Mal que le ciel, en sa fureur,
Inventa pour punir les crimes de la terre
Le SIONISME (sil faut lappeler par son nom)
Capable denrichir en un jour lAchéron,
Poussait les hommes à la guerre.
Ils ne tuaient pas tous, mais tous étaient hantés :
On nen voyait point doccupés
A vaquer au travail et à gagner leur vie ;
Ils nétaient que haine et envie.
Ni fisc ni banquier népiaient
Le débiteur, facile proie.
Les amants mêmes se fuyaient :
Plus damour, partant plus de joie.
***
LORIENT tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
Lhistoire nous apprend quen de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
Létat de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
Jai conquis force nations.
Quavaient-elles donc fait ? Nulle offense :
Même il mest arrivé quelquefois de tuer
des Croisés.
Je me dévouerai donc, sil le faut ; mais je pense
Quil est bon que chacun saccuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
***
- Sire, dit lOCCIDENT, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Dominer des nations trop faibles, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur
En les brimant beaucoup dhonneur.
Et quant aux Croisés lon peut dire
Quils étaient dignes de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur quelques marauds
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit lOCCIDENT, et flatteurs dapplaudir.
On nosa trop approfondir
Des riches PETROLIERS, ni des autres PUISSANCES,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusquaux vrais assassins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
***
Israël à son tour avoue : Jai souvenance
Quen PALESTINE étant passant
Le besoin, loccasion, la mémoire et je pense
Les nations ainsi my poussant,
Je lui rendis son nom, sa grandeur et sa langue.
Jy fis même un Etat puisquil faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un EX-COLONISE prouva par sa harangue
Quil fallait corriger ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, doù venait tout leur mal.
Le SIONISME fut jugé un cas pendable.
Revenir chez autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort nétait capable
Dexpier son forfait : on le lui fit bien voir.
***
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les juges dEURABIA vous rendront blanc ou noir.
© 2004 M.R. Macina, avec le consentement involontaire de Jean de La Fontaine, dont on lira, ci-après, le texte original.
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Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisquil faut lappeler par son nom),
Capable denrichir en un jour lAchéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ;
On nen voyait point doccupés
A chercher le soutien dune mourante vie ;
Nul mets nexcitait leur envie,
Ni loups ni renards népiaient
La douce et linnocente proie ;
Les tourterelles se fuyaient :
Plus damour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit : " Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune.
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
Lhistoire nous apprend quen de tels accidents
On fait de pareils dévouements.
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
Létat de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
Jai dévoré force moutons.
Que mavaient-ils fait ? Nulle offense ;
Même il mest arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, sil le faut : mais je pense
Quil est bon que chacun saccuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup dhonneur ;
Et quant au berger, lon peut dire
Quil était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire. "
Ainsi dit le renard ; et flatteurs dapplaudir.
On nosa trop approfondir
Du tigre, ni de lours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses :
Tous les gens querelleurs, jusquaux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
Lâne vint à son tour, et dit : " Jai souvenance
Quen un pré de moines passant,
La faim, loccasion, lherbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je nen avais nul droit, puisquil faut parler net. "
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Quil fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, doù venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger lherbe dautrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort nétait capable
Dexpier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
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Mis en ligne le 22 juin 2004











