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Dialogue interreligieux
"Évangile et tradition rabbinique", livre de M. Remaud
Évangile et tradition rabbiniqueUn nouvel ouvrage du Père M. Remaud, spécialiste des relations entre judaïsme et Christianisme.
Éditions Lessius, Bruxelles. Diffusion en France : Cerf.
En librairie à partir du 23 octobre 2003
Avant-propos.
- Du bon usage des sources juives pour l’intellligence du Nouveau Testament.
- Pas un yod ne passera.
- “Humble et monté sur un Âne.
- Aveugles et boiteux.
- Prophétesse et fille d’Asher.
- Le pronom “Moi” interprété comme nom propre de Dieu dans quelques midrashim sur l’Exode.
- Les eaux qui montent d’elles-mêmes.
- “Il y avait là un jardin.”
- “Leur voix a retenti par toute la terre.”
- L’appel aux tribunaux des païens.
- “Le troisième jour, conformément aux Écritures.”
- “Telle est la circoncision du Christ.”
- Le “chef de la foi”.
- Lectures juive et chrétienne de l’Écriture.
- R. Le Déaut : La tradition juive ancienne et l’exégèse chrétienne primitive.
Sigles des sources juives.
Index des citations bibliques.
Index des sources juives.
Avant-propos
Lorsque Moïse et Aaron se rendirent chez Pharaon pour lui demander, au nom du Seigneur, de laisser partir Israël, Pharaon leur répondit, d’après le livre de l’Exode : «Qui est le Seigneur, pour que j’écoute sa voix ?… Je ne connais pas le Seigneur.» (Ex 5,2). Une amplification du texte biblique, une de ces innombrables aggadot dont on trouvera d’autres exemples dans les pages de ce livre, imagine ici un dialogue entre Moïse et Pharaon. Ce dernier, qui ne peut connaître tous les dieux de tous les peuples, se plonge dans sa bibliothèque pour essayer d’y trouver des indications sur ce «dieu des Hébreux» (Ex 5, 2-3) dont il prétend ignorer jusqu’à l’existence. Après avoir passé en revue les «dieux de Moab, dieux d’Amon, dieux de Sidon» et toutes les divinités sur lesquelles il a pu trouver une documentation, il revient dire à Moïse et Aaron : «J’ai fouillé mes archives, et je ne l’ai pas trouvé.» Réponse qui lui attire, de la part de Moïse, cette réplique sans appel : «Cherche-t-on parmi les morts la trace des vivants ?»
Troublé ou ravi, le chrétien ne restera pas indifférent en voyant attribuer à Moïse une formule qui est, à peu de chose près, la question des anges aux femmes, au matin de la résurrection. De telles découvertes lui feront vite comprendre la parenté littéraire et spirituelle qui unit le Nouveau Testament à son milieu d’origine. Parfois, ces rapprochements viendront projeter une lumière inattendue sur l’un ou l’autre passages des évangiles ou des autres écrits apostoliques.
Les chapitres qui composent ce livre sont nés de semblables découvertes. La plupart d’entre eux ont déjà été publiés sous forme d’articles, d’autres sont inédits. Ces chapitres sont de longueur très inégale ; certains thèmes exigeaient en effet une présentation et une argumentation développées, alors que d’autres n’appelaient pas de longues explications. Il n’a pas semblé utile de chercher à maintenir une égalité de taille purement artificielle entre ces différents textes.
En refermant ce livre, le lecteur regrettera peut-être qu’il ne soit pas plus épais. Bien d’autres passages du Nouveau Testament que ceux qui sont présentés ici auraient pu faire l’objet d’un éclairage comparable. L’auteur s’en est tenu, autant que possible, aux résultats de ses recherches personnelles, ou plutôt de ses trouvailles plus ou moins fortuites. La plus élémentaire déontologie interdisait de reproduire ici les fruits du travail d’autrui, publiés ou inédits. Dans certains cas cependant, il a semblé utile ou nécessaire de faire appel à des travaux déjà édités, dont les références sont toujours indiquées.
Même s’il y a entre les sources rabbiniques et le Nouveau testament un indiscutable air de famille, il n’est pas possible de citer et de commenter les textes de la tradition juive sans faire usage, à l’occasion, de quelques termes qui sembleront un peu barbares au lecteur non initié. Le petit glossaire qui figure en fin de volume devrait aider le profane à franchir sans trop de peine cet obstacle, beaucoup moins redoutable qu’il n’y paraît au premier abord.
Il faut ajouter ici une précision indispensable : tout en évitant un style trop technique et en s’efforçant de s’exprimer d’une manière intelligible, on n’a pas voulu renoncer au caractère relativement scientifique de l’exposé. Le style de la tradition juive, avec son pittoresque si caractéristique, se serait prêté, certes, à une présentation superficielle propre à conquérir un vaste public. Disons-le nettement d’emblée : il n’eût pas été respectueux de la tradition d’Israël que de transformer ses éléments en produits de grande consommation. Le lecteur, du reste, ne sera pas tenu de lire le détail des indications techniques auxquelles pourront toujours se référer, au contraire, ceux qui souhaiteraient poursuivre la recherche.
Dans le même esprit, le premier chapitre du livre explique pourquoi il était exclu de s’en tenir à une présentation purement utilitaire du patrimoine exégétique du peuple juif, commandée seulement par l’intérêt que le chrétien serait censé y trouver pour l’intelligence de ses propres sources.
Ce livre s’adresse aux chrétiens qui n’ont pas perdu l’habitude de lire et qui souhaitent approfondir leur culture religieuse. S’il pouvait, en outre, éveiller des vocations de jeunes chercheurs, l’auteur s’estimerait largement récompensé de son travail.
Mis en ligne le 18 octobre 2003 sur le site www.upjf.org











