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Dialogue interreligieux
Juifs et catholiques: la réconciliation ? par Michel Garroté
26/10/07
Texte repris du blog de M. Garroté.
Un événement très important pour les relations judéo-catholiques a commencé le 22 octobre dernier. Selon un communiqué publié par le site du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) et repris par lagence de presse catholique sur Internet, ZENIT, la première réunion de la commission des relations avec lEglise catholique sest tenue au CRIF le lundi 22 octobre, sous la présidence de Gérard Israël, philosophe, historien et écrivain. Ci-dessous, le texte de ce communiqué (certains passages sont mentionnés en caractères gras).
Jajoute quà lheure où lislam radical et le terrorisme islamique mettent en péril la société libre de culture judéo-chrétienne, le contenu de ce communiqué, sa publication par le CRIF, sa reprise par ZENIT, tout cela constitue un message despérance, notamment pour nous, catholiques sionistes (au sens de reconnaître simplement le droit, pour nos frères aînés dans la foi, à un Etat juif dans des frontières réellement défendables).

Texte du communiqué :
Elle (ndlr. la réunion de la commission) se tiendra désormais régulièrement à raison dune séance toutes les six semaines. Haïm Musicant, directeur général du CRIF, a toujours cru et accompagné le dialogue judéo-catholique, comme « vecteur incontournable de la réconciliation judéo-chrétienne ». Par sa présence à la réunion de lancement de la commission des relations avec lEglise catholique, il affirme la volonté du CRIF de sinscrire dans la lignée des pères fondateurs de lamitié judéo-catholique de France, de Jules Isaac au cardinal Jean-Marie Lustiger. « La création de cette commission répond à une volonté du président du CRIF, Richard Prasquier, convaincu de la nécessité du rapprochement judéo-catholique dans une perspective politique, le CRIF nayant pas pour vocation de traiter des aspects théologiques », explique le communiqué. Lancien président de Yad Vashem a cité, indique la même source, « lexemplarité du modèle français dans le domaine des relations judéo-catholiques, fruit dun travail sans relâche initié en 1948 par la fondation de lAmitié judéo-chrétienne de France ».

Cette commission est composée en partie déminents spécialistes des relations judéo-catholiques, tous au fait des avancées du dialogue. Maître Théo Klein, ancien président du CRIF qui a eu un rôle fondamental lors de laffaire du Carmel dAuschwitz, évoque « la nécessité politique dasseoir ce dialogue ». Le professeur et philosophe, Armand Abécassis, voit dans le rapprochement judéo-catholique « une manière de donner une dimension acceptable du judaïsme dans la société française, augmentée pour les juifs dune façon den finir avec les stéréotypes archaïques qui assimilent le catholicisme à une idolâtrie, postulat qui rend tout dialogue impossible ». Le préfet Lucien Kalfon, directeur de la CIVS, pose la problématique de « lacceptation de lÉtat dIsraël comme État juif au sein du monde catholique et la question de la diversité des sensibilités au sujet de la Shoah... ».
Madeleine Cohen, vice-présidente des amitiés judéo-chrétiennes de France, souligne les disparités existant entre les pays anglo-saxons, très avancés dans le dialogue judéo-catholique, et les pays latins, dans la volonté de rapprochement entre juifs et catholiques. La commission devra uvrer pour assouplir quelques résistances nourries par le poids de lhistoire et des préjugés. Lilane Apotheker, membre des amitiés judéo-chrétiennes de France sinvestit beaucoup dans le dialogue avec la communauté franciscaine. Michel Azaria, qui a participé très activement à la pose dune plaque commémorative, en judéo-espagnol, à Auschwitz-Birkenau, connaît les catholiques polonais et « apprécie les efforts menés pour une meilleure connaissance des uns et des autres ».
Le directeur du Centre communautaire, Raphi Marciano, manifeste son implication sur ce sujet en organisant des rencontres et des conférences, sans concession, sans démagogie, en évitant lécueil des dialogues stériles sur des désaccords mal définis. Claude Cohen, magistrat et rapporteur de la CIVS, sestime novice dans lexpérience de terrain, mais est prêt à apporter à la commission toute son attention pour apprendre. Roger Assouline vit en Israël et travaille en liaison avec le monastère dAbou Gosh (le site dEmmaüs des Croisés) : il a salué le travail considérable mené par Mgr Jean-Baptiste Gourion, osb, décédé récemment, mais « dont lhéritage perdure et répond à 'une soif des israéliens de connaître le catholicisme' ». « La commission a élaboré un programme de riches réflexions qui déclineront, en partant des acquis, les difficultés rencontrées, les fausses querelles, la compréhension mutuelle, la Shoah ; lÉtat dIsraël, et enfin, laction politique », indique le CRIF
[Fin du communiqué].
En résumé, non-exhaustif, les réunions de la commission des relations avec lEglise catholique, se poursuivront, à raison dune séance toutes les six semaines, notamment sur les thèmes suivants:
1. Le dialogue judéo-catholique, comme vecteur incontournable de la réconciliation judéo-chrétienne.
2. La nécessité du rapprochement judéo-catholique dans une perspective politique, le CRIF nayant pas pour vocation de traiter des aspects théologiques.
3. Les relations judéo-catholiques, fruit dun travail sans relâche, initié en 1948 par la fondation de lAmitié judéo-chrétienne.
4. Une démarche qui donne une dimension acceptable du judaïsme ; qui en finit avec les stéréotypes archaïques assimilant le catholicisme à une idolâtrie ; lacceptation de lÉtat dIsraël comme État juif au sein du monde catholique.
5. Des réponses à 'une soif des Israéliens de connaître le catholicisme'.
6. Des réflexions sur la Shoah, lÉtat dIsraël et laction politique.
Sauf erreur de ma part, une telle déclaration publique, de la part du judaïsme, à travers le CRIF et de la part du catholicisme à travers lagence de presse Internet catholique, ZENIT, constitue, un événement sans précédent, dans les relations judéo-catholiques de ces dernières années [*]. Cest une espérance renouvelée, dans un monde, en bien des domaines, trompé et désespéré.
© CRIF et M. Garroté
Note de la Rédaction d'upjf.org
En effet, rien de tel, dans la forme n'a eu lieu jusqu'ici. Toutefois, on peut signaler un précédent théologique juif français majeur, qui, même s'il n'a pas été entériné par l'ensemble des rabbins, constitue une démarche courageuse et extrêmement positive. On peut en prendre connaissance en lisant l'article de la Revue des Etudes Juives (2001) qui traite de ce schéma, révolutionnaire pour l'époque, élaboré, en 1968, par Commission doctrinale du rabbinat français : "Le Christianisme dans la théologie juive".
Mis en ligne le 26 octobre 2007, par M.











