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Dialogue interreligieux
CV du nouveau pape Benoît XVI - Joseph Ratzinger
19/04/05 Joseph Ratzinger, né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, Allemagne, a été élu au souverain pontificat de l’Eglise, le 19 avril 2005. Il a choisi le nom de Benoît XVI *.
* Les spéculations vont bon train à ce sujet. En effet, le nom que choisit un nouveau pape est souvent l’indice de la ligne dans laquelle il entend s’inscrire. Un coup d’œil sur la carrière du prédécesseur dont le nouveau pape a choisi le nom, donne un ou des indices sur les orientations du prochain pontificat.
En ce qui me concerne, je me hasarde à supposer qu’en choisissant le nom de – Benoît XVI – Joseph Ratzinger a fait preuve d’humour et d’intelligence.
Pour comprendre cette proposition, il faut se souvenir qu'à l'époque où Benoît XV (1845 à 1922) accède au souverain pontificat (1914), la crise antimoderniste fait rage. La répression obsidionale du modernisme, avait été menée, avec l'accord au moins tacite de Pie X, prédécesseur de Benoît XV, par des prélats ultramontains alimentés en délations par des réseaux de zélateurs, telle la Sodalité saint Pie V (ou S.P. ou encore Sapinière), fondée en 1909 par Mgr Umberto Benigni, prélat de la Secrétairerie d’Etat vaticane, pour empêcher les modernistes de "désagréger l’Eglise", comme on les en accusait. Sans désavouer son prédécesseur, Benoît XV gère la crise avec plus de doigté (il dissoudra même la Sapinière, en 1921).
Dans le même temps, il n'hésite pas à sévir contre les innovations, spécialement en matière d'études bibliques, portant ainsi un rude coup à la recherche scientifique en ce domaine.
Il se peut donc qu’en choisissant de s’inscrire, au moins symboliquement, dans la ligne de ce pape, Ratzinger ait voulu donner un signal à la fois malicieux et sérieux.
Malicieux, parce qu’en prenant le nom d’un pape qui a modéré la répression des modernistes par les intégristes d’alors, Ratzinger - qui passe, aux yeux de ses ennemis, pour être un ultra-conservateur, voire un intégriste (ce qu’il n’est évidemment pas) – leur fait un pied de nez. Sérieux, parce que, comme Benoît XV, il fait comprendre qu'autant il est prêt à concéder ce qui peut l’être aux progressistes (version soft des modernistes de la fin du XIXe et du début du XXe s.), autant il n'abandonnera rien de ce qu’il estime vital pour la conservation du dépôt de la foi catholique.
Plus sérieusement, on sait que tous les événements qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, peuvent avoir une incidence - néfaste ou bénéfique - sur les Juifs, sont examinés par ces derniers sous l'angle de la question, aussi traditionnelle que pragmatique : "Est-ce bon pour les Juifs ?" Or, il se trouve que le cardinal Ratzinger a émis un certain nombre de déclarations et rédigé plusieurs analyses fort positives à l'égard du peuple juif, même s'il n'a pas caché son embarras sur l'incompatibilité radicale entre certains aspects fondamentaux de la foi juive et de la foi chrétienne. Je mettrai en ligne, dès demain plusieurs textes illustrant cet aspect de la réflexion théologique de Benoît XVI, généralement mal connu des non-spécialistes. Menahem Macina.
Carrière :
Docteur en théologie, il a tout d’abord été professeur à l’école des hautes études théologiques de Freising (1957-1959), puis professeur ordinaire à l’Université de Bonn (1959-1963), puis à l’Université de Münster (1963-1966), à l’Université de Tübingen (1966-1969) ; enfin à l’université de Regensburg, dont il a été ensuite le doyen et vice-Président (1969-1977).
Le 25 mars 1977, Joseph Ratzinger a été nommé archevêque de München et Freising, puis, le 27 juin de la même année, créé cardinal.
Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome, depuis 1981 jusqu’au 19 avril 2005.
Il est également membre du Synod of Catholic Bishops et de la Congregation for Public Worship.
Elu, le 13 janvier 1992, membre associé étranger, de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, au fauteuil laissé vacant par le décès d'Andreï Sakharov.
Publications :
[D’après le site de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.]
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 19 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
* Les spéculations vont bon train à ce sujet. En effet, le nom que choisit un nouveau pape est souvent l’indice de la ligne dans laquelle il entend s’inscrire. Un coup d’œil sur la carrière du prédécesseur dont le nouveau pape a choisi le nom, donne un ou des indices sur les orientations du prochain pontificat.
En ce qui me concerne, je me hasarde à supposer qu’en choisissant le nom de – Benoît XVI – Joseph Ratzinger a fait preuve d’humour et d’intelligence.
Pour comprendre cette proposition, il faut se souvenir qu'à l'époque où Benoît XV (1845 à 1922) accède au souverain pontificat (1914), la crise antimoderniste fait rage. La répression obsidionale du modernisme, avait été menée, avec l'accord au moins tacite de Pie X, prédécesseur de Benoît XV, par des prélats ultramontains alimentés en délations par des réseaux de zélateurs, telle la Sodalité saint Pie V (ou S.P. ou encore Sapinière), fondée en 1909 par Mgr Umberto Benigni, prélat de la Secrétairerie d’Etat vaticane, pour empêcher les modernistes de "désagréger l’Eglise", comme on les en accusait. Sans désavouer son prédécesseur, Benoît XV gère la crise avec plus de doigté (il dissoudra même la Sapinière, en 1921).
Dans le même temps, il n'hésite pas à sévir contre les innovations, spécialement en matière d'études bibliques, portant ainsi un rude coup à la recherche scientifique en ce domaine.
Il se peut donc qu’en choisissant de s’inscrire, au moins symboliquement, dans la ligne de ce pape, Ratzinger ait voulu donner un signal à la fois malicieux et sérieux.
Malicieux, parce qu’en prenant le nom d’un pape qui a modéré la répression des modernistes par les intégristes d’alors, Ratzinger - qui passe, aux yeux de ses ennemis, pour être un ultra-conservateur, voire un intégriste (ce qu’il n’est évidemment pas) – leur fait un pied de nez. Sérieux, parce que, comme Benoît XV, il fait comprendre qu'autant il est prêt à concéder ce qui peut l’être aux progressistes (version soft des modernistes de la fin du XIXe et du début du XXe s.), autant il n'abandonnera rien de ce qu’il estime vital pour la conservation du dépôt de la foi catholique.
Plus sérieusement, on sait que tous les événements qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, peuvent avoir une incidence - néfaste ou bénéfique - sur les Juifs, sont examinés par ces derniers sous l'angle de la question, aussi traditionnelle que pragmatique : "Est-ce bon pour les Juifs ?" Or, il se trouve que le cardinal Ratzinger a émis un certain nombre de déclarations et rédigé plusieurs analyses fort positives à l'égard du peuple juif, même s'il n'a pas caché son embarras sur l'incompatibilité radicale entre certains aspects fondamentaux de la foi juive et de la foi chrétienne. Je mettrai en ligne, dès demain plusieurs textes illustrant cet aspect de la réflexion théologique de Benoît XVI, généralement mal connu des non-spécialistes. Menahem Macina.
Carrière :
Docteur en théologie, il a tout d’abord été professeur à l’école des hautes études théologiques de Freising (1957-1959), puis professeur ordinaire à l’Université de Bonn (1959-1963), puis à l’Université de Münster (1963-1966), à l’Université de Tübingen (1966-1969) ; enfin à l’université de Regensburg, dont il a été ensuite le doyen et vice-Président (1969-1977).
Le 25 mars 1977, Joseph Ratzinger a été nommé archevêque de München et Freising, puis, le 27 juin de la même année, créé cardinal.
Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome, depuis 1981 jusqu’au 19 avril 2005.
Il est également membre du Synod of Catholic Bishops et de la Congregation for Public Worship.
Elu, le 13 janvier 1992, membre associé étranger, de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, au fauteuil laissé vacant par le décès d'Andreï Sakharov.
Publications :
- 1953 - Volk und Haus Gottes in Augustinus Lehre von der Kirche
- 1957 - La théologie de l’histoire de saint Bonaventure
- 1962 - Frères dans le Christ. L’esprit de fraternité chrétienne
- 1967 - Sacrements et existence chrétienne
- 1969 - Foi chrétienne, hier et aujourd’hui
- 1971 - Le Nouveau Peuple de Dieu
- 1971 - Un seul Seigneur, une seule foi
- 1971 - Foi et avenir
- 1972 - Révélation et tradition (en collaboration)
- 1972 - Démocratisation dans l’Église ? Possibilités, limites, risques (en collaboration)
- 1972 - Église du Christ, bien de ma foi (en collaboration)
- 1977 - Le Dieu de Jésus-Christ : médiations sur Dieu-Trinité
- 1977 - Eschatologie : Tod und ewiges Leben
- 1978 - Vivre avec l’Église (en collaboration)
- 1979 - La Mort et l’au-delà. Court traité d’espérance chrétienne
- 1981 - Vivre sa foi. Méditations pour chaque jour de l’année sur des thèmes spirituels et théologiques
- 1981 - Marie, première Église (en collaboration)
- 1983 - Transmettre la foi aujourd’hui. Conférences données à Notre-Dame de Fourvière, Lyon, et à Notre-Dame de Paris (en collaboration)
- 1985 - La Célébration de la foi : essai sur la théologie du culte divin
- 1985 - Les Principes de la théologie catholique : esquisse et matériaux
- 1985 - Entretien sur la foi
- 1986 - Le Ressuscité
- 1986 - Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre
- 1987 - Église, oecuménisme et politique
- 1988 - Serviteurs de votre joie
- 1992 - Regarder le Christ : exercices de foi, d’espérance et d’amour
- 1992 - Église et théologie
- 1993 - Appelés à la communion : comprendre l’Église aujourd’hui
- 1993 - Wahrheit, werte, macht : prüfsteine der pluralistichen Gesellschaft
- 1995 - Un chant nouveau pour le Seigneur : la foi dans le Christ et la liturgie aujourd’hui
- "La théologie de l’alliance dans le Nouveau Testament", Revue des sciences morales et politiques, 1995/1
- "Le dialogue interreligieux et la relation judéo-chrétienne", suivi d'un texte du rabbin Léonard Sztejnberg, Revue des sciences morales et politiques, 1997/1
- 1996 - Un tournant pour l’Europe ? Diagnostics et pronostics sur la situation de l’Église et du monde
- 1997 - Le Sel de la terre : le christianisme et l’Église catholique au seuil du IIIe millénaire (entretiens avec Peter Seewald)
- 1998 - Ma vie : souvenirs (1927-1977)
- 1999 - Jean-Paul II : vingt ans dans l’histoire
- 1999 - L’Unique Alliance de Dieu et le pluralisme des religions
- 2000 - Many Religions, one Covenant : Israel, the Church and the World (Beaucoup de religions, mais une seule Alliance : Israël, l’Eglise et le monde.
[D’après le site de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.]
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 19 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











