Novembre 2001
Article emprunté au site de CJE : http://www.chretiens-et-juifs.org/article.php?voir[]=224&voir[]=3718
Lettre de Menahem Macina à Jean Daniel (Nouvel Observateur)
Sur toute cette affaire, voir : "Tsahal : une armée de violeurs?"
A la suite de la diffusion, par lAFP, dune dépêche faisant état dune lettre de lambassadeur dIsraël en France adressée à Jean Daniel, ce dernier a réagi par une lettre publique, adressée à Elie Barnavi, ambassadeur dIsraël en France. Jai lu ce document avec soin. Malheureusement, je ny ai pas trouvé ce quà mon sens, il eût dû contenir : une sincère contrition pour le tort causé. Au lieu de cela, loffenseur (volontaire ou non) pose à la victime. Tant le vocabulaire que le ton de sa diatribe révèlent son véritable souci : celui de voir lincident malheureux dont le Nouvel Observateur a été victime - en lespèce de ces fameux guillemets évanescents - mis à profit par ses adversaires politiques pour - ainsi que Jean Daniel lécrit lui-même - "décrédibiliser les positions que nous défendons depuis trente ans sur la sécurité dIsraël, lEtat palestinien et la paix au Proche Orient". Ci-après ma réponse.
15 novembre 2001
"La locution figurée entre guillemets (XXe s.) marque quon ne prend pas à son compte le mot quon emploie"
(Le Robert - Dictionnaire historique de la langue française)
Monsieur le Journaliste,
"Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être si vous avez le temps..." (Boris Vian, citation munie de guillemets, comme il se doit). Jai lu ce que vous avez écrit, le 13 novembre 2001, à Elie Barnavi, ambassadeur dIsraël en France. Jen ai été choqué. Et voici pourquoi.
Tout dabord, je trouve douteux le procédé qui consiste à rendre public sur un site Web un échange de correspondance avec un diplomate. Jen déduis que votre lettre nest pas lexpression dun dialogue que vous entreprendriez avec le représentant dIsraël, mais constitue plutôt un plaidoyer pro domo pugnace qui vous permet de régler vos comptes avec vos adversaires.
Ensuite, je constate que votre alibi des guillemets manquants ne tient pas. Homme de textes par profession, jai procédé à une vérification succincte des 10 alinéas de larticle de Mme Daniel, tel quil figure sur le site du Nouvel Observateur. Il en ressort les éléments factuels suivants:
- Paragraphe 1 : 2 citations de Sarhan Abdullah (lassassin de Yasmine, la violée) - ces phrases sont dûment équipées de guillemets.
- Paragraphe 2 : 1 citation de Yasmine (évoquée à titre posthume), et 3 citations de lassassin - toutes dûment équipées de guillemets.
- Paragraphe 3 : pas de citations directes de propos recueillis, mais mention de 2 expressions afférentes à ce genre de crime - lune et lautre dûment équipées de guillemets.
- Paragraphe 4 : 3 citations des propos de lassassin - dûment équipées de guillemets.
- Paragraphe 5 : 1 citation des propos de la mère de la violée et de son assassin - la phrase est dûment équipée de guillemets.
- Paragraphe 6: 2 citations des propos dun médecin, suivies de 2 citations des propos dune avocate qui combat les crimes dhonneur - les quatre citations sont équipées de guillemets.
- Paragraphe 7 : Cest le seul qui ne comporte ni citation ni expression entre guillemets. Cest aussi - comme par hasard - celui qui contient laccusation odieuse à lendroit des soldats de Tsahal, censés violer des Palestiniennes - et joignant lutile à lagréable - de le faire "en parfaite connaissance de cause", puisquils savent que "les femmes violées par [eux] sont systématiquement tuées par leur propre famille" (Je précise que les guillemets, ici, sont de moi, et que - ô miracle! - ils ont résisté à lenregistrement de cette page dans mon processeur de texte et à son transfert sur notre site Web...).
- Paragraphe 8: 1 citation de Rana Husseini, journaliste au Jordan Times - la phrase est dûment équipée de guillemets.
- Paragraphe 9: 1 citation de la même Rana Husseini - la phrase est dûment équipée de guillemets.
- Paragraphe 10: 1 citation de la même Rana Husseini - la phrase est dûment équipée de guillemets.
En résumé : sur les 10 paragraphes (contenant 19 phrases ou expressions entre guillemets), le seul qui comporte des énoncés non mis entre guillemets est précisément celui où figure laccusation indigne que lon reproche à votre hebdomadaire (voir note * à la fin de ce texte). Il me semble que la démonstration réduit à néant votre alibi de manière indiscutable.
Les guillemets sont tombés, gémissez-vous. Pardonnez cet effet facile : ils ont eu le mauvais goût de tomber... mal.
Et vous voulez que je vous dise : avec ou sans guillemets, ces propos indignes nauraient jamais dû figurer dans votre organe de presse.
Mais revenons à votre lettre à lambassadeur dIsraël.
Je nai guère aimé la légèreté de vos excuses : "Laffaire est simple", écrivez-vous. "Nous faisons un mea culpa solennel bien que technique et nous sommes sincèrement et franchement désolés davoir blessé des combattants et des sensibilités".
Et encore moins le cynisme avec lequel vous sifflez la fin de la récréation: "Cependant devant des précisions aussi nettes, laffaire aurait du être close..." (Cest vrai, quoi, que veut-il de plus cet ambassadeur? Bon, nous avons glissé et lhonneur de larmée israélienne sen est trouvé quelque peu écorné. Cest regrettable, mais, que voulez-vous, ce sont des choses qui arrivent dans le journalisme, jai présenté des excuses, cela devrait suffire, non?)
Je nai pas aimé non plus votre manière de mettre le diplomate en contradiction avec lui-même. Vous écrivez, en effet :"il est possible que vous nayez pas pu faire partager lestime que vous avez bien voulu constamment manifester pour notre journal et pour son équipe lorsque vous étiez en Israël, dans lopposition". Bonjour le coup bas!
Je nai pas davantage apprécié lardeur accusatrice de votre autodéfense : "Mais, à mon tour, je ne peux laisser passer sans réagir les communiqués qui vous sont attribués, à vous et à vos collaborateurs, diffusés par lAgence France Presse. Ces communiqués qui ne tiennent aucun compte de nos précisions publiques et privées sont injurieux et mettent en cause notre éthique professionnelle au nom dun accident technique que nous sommes les premiers à juger absolument déplorable."
Mais tout cela nest rien en comparaison de votre bouquet final : "Nous savons reconnaître nos torts. Encore une fois nous le faisons. Mais nous ne sommes pas prêts à accepter certaines tentatives trop claires de profiter dun incident qui nous met en fâcheuse posture pour décrédibiliser les positions que nous défendons depuis trente ans sur la sécurité dIsraël, lEtat palestinien et la paix au Proche Orient." Enfin, le masque est jeté. Monsieur Jean Daniel, il sera dorénavant clair pour beaucoup que ce qui vous a fait sortir du bois, ce nest ni le regret du tort causé, ni la confusion davoir involontairement été cause de ce que lhonneur de larmée et du peuple dIsraël ont été bafoués, mais le souci de sauver votre hebdomadaire du discrédit.
Et pourtant, même cela, jaurais pu vous le pardonner, attribuant cette position autiste à un réflexe de survie professionnelle. Mais ce qui, à mon sens, décrédibilise votre ligne journalistique et idéologique, cest lénorme fatuité de votre cocorico final - qui serait risible sil ne trahissait un orgueil peu commun et la cécité de laveugle qui prétend y voir : "Jamais, en effet", écrivez-vous, "les événements ne nous ont donné autant raison."
Il semble ne pas faire de doute à vos yeux que Monsieur Barnavi, et lensemble de la classe dirigeante israélienne ne mesurent pas de quel trésor de sagesse ils se privent en refusant obstinément daligner leur politique sur celle que vous préconisez pour cet Etat - dont vous navez quune connaissance livresque et une perception partisane - et pour ce peuple - dont vous semblez penser très fort quil na que ce quil mérite puisquil na pas voté pour ceux qui pensent comme vous.
Certain de ne pas vous avoir convaincu, je men console en pensant que je vous ai sans doute irrité. Cest le moins que vous méritiez, il me semble. Jai eu dautant moins de scrupule à le faire que je vous sais de taille à vous en remettre facilement.
Menahem Macina
Note :
*Lexplication de ce phénomène réside peut-être dans la remarque pertinente suivante, due à Yigal Palmor, conseiller en communication de lAmbassade dIsraël en France, qui figure dans son incontournable mise au point du 14 novembre (Point 4) :
"Il se trouve que larticle de Sara Daniel sest très étroitement inspiré dun article publié par le [magazine] britannique Sunday Times (www.sunday-times.co.uk), le 8 juillet 2001, [un extrait de] cet article original est joint à la fin de ce [rapport]. Les ressemblances sont frappantes."
Et Yigal Palmor de citer, à ce propos, un passage du Sunday Times, que je traduis ici :
"En attendant, sur la Rive occidentale du Jourdain, alors que lintifada prend une place centrale en matière dabus des droits de lhomme, Nadera Shalhoub-Kevorkian, seul professeur palestinien de sexe féminin à lUniversité Hébraïque de Jérusalem, est amenée à donner presque chaque jour des conseils aux filles qui craignent pour leur vie. Son étude sur les crimes dhonneur a commencé durant lintifada précédente, quand sa recherche a révélé que des femmes palestiniennes étaient violées par des soldats israéliens, et ensuite tuées par leurs familles pour cause dhonneur perdu. Cest quelque chose de similaire à ce qui sest produit en Bosnie, le viol comme crime de guerre". Selon elle, les soldats israéliens savaient que le fait davoir été violées par eux mènerait les filles à la mort."
Autre remarque précieuse de Yigal Palmor (même document, Point 7) :
"Dans la description du travail qui mettrait en cause les soldats israéliens, [le professeur Shalhoub-Kevorkian] précise cependant: "il ny a pas de données empiriques [c.-à-d. étayées par des faits] à ce sujet"
"Inutile de dire", ajoute Palmor, "que cette source dinspiration nest nullement mentionnée dans larticle [de Sara Daniel], dans sa version française, telle que la publiée le Nouvel Obs."
La comparaison, suggérée par le conseiller en communication de lambassade dIsraël, me semble donc pertinente. Jugez-en vous-mêmes : Le Nouvel Observateur écrivait :
"Les femmes palestiniennes violées par des soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause."
Ainsi, Monsieur Jean Daniel, voilà votre fille - et collaboratrice -prise en flagrant délit de "caviardage".
Cest, en quelque sorte, la cerise de lentorse à la déontologie journalistique sur le gâteau de la diffamation!
M. Macina
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Depuis, j'ai eu la chance de trouver ce qui suit sur une page personnelle du Web :
http://pagesperso-orange.fr/fromveur/nouvelobs_nov2001.htm
Meurtres d'honneur et déshonneur - Diffamation et réfutation
1. Dans Le Nouvel Observateur de cette semaine (Semaine du jeudi 8 novembre 2001 - n° 1931), un article sur les "crimes d'honneur", signé par Sara Daniel, relate les meurtres de femmes en Jordanie et dans le monde arabe par leurs propres pères et frères.
Cet article comprend les phrases suivantes:
"Au Pakistan, lannée dernière, 1 000 femmes ont été tuées au nom de lhonneur. Au Yémen, environ 500. A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont représenté deux tiers des homicides. Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause".
Cette accusation terrible n'est étayée ni par des sources, aussi douteuses soient-elles, ni par des références quelconques.
2. Ce genre d'accusation n'est jamais apparu ni dans les enquêtes de presse, israélienne ou autre, ni dans des rapports de la Croix Rouge ou des ONG, pourtant promptes à dénoncer tout abus ou bavure des israéliens.
3. Cette calomnie gratuite a déjà été citée sur France Inter en tant que fait d'actualité, rapporté par la presse. Aucune réaction n'a été demandée aux autorités israéliennnes.
4. Or, Il se trouve que l'article de Sara Daniel est très étroitement inspiré d'un article publié par le britannique Sunday Times (www.sunday-times.co.uk), le 8 juillet 2001. Pour ceux qui souhaiteraient lire et comparer, cet article original est joint à la fin de ce mail. Les ressemblances sont frappantes. Inutile de dire que cette source d'inspiration n'est nullement mentionnée dans l'article, dans sa version française telle que l'a publiée le Nouvel Obs.
5. Ajoutons qu'une version espagnole de l'article du Sunday Times a été publiée le 11 novembre dans le magazine-supplément du quotidien madrilène El Mundo (article à consulter à l'adresse http://www.el-mundo.es/magazine/2001/MG098/MG098-honorcont.html)
6. Dans l'article original, en langue anglaise donc, on apprend que l'accusation susmentionnée est le fait d'une certaine Mme Nadera Shalhoub Kevorkian, criminologue et féministe palestinienne, enseignant à l'Université Hébraïque de Jérusalem.
7. Sur le site web de Mme. Shalhoub Kevorkian sont présentés ses travaux universitaires. Dans la description du travail qui mettrait en cause les soldats israéliens, elle précise cependant: "There is no empirical data on this subject" (c'est à dire: "il n'y a pas de données empiriques à ce sujet"). Autrement dit: des accusations - oui; des preuves - pas la moindre! (le site: http://atar.mscc.huji.ac.il/~pbssw/nadera.html#nadera)
8. Il n'est pas inutile de noter que Mme. Shalhoub Kevorkian est membre du comité directeur de B'tselem, une organisation israélienne des droits de l'homme reconnue internationalement. (voir composition du comité directeur :http://www.btselem.org/Files/site/eboard.asp) . Aucun rapport de Btselem ne reprend à son compte les accusations "non empiriques" du membre de son propre comité directeur.
9. Sur le site web du Nouvel Observateur, on peut lire, depuis le 13 novembre, les précisions suivantes:
PRECISION : D'Afghanistan, Sara Daniel nous demande de répondre à ses correspondants.
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur (daté du 08 au 14 novembre 2001), Sara Daniel a publié un reportage sur le " crime dhonneur " en Jordanie. Dans son texte, elle révélait quà Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits dhonneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides.
Le texte publié, en raison dun défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne laccusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il nen était évidemment rien et Sara Daniel déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée.
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Ces rectifications paraîtront-elles également sur France Inter et les autres médias qui auraient éventuellement répercuté ces accusations gravissimes?
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Sarhan Abdullah, 32, shot to death his 16-year-old sister Yasmin, after her rape by a brother-in-law. 'She should die because she made a mistake,' he says. 'If she didn't die, we would kill 1,000 men because of shame.' During his six months in jail he says he was treated as a hero
Report by Eliza Griswold
Photographs by Peter Mcbride
Death and Dishonour
[Eliza Griswold]
Three weeks later, the police found them and brought them back to
Honour killings have been committed for centuries, and Asma Khader, a Jordanian lawyer, has been working for victims' rights for two decades. 'In the past, women were killed and nobody knew about it,' says Khader. 'Now there's more serious investigation of these crimes.' But it is only in the past few years that there have been attempts to stop the killings by changing the laws that allow them to go virtually unpunished. Rana Husseini, a journalist at The Jordan Times, has braved threats of violence in her home country to campaign against the killings for the past six years. Still, the indicators are not promising. Last year Jordanian parliamentarians almost unanimously rejected moves to outlaw the killings. After the defeat, and in the midst of the political turmoil in the
Meanwhile, at
The girl in the cypress grove disappears as Dr Jahshan clicks through before- and-after photographs of patients on his computer screen. I saw about 50 such cases in his computer files, which he had compiled as part of a presentation for a European conference on domestic violence and crimes of honour. Because of the strict laws about examining suspicious deaths in
Here are two pictures of sisters burned to death for marrying Egyptians. Here are two sisters riddled with bullet wounds - they were forced to sit on the ground while their brother stood above them and sprayed them with a machinegun. Their crime seems to have been that they acted suspiciously.
Dr Jahshan shows the pictures reluctantly, as though each time he presses the button on his mouse he is entering a realm of the dead where he has no right to be. In half of the pictures, the girls are alive, standing by his examining table and exposing an arm or a thigh covered with coin-size burns or bruises, their faces beyond the frame. In the second group of photographs, the same girls are dead and lying on the slab; what's left of their faces is shown because their anonymity no longer offers protection. The doctor rests his chin in his hand and shakes his head. As the images move from living girl to corpse, he tells me their histories, quietly. 'Sometimes they'll come to you and say, 'I'm going to get killed,'' he says, looking away from the image of a heavyset woman. 'I feel sick whenever I see her picture. I examined her when she was alive. I saw her on my table an hour later.' She had been murdered.
Honour crimes also occur in
Where does this pressure to kill come from? The most frequent and mistaken claim is that these murders are born of Islamic faith. Sharia, or Islamic law, is clear on the issue of extramarital sex and its punishments. Four witnesses must catch the couple in the act - in flagrante delicto. In many cases, if they are married, both are killed publicly; if they are single, each receives 80 lashes. The murders are a cultural hangover of tribal life predating both Islam and Christianity. Its roots are reflected in the code of Hammurabi and the Assyrian laws from 1200BC, which codify a woman's chastity as her family's property. These days, Christian women are just as likely to be killed as Muslim women.
In 1998, Sarhan Abdullah served six months in a Jweidah prison for murdering his 16-year-old sister, Yasmin. He is 32. 'I shot her with four bullets in the head,' he explains as he sits in the back of a car outside the market where he now works. Because it is the month of Ramadan, no cafes are open, so we park on the highway's shoulder to talk. Yasmin, Sarhan tells me, had just returned home from visiting an older sister's where she was raped, by whom she wouldn't initially tell. Instead, Yasmin said, 'I am no longer a girl,' before she turned herself in to the government to be examined and held in prison. Sarhan's family - his uncle, father, mother and 700 members of his tribe - decided at a meeting that Yasmin must be killed to redeem the family name. For only 'blood cleanses honour'. Yasmin's father went to the prison to sign the guarantee, pledging the requisite 5,000 dinars that the family wouldn't kill her. Sarhan shot Yasmin as soon as she walked through the door.
'She should die because she made a mistake,' he says, shifting in his seat and pulling at the tassel on his red fez. 'If she didn't die, we would kill 1,000 men because of shame.' It turned out that Yasmin's brother-in-law was responsible for the rape. He fled. Sarhan passed his six months in the men's facility at Jweidah, where, he explains, 'I was treated as a hero in prison. We were all treated as heroes.' At the time, he was one of 27 men being held for honour crimes. On his release, his parents arrived at Jweidah with a ceremonial sword. 'They brought me a horse to ride the four kilometres from the prison to my house. I was received with a hero's welcome,' he says. 'My horse was white because I had cleansed my family's honour.'
One might think that Sarhan would be proud of his brief sentence. He's not, and in the wake of Yasmin's murder he's become a pariah. He wishes that the punishment for honour killings were execution. 'If the families knew they were going to lose their sons, they would not do it,' Sarhan argues. 'I have asked 11 women to marry me, including the daughter of the uncle who supported me to go out and kill my sister. She refused, and the others refused on the fear that I would kill their daughters.
'What I committed was the stupidest thing I could do. By killing I lost my future. Most people avoid me and are afraid of me. I lost the chance of being married and having children. All of this because of my people, and now, in their eyes, I'm a criminal.' With all that he's been through and with his desire to see the law change, surely he wouldn't murder again - supposing he could find a woman who would have daughters with him? 'Of course I will kill them. As long as I am in this society, I have to do it.'As we drop him by the highway side, he adds: 'This will never change.'
It is 15 minutes by car from downtown
The warden claimed that Inas didn't want to talk, which seemed strange since she wants the world to know her story. Rana tells how Inas was forced to marry a cousin she didn't like and she fell in love with a neighbour, a musician who used to serenade her. As they fled, her uncle followed her and shot her 12 times. Even though she has served her two-year sentence for adultery, there is no way for Inas to leave the prison. 'They consider her an outcast and they will never release her unless they want to kill her,' Rana said, as we sat outside the prison, watching the lights come on. The only other way Inas can leave Jweidah is if some man (usually much older) comes to the prison to quietly marry her.
There is an alternative: a secret shelter run by the Jordanian Women's Union (JWU), with five beds. Women are supposed to stay for two to seven days. 'They only come to us when they have no other place to go,' says the vice-president of the JWU, Nadia Shamrouk, and with funding, 'The government doesn't help us at all'. The concept of a shelter is dangerous in
Many people suspect that the upper echelons of the government intentionally sabotaged the fight to end crimes of honour when it referred to 'international pressure and human rights organisations' as cause for change. It was obvious that the government was talking about the West. Since the vote failed, both the queen and king have remained silent on the issue.
The effects of that silence reach thousands of miles to a town in the
She fled from
She didn't know what had happened until her mother told her that a man had come to ask for her hand and her father had refused. 'I was afraid for my life,' she says. The next day, Farhad called her at the clinic. They knew something had to be done immediately. Ms A was concerned that her father would grow suspicious and try to marry her off at once. As soon as that occurred, her loss of virginity would be discovered and she would be killed.
At first, the couple thought they would flee to another Arab country, but they were afraid the police would turn them back. By the end of September, Ms A had her passport and a tourist visa for the
Now the mother of three boys aged eight, six and four, she says: 'For sure something's missing, because my family has never seen my sons. I will never tell my children my story and I don't want my children to go to
Late last year the issue of honour crimes came to the floor at the UN. The resolution condemning them passed, but its language was so weak as to render it virtually meaningless. Twenty countries,
Now she sees women suffering in silent isolation. From a student who comes to her crying because her boyfriend was killed in a clash, and she cannot mourn him for fear that her family will think that she slept with him, to a 27-year-old Christian woman called Leila who had to fight for the right to study, instead of following her parents' wish for her to marry and leave the professional world. 'The minute I finish my degree I have to go home,' she says. Her family has already shown up once and dragged her back to her town. 'They came to my apartment and I thought they came to visit.' But they demanded: ''Finish up here in two days.' I was so ashamed, I didn't tell my friends.' As she had no choice, Leila went home and fought for the right to return for the masters programme to which she had already been accepted. 'I have so many steps to go before I become a human being,' she says. Still, she is determined to finish her doctorate. 'When my little sister comes to me, I will fight for her,' she says. It seems easier for her to fight for someone else than herself, and she catches her own exuberance. 'Maybe I'm demanding too much.'
So what's next in the matter of honour? Asma Khader, the Jordanian human rights lawyer, advocates social arbitration. It occurs outside family court and only in cases of domestic violence; it involves designating community leaders as mediators. By solving individual problems outside the public arena and meting out a private agreement signed by both parties, families can avoid the public shame that leads them to kill their daughters. But the cultural roots are deeper and more complex than the law. Even today, on the floor of parliament, when asked about the case of rape, Abdul Karim Dughmi, a former Jordanian minister of justice, smiles and says: 'All women killed in cases of honour are prostitutes. I believe prostitutes deserve to die.
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