Vous êtes :
Accueil » Religions» Dialogue interreligieux
Dialogue interreligieux
Le nouveau pape, les Juifs et Israël, P. Hirschberg
20/04/05Texte original anglais : "New pope seen continuing relations with Israel, Jews".
Traduction française : Menahem Macina.

Le cardinal Joseph Ratzinger, le nouveau pape, qui porte désormais le nom de Benoît XVI, continuera à entretenir les relations positives avec Israël et les Juifs, qui ont caractérisé le pontificat du pape Jean Paul II, estiment d’importantes personnalités juives qui sont très impliquées dans les relations avec le Vatican, et connaissent personnellement Joseph Ratzinger.
« Il est profondément attaché à ce qu’existent de bonnes relations entre l'Église catholique et le peuple juif, et il est, sans conteste, favorablement disposé à l’égard d’Israël, déclare le rabbin David Rosen, qui joua un rôle majeur dans l'établissement de relations diplomatiques entre Israël et le Vatican, en 1993. Dans le cadre restreint de la perspective juive et israélienne, c'est une bonne nouvelle pour les Juifs. »
Israel Singer, président du Congrès Juif Mondial, affirme que Ratzinger « a été celui qui a fourni les bases théologiques à la décision, prise par le pape Jean Paul II, d’établir des relations avec Israël. Il a résolu le réel problème qui se posait – celui d’une théologie vieille de 2 000 ans. C’est lui qui avait les clefs pour ouvrir cette serrure. Au cours des 20 dernières années, il a changé le cours de l'histoire deux fois millénaires des relations entre les Juifs et le christianisme. Je crois qu'il restera dans la ligne de Jean Paul II en ce qui concerne les relations avec les Juifs et avec Israël. »
Peu de temps après l'établissement de liens diplomatiques [entre le Vatican et Israël], le cardinal Joseph Ratzinger est venu en Israël pour prononcer le discours-programme d’une conférence sur les Juifs et les chrétiens. « Il a tenu à exprimer son soutien personnel aux relations entre le Vatican et Israël, et aux avancées des relations entre Juifs et catholiques », rappelle David Rosen, qui présidait la conférence.
Joseph Ratzinger, qui a fait plusieurs visites discrètes en Israël avant l'établissement de relations diplomatiques, a écrit l'introduction du document, que Rosen considère comme "le plus important" de ceux qui ont été consacrés aux relations entre chrétiens et Juifs, et qui a été publié par la Commission Pontificale des Études Bibliques, l’organe du Vatican consacré aux études bibliques. Ce document, qui a été publié sous l'autorité de Joseph Ratzinger, traite de la place centrale du peuple juif et des textes religieux juifs dans l'enseignement chrétien.
Dans ce texte, Ratzinger s’efforce de prendre à bras le corps le problème du refus des Juifs d’accepter Jésus comme étant le messie, et celui de l’insistance du judaïsme à affirmer que le messie n'est pas encore venu.
« Il a soutenu que cette position fait aussi partie du plan divin, explique David Rosen - qui est à la tête du département des Affaires Interreligieuses de l’American Jewish Committee -, et que le fait que les Juifs n'acceptent pas Jésus ne doit pas être considéré comme un acte de rejet de D.ieu, mais comme un élément du plan de D.ieu, pour rappeler au monde que la paix et le salut pour toute l'humanité ne sont pas encore advenus. C'est stupéfiant. Il a pris ce qui avait été la source d’une condamnation majeure du judaïsme et du peuple juif, tout au long des âges, et l’a transmué en un facteur théologique positif. »
Le rabbin David Rosen rappelle qu’il a rencontré le cardinal Ratzinger à Assise, en 2002, lors de la Journée de Prière pour la Paix dans le Monde, instituée par le pape Jean Paul II, peu de temps après la publication du document. « Quand je lui ai dit que c'était un document extrêmement positif en ce qui concerne le judaïsme, son visage s’est éclairé d’un large sourire. »
Rosen croit que le passé allemand de Joseph Ratzinger a modelé son attitude envers Israël et les Juifs. « C'est un facteur significatif de sa compréhension du mal et du danger de l'antisémitisme, dit-il. Cela a certainement motivé son engagement positif dans les relations entre catholiques et Juifs. Il est conscient du fardeau de l'histoire. »
Singer, qui est également président de l’International Jewish Committee for Interreligious Consultations (IJCIC) [Comité Juif International pour les Consultations Interreligieuses], écarte les craintes qui se sont exprimées dans certains milieux - en Israël et dans le monde juif –, à propos du fait qu’étant jeune, [Joseph Ratzinger] a fait partie des Jeunesses hitlériennes. « À cette époque, tous les enfants étaient contraints d'être membres des Jeunesses hitlériennes », affirme Israel Singer, qui a récemment rencontré le cardinal Ratzinger, lors des funérailles du pape Jean Paul II.
Israel Singer et David Rosen croient que l’attitude conservatrice de Joseph Ratzinger concernant le catholicisme n’aura pas d’impact sur ses relations avec les Juifs. « Autant cette élection constitue une bonne nouvelle pour les Juifs, autant c’en est une mauvaise pour ceux qui attendent un christianisme plus ouvert ou une théologie plus relativiste », conclut Rosen.
Et Singer d’ajouter : « [Le nouveau pape] est intéressé à adapter le catholicisme au XXIe siècle, mais ce sera un catholicisme conservateur. Toutefois, cela n'a aucun impact sur les relations avec les Juifs. »
Peter Hirschberg
© Haaretz pour l’original anglais, et upjf.org pour la version française.
Mis en ligne le 21 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
« Il est profondément attaché à ce qu’existent de bonnes relations entre l'Église catholique et le peuple juif, et il est, sans conteste, favorablement disposé à l’égard d’Israël, déclare le rabbin David Rosen, qui joua un rôle majeur dans l'établissement de relations diplomatiques entre Israël et le Vatican, en 1993. Dans le cadre restreint de la perspective juive et israélienne, c'est une bonne nouvelle pour les Juifs. »
Israel Singer, président du Congrès Juif Mondial, affirme que Ratzinger « a été celui qui a fourni les bases théologiques à la décision, prise par le pape Jean Paul II, d’établir des relations avec Israël. Il a résolu le réel problème qui se posait – celui d’une théologie vieille de 2 000 ans. C’est lui qui avait les clefs pour ouvrir cette serrure. Au cours des 20 dernières années, il a changé le cours de l'histoire deux fois millénaires des relations entre les Juifs et le christianisme. Je crois qu'il restera dans la ligne de Jean Paul II en ce qui concerne les relations avec les Juifs et avec Israël. »
Peu de temps après l'établissement de liens diplomatiques [entre le Vatican et Israël], le cardinal Joseph Ratzinger est venu en Israël pour prononcer le discours-programme d’une conférence sur les Juifs et les chrétiens. « Il a tenu à exprimer son soutien personnel aux relations entre le Vatican et Israël, et aux avancées des relations entre Juifs et catholiques », rappelle David Rosen, qui présidait la conférence.
Joseph Ratzinger, qui a fait plusieurs visites discrètes en Israël avant l'établissement de relations diplomatiques, a écrit l'introduction du document, que Rosen considère comme "le plus important" de ceux qui ont été consacrés aux relations entre chrétiens et Juifs, et qui a été publié par la Commission Pontificale des Études Bibliques, l’organe du Vatican consacré aux études bibliques. Ce document, qui a été publié sous l'autorité de Joseph Ratzinger, traite de la place centrale du peuple juif et des textes religieux juifs dans l'enseignement chrétien.
Dans ce texte, Ratzinger s’efforce de prendre à bras le corps le problème du refus des Juifs d’accepter Jésus comme étant le messie, et celui de l’insistance du judaïsme à affirmer que le messie n'est pas encore venu.
« Il a soutenu que cette position fait aussi partie du plan divin, explique David Rosen - qui est à la tête du département des Affaires Interreligieuses de l’American Jewish Committee -, et que le fait que les Juifs n'acceptent pas Jésus ne doit pas être considéré comme un acte de rejet de D.ieu, mais comme un élément du plan de D.ieu, pour rappeler au monde que la paix et le salut pour toute l'humanité ne sont pas encore advenus. C'est stupéfiant. Il a pris ce qui avait été la source d’une condamnation majeure du judaïsme et du peuple juif, tout au long des âges, et l’a transmué en un facteur théologique positif. »
Le rabbin David Rosen rappelle qu’il a rencontré le cardinal Ratzinger à Assise, en 2002, lors de la Journée de Prière pour la Paix dans le Monde, instituée par le pape Jean Paul II, peu de temps après la publication du document. « Quand je lui ai dit que c'était un document extrêmement positif en ce qui concerne le judaïsme, son visage s’est éclairé d’un large sourire. »
Rosen croit que le passé allemand de Joseph Ratzinger a modelé son attitude envers Israël et les Juifs. « C'est un facteur significatif de sa compréhension du mal et du danger de l'antisémitisme, dit-il. Cela a certainement motivé son engagement positif dans les relations entre catholiques et Juifs. Il est conscient du fardeau de l'histoire. »
Singer, qui est également président de l’International Jewish Committee for Interreligious Consultations (IJCIC) [Comité Juif International pour les Consultations Interreligieuses], écarte les craintes qui se sont exprimées dans certains milieux - en Israël et dans le monde juif –, à propos du fait qu’étant jeune, [Joseph Ratzinger] a fait partie des Jeunesses hitlériennes. « À cette époque, tous les enfants étaient contraints d'être membres des Jeunesses hitlériennes », affirme Israel Singer, qui a récemment rencontré le cardinal Ratzinger, lors des funérailles du pape Jean Paul II.
Israel Singer et David Rosen croient que l’attitude conservatrice de Joseph Ratzinger concernant le catholicisme n’aura pas d’impact sur ses relations avec les Juifs. « Autant cette élection constitue une bonne nouvelle pour les Juifs, autant c’en est une mauvaise pour ceux qui attendent un christianisme plus ouvert ou une théologie plus relativiste », conclut Rosen.
Et Singer d’ajouter : « [Le nouveau pape] est intéressé à adapter le catholicisme au XXIe siècle, mais ce sera un catholicisme conservateur. Toutefois, cela n'a aucun impact sur les relations avec les Juifs. »
Peter Hirschberg
© Haaretz pour l’original anglais, et upjf.org pour la version française.
Mis en ligne le 21 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











