22/03/08
Jétais à Jérusalem en lan 2000, avec un groupe denseignants suisses romands auquel je présentais dans le cadre de lInstitut Yad Vashem les conséquences catastrophiques de lantijudaïsme chrétien ayant abouti, entre autres, à la Shoah.
Invité, en tant que prêtre genevois de passage, par le Patriarche Sabbah à sa table, au Patriarcat Latin, je garde un souvenir étrange de ce moment déchange. Au cours du repas, le Patriarche me dit, comme sil récitait la ligne du Parti :
« Vous savez, nous, Arabes palestiniens, sommes les descendants des apôtres de Jésus ! »
Aussitôt, je lui répondis :
« Monseigneur, je ne vous comprends pas bien. Les Apôtres de Jésus étaient, comme lui, des hommes du pays, de
Le Patriarche reprit :
« Mais vous pouvez lire dans les Actes des Apôtres que, lors de
Je lui répondis :
« Monseigneur, les Arabes présents à Jérusalem, comme les Mèdes ou les Perses dont il est question, étaient tout simplement des Juifs originaires des pays mentionnés, venus là, comme chaque année, aux grandes fêtes de pèlerinage comme
Le Patriarche sembla fâché de ne pas avoir en face de lui un interlocuteur acquis par avance à son idéologie unilatérale, et il changea brutalement de sujet de conversation. Mais un de ses secrétaires, après le repas, me fit la réflexion suivante :
« Vous devez savoir quIsraël nest quune parenthèse de lhistoire. Israël croit quavec la force il gagnera sur les Palestiniens. Mais vous verrez, dans quelques semaines, des événements vous montreront le contraire ».
En effet, peu de temps après, éclataient les heurts de la deuxième Intifada, prenant prétexte de la visite dAriel Sharon au Kotel [Mur occidental] pour déclencher la révolte. Javais fait part de mon interrogation, par écrit, au Cardinal Jean-Marie Lustiger dès mon retour à Genève, lui disant que des troubles semblaient comme programmés. Larchevêque de Paris mavait répondu simplement :
« Je suis au courant ; la situation est explosive ».
Cet aspect de la pensée négationniste (ou néga-sioniste) du Patriarche (et de plusieurs dignitaires arabes chrétiens) apparaît clairement dans un ouvrage quil a publié quelque temps après - Paix sur Jérusalem qui élabore une théologie 'palestiniste' de remplacement, en totale contradiction non seulement avec la pensée de Vatican II, mais aussi avec laction providentielle des trois décennies de pontificat de Jean Paul II au service du rapprochement judéo-chrétien.
Si lEglise ne réagit pas, cest lhistoire qui sera juge de cette pensée néo-marcionite, encore très virulente dans les chrétientés du Proche-Orient, et subrepticement présente dans les mentalités occidentales.
© Abbé Alain René Arbez
Prêtre, Genève.
Mis en ligne le 22 mars 2008, par M.











