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Bruckner : «Le pacifisme, cette vieille passion française»
Propos recueillis par Baudouin Bollaert et Alexis Lacroix, Le Figaro, 25 mars 2003Alors que le débat public français est marqué par les manifestations des «pacifistes», l'écrivain et philosophe Pascal Bruckner, qui s'est prononcé clairement contre le régime de Saddam Hussein, dénonce le retour d'une vieille «passion française»: l'idéologie tiers-mondiste.
LE FIGARO. Vous êtes qualifié d'«intellectuel pro-guerre». Comment réagissez-vous à cette épithète ?
Pascal BRUCKNER. Je ne suis pas «pro-guerre» mais «anti-Saddam Hussein». Si on avait pu renverser ce dernier par des moyens pacifiques, j'en aurais été ravi. Mais les pacifistes n'ont voulu s'en prendre qu'à Bush appelé «ce pelé, ce galeux» pour ne jamais incriminer Saddam Hussein. On sort à peine de quelques semaines quasi soviétiques d'unanimité anti-interventionniste, où le débat franco-français sur l'Irak a consisté à soutenir, sur tous les tons et dans tous les médias, que la guerre est un mal suprême. Toutes les autorités morales et intellectuelles françaises se sont cru obligées de prendre la parole pour confirmer au prince qu'il avait raison de s'opposer à la machine de guerre de Washington. Dans cette affaire, c'est la gauche «sympa», la gauche qui écoute Olivier Besancenot et Jack Lang avec recueillement, qui a donné le «la». Mais pour en arriver où ? A proposer, pour unique solution au malheur irakien, la reconduite du statu quo. Le pacifisme est une vieille passion française. Elle peut être pittoresque et dérisoire. Que dire, en revanche, quand les manifestants «anti-guerre» entonnent, sans faire scandale, le slogan «Bush, Sharon, assassins !», interdisant même parfois le nom de Saddam Hussein ? Tous ces jeunes gens se sont mis à parler le «Le Pen dans le texte» sans le savoir, c'est ce qui m'a incité à poser les enjeux du conflit irakien dans les termes inverses du consensus franco-français.
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© Le Figaro
[Texte aimablement communiqué par Koira.]











