Haaretz
Original anglais : "Debate rages on World Jewry's role in peace concessions".
Traduction française : Menahem Macina
Avant même le retour en Israël du Premier ministre, Ehud Olmert, la question de limplication des communautés juives du monde dans les débats internes, ici [en Israël] autour du processus d'Annapolis, et notamment la question de Jérusalem, occupent le devant de la scène.
Au cours de deux points de presse, la semaine [dernière], Olmert a insisté sur le fait que les organisations juives internationales navaient pas le droit dintervenir dans les décisions du gouvernement israélien en matière de négociations de paix.
A la veille du sommet dAnnapolis, il avait déclaré :
« Cette question [du rôle de la diaspora juive] a été réglée il y a longtemps, et le gouvernement israélien a le droit souverain de négocier au nom dIsraël. »
Ces affirmations ont irrité les dirigeants dune des plus grandes organisations juives des Etats-Unis, lUnion Orthodoxe, qui rassemble la plupart des Juifs américains. L'organisation a appelé le gouvernement israélien à ne pas modifier sa position sur Jérusalem à plusieurs reprises. Le président de lUnion, Stephen J. Savitsky, a rendu publique une réaction [aux déclarations dOlmert], dans laquelle il démentait que son organisation avait voulu dicter au gouvernement israélien ce quil devait faire.
Un capital politique et spirituel
Il a toutefois fait remarquer que lorganisation croit que tous les Juifs ont un intérêt personnel concernant Jérusalem, et que renoncer à des parties de la ville qui ont constitué le capital politique et spirituel du peuple juif durant des milliers dannées, est une chose que le gouvernement dIsraël ne doit pas faire.
Un groupe appelé "Jérusalem Une" qui sest constitué ces dernières semaines pour combattre les projets dIsraël concernant la ville, a pris une position encore plus énergique. Il est présidé par l'ancien ministre, Natan Sharansky, lequel a déclaré que le groupe a l'intention de faire participer les communautés juives du monde entier à sa campagne. Et daffirmer :
« Dans les matières qui sont purement sécuritaires, jadmets que quiconque ne vit pas ici [en Israël] n'a pas à interférer, et que pour avoir ce droit, on doit également assumer les devoirs [y afférant]. Mais dire quil en va de même concernant Jérusalem est, dans le meilleur des cas, une preuve dignorance nationale. Le lien entre le peuple juif et Jérusalem est notre justification morale de l'État [dIsraël], et il nest pas question de labandonner. Le lien à Jérusalem et la nostalgie de Jérusalem constituent [le ciment] qui unit les générations au fil des générations. Cest le fondement tant pour les Juifs religieux que pour les moins religieux. »
Sharansky soppose à toute concession sur Jérusalem, y compris à un plan prévoyant de transférer aux Palestiniens le contrôle des "quartiers périphériques" de la ville. Selon lui,
« Cela commence par la périphérie, et cela se termine au Quartier musulman et au Mont du Temple ; en tout cas, nous avons vu ce qui sest produit dans la bande de Gaza. Le Hamas sera à quelques dizaines de mètres de la capitale dIsraël. »
Pourtant, il a également déclaré que si Olmert avait vraiment lintention de discuter de cette question, il devait dabord inviter des organisations juives internationales à un grand forum et sentretenir avec elles à ce sujet.
Sharansky cite lexemple de Yasser Arafat :
« A camp David, il a dit quil ne pouvait pas donner le Mur Occidental à Israël, parce que Jérusalem appartient à la nation musulmane tout entière, si bien quil devait dabord aller au Caire, en Arabie Saoudite et au Pakistan pour leur demander la permission [de le faire]. »
Anshel Pfeffer
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