20/12/06
Source : Haaretz. Traduction : Cécile Pilverdier, Un écho dIsraël
Sur le site de "Un écho dIsraël".
Des chefs religieux en Israël se sont rencontrés hier pour la première fois dans le cadre du tournage dun programme de télévision, mais ne sont pas parvenus à se mettre daccord sur une conception de larrêt de la violence dans la région. Le grand rabbin dIsraël, Shlomo Amar, le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah, le fondateur du mouvement islamique en Israël, le cheikh Abdallah Nimer Darwish, et le chef de la communauté druze, le cheik Mawafek Tarif, se sont rencontrés pour ce quils ont défini comme « une rencontre historique ». Sils étaient daccord pour condamner leffusion du sang, ils ne létaient pas sur les définitions du « terrorisme » et de « loccupation ».
Les chefs religieux ont participé à une émission spéciale intitulée « dialogue religieux », diffusée par la télévision israélienne en arabe. Le directeur de la chaîne, Shlomo Ganor, a accueilli les quatre personnalités. Les participants ont échangé des voeux pour les fêtes de Hanoucca, Noël, et la fête du Sacrifice, qui ont lieu ces jours-ci.
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Le Patriarche Sabbah brosse un sombre tableau dans son message de Noël | ||||||
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Ganor a laissé les participants discuter librement mais le ton est vite monté. Sabbah sest adressé au rabbin Amar et lui a demandé : « Êtes-vous prêt à condamner le principe de loccupation ? Loccupation est une erreur... la question est simple : que dites vous, comme responsable religieux juif, sur loccupation ? Sur le fait quun peuple occupe un autre peuple ? »
Le Rabbin Amar na pas répondu tout de suite. « Le Nom, quil soit béni, créateur du ciel et de la terre, a donné la terre dIsraël au peuple dIsraël... Je nappelle pas cela une occupation. Le principe doit être clair, il y a la terre, qui est celle des Juifs, et il y a certaines parties de cette terre sur lesquelles se trouvent des Palestiniens », a-t-il déclaré. Le rabbin Amar a tenté de suggérer quil y avait lieu de discuter sur les frontières entre les différentes parties, mais sa réponse a eu du mal à être comprise.
Le cheikh Nimer Darwish est venu au secours des deux interlocuteurs : « Les personnalités politiques ont déjà progressé davantage que nous. Nous devons être leau froide qui éteint le feu, non ce qui lattise. Quest-ce qui nous retient ? ».
Nimer Darwich était lâme de la rencontre. Il a tenté longuement damener les participants à se rencontrer. Il a proposé que les rencontres se poursuivent régulièrement, afin dessayer de trouver une base commune pour les adeptes des religions de la région.
La discussion entre les chefs religieux sest poursuivie après larrêt des caméras. « Jai craint que mes propos ne soient interprétés de façon très générale. Nous ne devons pas parler de lhistoire, mais de lavenir », a dit le rabbin Amar à ses collègues opposants. Ils lont rassuré : « Non, non, non, nous parlons de questions de principe, non de généralités », a répondu le patriarche, avec force, en hébreu.
Les participants maîtrisaient mal lusage des titres de leurs collègues. Le patriarche a qualifié d« archevêque » le cheikh Tarif, « responsable de la communauté druze », le Grand Rabbin a dû se contenter du titre de « Son excellence le Rabbin ». Lentretien a eu lieu majoritairement en arabe. Le patriarche Sabbah, Nimer Darwish et le cheikh Tarif sont originaires du pays. Ganor est dorigine égyptienne, et le Rav Amar est né au Maroc.
La dynamique de cette rencontre était intéressante. Elle reflétait, dans une large mesure, la réalité de la vie dans la région. Chaque chef religieux a disposé du nombre de minutes auquel il avait droit selon limportance de sa communauté. Le cheikh Tarif, chef de la communauté druze, sest plaint de ce que les autres participants ne le prennent pas en compte. « Malheureusement », a-t-il dit, « nous sommes ici et voyons nos frères juifs, chrétiens et musulmans, qui ne prêtent pas attention aux Druzes. Nous vivons ici, nous y exerçons une influence et avons des frères en Syrie et au Liban, qui sont très influents. Alors quel est notre message, si nous navons pas de considération les uns pour les autres ? ».
Le cheik Nimer Darwish, avec esprit, a répondu à Tarif par une boutade qui a amené un sourire sur les lèvres du patriarche : « Le rabbin et le patriarche se réfèrent à lislam de façon générale, sunnites et chiites. Peut-être êtes-vous, vous aussi, inclus dans lislam ? » Le rabbin Amar a volé à son secours : « La communauté druze est une communauté respectée et aimée », a t-il déclaré.
© Un écho dIsraël
Mis en ligne le 22 décembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











