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Dialogue interreligieux
Conciliation avec les ennemis palestiniens d'Israël et dialogue entre Juifs et Chrétiens, P. Leslie
Il n'est pas possible d'évaluer à quel point les désinformations diffusées par les sympathisants de la «cause palestinienne» sont susceptibles d'inspirer à nombre de fidèles anglicans, ecclésiastiques et laïques, «un retour à l'antijudaïsme viscéral du Moyen-Âge»
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9 juillet 2005
 
Titre original : "Quand l'apaisement des ennemis palestiniens d'Israël fait des ravages dans les relations judéo-chrétiennes en Grande-Bretagne".
 
Guysen Israël News
 
http://www.guysen.com/articles.php?sid=3524
 
 
Le quotidien londonien The Daily Telegraph, dont, le plus souvent, la couverture journalistique du conflit israélo-arabe rend suffisamment compte des intérêts et des besoins vitaux d'Israël, continue à faire paraître des éditoriaux qui témoignent de beaucoup de compréhension à l'égard de l'État juif.
 
A la différence de certains autres médias anglais, comme la BBC, dont le reportage avait occulté certains détails essentiels, ce journal a informé ses lecteurs de tous les faits les plus importants relatifs à l'incident où la terroriste palestinienne, Samir Wafa Ibrahim, avait été arrêtée avant de pouvoir faire massacrer le maximum d'êtres humains innocents, à l’intérieur de l'hôpital Soroka, à Beer Sheva [1].

Le 23 juin - la veille de la réunion du Conseil consultatif anglican où les délégués ont été appelés à approuver les recommandations anti-israéliennes du rapport publié en septembre dernier par l'Anglican Peace and Justice Network (APJN - réseau d'(activistes) anglicans pour la justice et pour la paix) -, le Daily Telegraph a publié un éditorial [2] qui ne manque pas de pertinence.


Commençant par constater que «L'Occident chrétien fait preuve, à l'encontre d'Israël, de préjugés accentués qui se répandent», et voyant, dans le rapport précité, un «symbole puissant de l'hostilité envers Israël», l'éditorial déclare que le gouvernement d'Ariel Sharon est loin de déployer suffisamment d'efforts «pour mettre en avant les arguments moraux en faveur d'Israël à l'intention de ces chrétiens qui croient que la population du temps présent n'a rien à voir avec celle des autochtones juifs qui y habitaient aux temps antiques, et qu'elle n'a donc aucun droit à la terre palestinienne». Et de conclure : «Le fait que deux Églises des Etats-Unis - pays dont Israël a tendance à considérer le soutien comme acquis -, sont à la tête des initiatives promotrices de l'annulation d'investissements (en Israël) constitue un avertissement salutaire: la puissance morale est tout aussi importante que l'acquisition des derniers gadgets militaires produits à Washington.»

S'étant bien gardés de rencontrer des représentants israéliens, lors de leur visite des territoires dits palestiniens, en septembre dernier, les délégués de la prétendue commission d'enquête envoyée par l'Anglican Peace and Justice Network, mentionné ci-dessus, ont prêté leur plein concours en particulier à l’un des metteurs en scène des campagnes de boycott menées au nom du christianisme palestinien - l'évêque anglican de Jérusalem, Riah Abu El-Assal. Aussi, les auteurs du rapport - qui soutiennent l'imposition aux Israéliens de l'admission d'innombrables réfugiés palestiniens, réels ou supposés, ainsi que de leurs descendants, au nom d’un prétendu «droit au retour» - demandent-ils que l'Eglise anglicane exerce des pressions «morales» sur les entreprises commerciales réputées soutenir l'«occupation israélienne», et être impliquées dans des opérations militaires qualifiées d'illégales (à tort - voir les analyses d'Anne Bayefsky [3]), dans lesquelles l'Eglise anglicane détient des actions.

(Par exemple, elle a investi, par le passé, des sommes importantes dans la société, Caterpillar, tellement diabolisée du fait qu'elle vend des bulldozers aux Israéliens, y compris à Tzahal). Il va sans dire qu'à part les investissements faits dans ces entreprises les produits venant des localités juives de Judée-Samarie et de la bande de Gaza sont également visés.

Comment se fait-il donc que l'Église anglicane fasse les premiers pas sur le chemin d'un boycott d'Israël, en « accueillant » nombre des propositions du rapport précité - sans les « adopter»? Avant la réunion du Conseil consultatif anglican tenue le 24 juin, Rowan Williams, archevêque de Canterbury, a fait connaître son opposition à la motion anti-israélienne en question, sans pour autant faire publier une condamnation publique de celle-ci, formulée dans les termes qu'il fallait. Le chef spirituel de l'Église anglicane a pourtant acquiescé à l'approbation d'une version atténuée, ou mitigée, de celle-ci. Dans le cadre des directives de l'Église établies au sujet des investissements jugés conformes aux principes moraux (ethical investment policy), les membres de celle-ci se trouvent être appelés à revoir leurs investissements dans les entreprises dont les activités seraient susceptibles de soutenir l'occupation et les actes de violence commis contre les Israéliens innocents (c'est moi qui emploie des italiques - non pas le texte, dont le traitement soi-disant équilibre du conflit dit israélo-palestinien laisse à désirer à l'égard de ce détail, comme dans le cas de bien d'autres)? John Moses, le doyen de la cathédrale de St.Paul, a été le seul à voter contre la motion qui a fini par être adoptée, tout en contestant la bonne foi des rédacteurs du rapport en question, susceptible, d'après lui d'enflammer les tensions judéo-chrétiennes dans le Royaume Uni.

Comment se fait-il qu'on ne désavoue pas un rapport rempli de mensonges flagrants et d'amalgames monstrueux, lequel s'inspire d'une telle haine contre les Israéliens qu'ils sont condamnés sans appel pour leur adoption de mesures de sécurité - système de contrôles identitaires, et, bien sûr, la barrière de sécurité (« mur de béton » comparé au « barbelés du camp de Buchenwald ») - que prendrait le gouvernement de n'importe quel autre pays, confronté à de telles menaces existentielles?


Toute ces mesures, y compris les démolitions « illégales » qui auraient provoqué beaucoup de morts de Palestiniens innocents (et les opérations militaires de l'OTAN, dont le bombardement d'un nombre considérable de cibles dans l'ex-Yougoslavie, a fait beaucoup de pertes civiles, etc. ?), rendraient impossible toute sorte d'existence normale - pour le « peuple de Palestine», « systématiquement et délibérément opprimé et déshumanisé ».

Au début de l'Intifada, un article de Melanie Phillips, auteur de six livres aux thèmes sociopolitiques (un d'entre eux traitant de l'histoire du féminisme anglais, un autre traitant des problèmes du système éducatif anglais) et chroniqueuse au Daily Mail et au Jewish Chronicle a beaucoup circulé - y compris en version française (voir la traduction de Menahem Macina pour CJE, www.chrétiens-et-juifs.org, "Des chrétiens qui haïssent les Juifs") [4]. À la fin de cette étude des tendances anti-israéliennes et, dans certains cas, ouvertement anti-juives, qui devenaient de plus en plus influentes au sein de l'Église anglicane - publiée 16 février 2002 dans The Spectator, périodique hebdomadaire anglais - Melanie Phillips décrit ainsi les forces idéologiques et politiques auxquelles se trouvait confronté George Carey, prédécesseur de Rowan Williams « Contraint de trouver un modus vivendi avec les musulmans, il est également entravé par des ennemis d'Israël haut placés dans l'Église, et il est peu enclin à entrer en conflit avec l'opinion de l'Establishment ».

D'après les Chrétiens qui avaient été présents à une rencontre entre un groupe de Juifs et de Chrétiens rassemblés pour discuter de l'hostilité croissante de l'Eglise envers Israël, y compris des personnalités haut placées de l'Église anglicane - que Melanie Phillips a interrogés, au cours des recherches faites pour préparer son étude - « l'hostilité de l'Église n'avait rien à voir avec le comportement d'Israël envers les Palestiniens. Il s'agissait simplement d'un prétexte. La véritable raison de cette antipathie grandissante tenait à la résurgence de la haine antique envers les Juifs, profondément enracinée dans la théologie chrétienne, et qui se manifestait à nouveau maintenant à grande échelle.»

Selon Andrew White, chanoine de la cathédrale de Coventry et représentant de l'Archevêque de Canterbury au Moyen-Orient - vigoureusement opposé à toute motion allant dans le sens d'un boycott anti-israélien et fortement engagé dans des tentatives sincères et honnêtes pour promouvoir dialogue et paix entre Israéliens et Palestiniens.- «la raison est que le révisionnisme chrétien palestinien a remis en vigueur la théologie de la substitution (c'est-à-dire, doctrine qui affirme que les Chrétiens ont remplacé les Juifs dans la faveur divine, et qu'ainsi ils ont hérité de toutes les promesses faites par D. aux Juifs, y compris de la terre d'Israël)».

À ce propos, il convient de citer le message adressé en décembre 2001 à des coreligionnaires palestiniens par l'évêque anglican de Jérusalem précité, Riah Abu El-Assal (cité dans « Des chrétiens qui haïssent les Juifs »): «Nous sommes le véritable Israël... nul ne peut me dénier le droit d'hériter des promesses, faites en premier lieu à Abraham, et dans la Bible, on ne parle jamais d'Abraham comme d'un Juif ... Il est le père des croyants ». (Interviewé après un attentat terroriste en Israël -selon Colin Blakely, rédacteur en chef du journal de l'Église d'Angleterre quand Melanie Philips préparait son article - Riah était d'avis que « tout était uniquement de la faute des Juifs.»)

Il n'est pas possible d'évaluer à quel point les désinformations diffusées par les sympathisants de la «cause palestinienne» sont susceptibles d'inspirer à nombre de fidèles anglicans, ecclésiastiques et laïques, «un retour à l'antijudaïsme viscéral du Moyen-Âge» (dont une des sources ecclésiales de Melanie Phillips croit apercevoir des signes avant-coureurs). Il y a trop d'inconnues pour qu'on puisse mesurer aussi bien l'impact du «nega-sionisme» lié aux tentatives des Arabes chrétiens de réinterpréter les Écritures dans le but de délégitimer la revendication des Juifs sur la terre d'Israël que la capacité de cette doctrine (qu'il y a lieu de qualifier d'hérétique même au regard des traditions chrétiennes, toute tendances confondues) de séduire et de « recruter» d'éventuels disciples non-arabes.

Quoi qu'il en soit, le résultat du vote relatif à la motion anti-israélienne adoptée le 24 juin par le Conseil consultatif anglican - unanime, sauf la voix de John Moses - démontre bien l'influence exercée au sein de l'hiérarchie anglicane par ceux qui croient, ou qui prétendent croire, que l'État juif est illégitime - allant jusqu'à dire explicitement, dans certains cas, qu'il n'aurait jamais dû être créé - et que le sionisme constitue une forme de racisme.

On constate un recul sensible d'attitudes pro-israéliennes, inspirées dans une large mesure par une vraie compréhension de l'unicité de la Shoah, ainsi que de la nécessité d'assurer la protection du peuple juif et du seul état juif. Cette situation est d'autant plus regrettable que, même avant la Seconde Guerre mondiale, les sentiments antisémites qui, sans doute, animaient nombre des représentants de l'Église anglicane - liés ou non aux doctrines traditionnelles (que les courants plus éclairés du christianisme n'ont pu faire disparaître totalement) lesquelles imputent aux Juifs une certaine culpabilité collective - étaient en général bien plus mitigés (à quelques rares exceptions près) que ceux, bien plus virulents, que manifestaient leurs homologues des autres églises, européennes et autres. Aucun membre de l'Église anglicane n'a eu à s'excuser d'une quelconque complicité avec les crimes de la Shoah (aucune partie de la Grande-Bretagne n'ayant été occupée pendant la Seconde Guerre Mondiale, à l'exception des Îles de la Manche).

Qui plus est, un certain nombre de pionniers de la lutte chrétienne contre l'antisémitisme, tel le Révérend James Parkes [5], appartenaient à cette Eglise et, en 1942, l'organisation promotrice de bonnes relations judéo-chrétiennes, The Council of Christian and Jews, CCJ (Conseil des Chrétiens et des Juifs) [6] a été fondée suite à une initiative de pionniers, menée conjointement par l'archevêque de Canterbury, William Temple, et le Grand Rabbin Joseph Hertz.
 
Paul Leslie
 
© Guysen Israel
 
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] Voir l’article de D. Cohen, sur Guysen News, "Wafa Samir Ibrahim la bombe humaine… inhumaine", et notre article, "Et qu’ça saute ! Ben non, justement". L’un et l’autre sont illustrés de clichés révélateurs.
[2] Voir : "Anglicans target Israel".
[3] L’auteur ne précise pas à quel article il fait allusion (A. Bayefsky écrit beaucoup). On peut consulter les articles de cet auteur, présents sur notre site : "Discrimination onusienne d'Israël et antisémitisme", "Le sordide petit secret de l'ONU".
[4] L’auteur fait allusion à un article de Melanie Phillips, paru en février 2002. Il a été traduit en français et mis en ligne sur notre site, sous le titre "Des chrétiens qui haïssent les Juifs".
[5] Voir l’ouvrage classique de James Parkes, The Conflict of the Church and Synagogue. a Study in the Origins of Anti­-Semitism, New York: Hermon Press, 1974.
[6] Voir le site de CCJ.
 
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Mis en ligne le 14 juillet 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org
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