l'engagement communautaire) mais de l'éthique.
On peut éprouver légitimement de la compréhension, et davantage encore, pour les Palestiniens privés d'une reconnaissance internationale, vivant comme des étrangers sur la terre de leurs ancêtres, soumis à des humiliations quotidiennes et voyant se décomposer sous leurs yeux les quelques institutions sociales autonomes dont ils se sont dotés au fil des années. Cependant, rien n'est plus obscène que la jouissance des pousse-au-crime qui, à Paris ou à Marseille, se proclament solidaires d'un peuple palestinien réduit à ses seuls éléments bellicistes. Jouissance d'autant plus forte qu'entre l'amour des Palestiniens et la haine d'Israël, c'est manifestement le second élément qui domine. Les peuples israélien et palestinien, dont les noms sont périodiquement invoqué######éritent bien autre chose que pareille mise en scène.
Comment est-on passé, en si peu de temps, d'un rêve de paix à une guerre sans merci? Tous les témoignages concordent: les négociations de Camp David, en juillet 2000, n'ont pas achoppé sur les attributions du futur État palestinien, sur le tracé de ses frontières ou sur l'avenir des implantations. Là-dessus, chacun le savait, on aurait pu s'entendre. Le véritable blocage s'est manifesté à propos de Jérusalem et du "retour" des réfugiés (1).
------------------
(1) On sait que Sari Nusseibeh, président de l'Université Al-Quds et représentant officiel de l'OLP à Jérusalem, s'était attiré les foudres de ses collègues palestiniens pour avoir proposé un projet selon lequel les Palestiniens renonceraient au retour des réfugiés à l'intérieur de l'État d'Israël, en échange de la création d'un État palestinien sur la totalité des territoires. L'un des principaux porte-parole de l'Autorité palestinienne, Ghassan Khatib, avait déclaré à ce propos, le 15 novembre 2001, à l'agence Reuters que "si l'Autorité palestinienne avait accepté un compromis sur la question des réfugiés il aurait été possible de parvenir à un accord en juillet 2000 à Camp David".
-------------
Meïr Waintrater
© L'Arche
Lire l'article dans son intégralité, sur le site de l'arche.











